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Ministère de la Sécurité publique

Profil correctionnel 2007-2008 : la population correctionnelle du Québec

Date de publication : 2011

Faits saillants

Caractéristiques sociodémographiques

  • Les hommes comptent pour 88 % de la population correctionnelle au Québec.
  • L’âge moyen de cette population est de 36,1 ans. Deux groupes d’âges sont plus présents : les 22 à 27 ans et les 36 à 47 ans environ pour les femmes, ainsi que les 22 à 29 ans et les 36 à 45 ans environ pour les hommes.
  • La courbe âge-crime observée au Québec diffère de celle généralement observée ailleurs où la commission de crimes diminue progressivement avec le vieillissement, généralement après avoir atteint son apogée vers l’âge de 20 ans.
  • Environ 60 % des personnes contrevenantes et prévenues n’ont pas de diplôme d’études secondaires.
  • En 2007-2008, 51 814 personnes différentes étaient sous la responsabilité des Services correctionnels, soit 32 212 incarcérées et 30 791 suivies dans la communauté. Parmi ces personnes, 11 189 ont été suivies en détention ainsi que dans la communauté durant la même année.

La détention

  • En une décennie, soit entre 1998-1999 et 2007-2008, la PMQI a augmenté de 3 321 à 4 437 personnes, ce qui correspond à une hausse de 34 %. Celle-ci s’explique en bonne partie par la hausse de la population moyenne des prévenus (de 65 %) et la baisse de la population moyenne en permission de sortir (de 88 %) durant cette période.
  • En 2007-2008, 40 810 admissions ont été enregistrées dans les établissements de détention, dont plus de 80 % sous le statut de prévenu.
  • Les personnes contrevenantes commettent d’abord des infractions contre la propriété (27 %), soit surtout le vol simple (11 %) et l’introduction par effraction (8 %). Elles commettent ensuite des crimes contre la personne (16 % dont 11 % les voies de fait), des infractions relatives à la conduite de véhicules (14 %) ainsi qu’aux lois fédérales autres que le Code criminel (13 %).
  • En 2007-2008, la durée moyenne des peines d’emprisonnement est de 139,6 jours.
  • Les personnes condamnées à une peine continue demeurent en moyenne 67,3 jours en établissement de détention. Un peu plus de la moitié de ces personnes (52 %) ont séjourné moins de un mois en détention.
  • En 9 ans, soit de 1999-2000 à 2007-2008, la durée moyenne de séjour en établissement de détention pour les personnes condamnées à une peine continue a plus que doublé (hausse de 107 %), passant de 32,4 jours à 67,3 jours.
  • Durant leur séjour en détention, 24 % des personnes incarcérées sont transférées d’établissement, ce qui représente 22 232 personnes transférées. (Il ne s’agit pas du nombre de personnes différentes car certaines personnes sont transférées plus d’une fois.) Deux raisons expliquent la majorité des transferts : le fait d’aller comparaître dans le district judiciaire où l’infraction a été commise (33 %) et la surpopulation en milieu carcéral (31 %).
  • En 2007-2008, 73 % de la population carcérale est allée comparaître devant les tribunaux au moins une fois, pour un total de 102 553 comparutions. Par ailleurs, 9 % de la population carcérale a fait l’objet d’un rapport de manquement disciplinaire, pour un total de 11 014 rapports.

Le suivi dans la communauté

  • En 2007-2008, les DSPC ont suivi 34 790 personnes assujetties à une mesure dans la communauté.
  • Chaque mois, en moyenne, 15 722 personnes sont suivies dans la communauté.
  • 24 234 suivis concernent une probation avec surveillance, 7 863 une ordonnance d’emprisonnement avec sursis, 1 667 une libération conditionnelle et 1 026 une permission de sortir.
  • Les personnes suivies pour une probation avec surveillance commettent davantage des infractions contre la propriété et contre la personne, alors que celles suivies pour un emprisonnement avec sursis commettent d’abord des infractions aux lois fédérales autres que le Code criminel et des infractions contre la propriété.

Le LS-CMI

  • Plus de la moitié des personnes contrevenantes évaluées avec le LS-CMI présentent un risque élevé ou très élevé de récidive (54 %), soit davantage d’hommes que de femmes (56 % par rapport à 40 %). Cette proportion atteint 70 % parmi les personnes incarcérées comparativement à 33 % chez celles faisant l’objet d’un suivi dans la communauté.
  • Les sphères où les personnes évaluées sont les plus nombreuses à éprouver des difficultés importantes1 ont trait à l’éducation ou l’emploi (61 %), la consommation d’alcool et de drogues (59 %), ainsi que la vie familiale et de couple (52 %).

    1 Les difficultés importantes correspondent aux niveaux de difficulté « moyen, élevé et très élevé ».

  • Près de 70 % des personnes évaluées ont des antécédents criminels importants. La majorité ont été incarcérées dans le passé. Plus de la moitié des personnes ont des antécédents de violence ou de voies de fait et plus du quart ont commis des infractions avant l’âge de 16 ans.
  • Comme facteurs spécifiques de risque liés à la délinquance, soulignons la difficulté à résoudre leurs problèmes dans le cas de 60 % des personnes et la mauvaise gestion de la colère pour plus de 35 %.
  • En ce qui concerne certaines caractéristiques à considérer en vue de l’intervention, mentionnons la minimisation des problématiques à l’origine de la délinquance (53 %) et le manque de motivation par rapport à une démarche de réinsertion sociale (33 %).