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Ministère de la Sécurité publique

Profil correctionnel 2007-2008 : les personnes associées aux gangs de rue confiées aux Services correctionnels

Faits saillants

Éléments théoriques et méthodologiques

  • Le grand défi à surmonter dans le cadre de ce profil a été de pouvoir analyser le phénomène des gangs de rue sous une perspective proprement correctionnelle.
  • L’objectif principal a été de décrire le phénomène des gangs de rue d’un point de vue individuel. En d’autres mots, la prise en charge, la réadaptation sociale et la réinsertion sociale sont avant tout des actions éminemment individuelles ayant pour objet la personne plutôt que le groupe auquel on l’associe ou dont elle est issue.
  • La méthodologie utilisée repose sur une étude de cas témoin appariée. Cette méthode consiste à apparier les sujets d’un groupe (celui des gangs de rue) à un groupe de sujets comparable (groupe témoin) sur certaines variables structurelles, comme des caractéristiques sociodémographiques pertinentes.
  • Au total, 856 personnes confiées aux Services correctionnels en 2007-2008 ont été sélectionnées pour l’étude. De ce nombre, on compte 428 personnes identifiées comme appartenant aux gangs de rue et 428 personnes appariées selon l’âge et le quartier de résidence.

Résultats

  • L’âge moyen des personnes associées aux gangs de rue confiées aux Services correctionnels est de 26,4 alors qu’il est de 35,6 pour la population correctionnelle générale, soit une différence de près de 10 ans. Soulignons que 52,3 % des personnes associées aux gangs de rue ont moins de 25 ans.
  • Une grande proportion des personnes associées aux gangs de rue confiées aux Services correctionnels résident près des grands centres urbains. La distribution géographique révèle toutefois que Montréal et les régions avoisinantes figurent parmi les plus représentées. De plus, les personnes associées aux gangs de rue se trouvent fréquemment dans des quartiers défavorisés.
  • Les personnes associées aux gangs de rue étudiées ont des délits d’une plus grande gravité, principalement des délits contre la personne et des infractions relatives aux stupéfiants.
  • Les établissements de Montréal, de Rivière-des-Prairies et de Saint-Jérôme accueillent à eux seuls la majorité des personnes associées aux gangs de rue. Le système carcéral de la région de Montréal accueille donc la plus grande proportion des personnes associées aux gangs de rue du réseau correctionnel du Québec.
  • Lors de leur séjour en établissement de détention les personnes associées aux gangs de rue comptent un nombre plus important de comparutions, de transferts et de rapports de manquement disciplinaire.
  • Les personnes associées aux gangs de rue présentent un risque élevé de récidive et ont des besoins criminogènes importants.
  • Parmi les besoins criminogènes sur lesquels une intervention correctionnelle est la plus susceptible de réduire la récidive, on trouve les attitudes et les valeurs antisociales, le faible contrôle de soi, la fréquentation de pairs antisociaux et les problèmes d’intégration à l’école ou l’emploi.
  • Les personnes associées aux gangs de rue présentant un risque élevé de récidive sont similaires aux autres personnes contrevenantes à haut risque de récidive. Cette idée suggère que la notion d’appartenance à un gang de rue perd une partie de sa pertinence lorsque l’intervention correctionnelle est envisagée.
  • Étant très similaires aux autres personnes contrevenantes à haut risque de récidive, les stratégies d’intervention auprès des personnes associées aux gangs de rue ne sont pas différentes de celles auprès des autres personnes contrevenantes à haut risque de récidive.
  • Les personnes associées aux gangs de rue sont aux prises avec des besoins criminogènes variés et nécessitent une intervention correctionnelle structurée, intensive et cohérente qui va bien au-delà de la surveillance. Cette intervention correctionnelle doit :
    • 1) cibler les personnes contrevenantes à haut et à très haut risque de récidive en priorité et faire une intervention d’intensité élevée;
    • 2) cibler les besoins criminogènes des personnes contrevenantes;
    • 3) prendre en compte les caractéristiques personnelles des personnes contrevenantes susceptibles de favoriser ou de compromettre l’intervention.