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Ministère de la Sécurité publique

Analyse prospective de la population carcérale des établissements de détention du Québec 2016-2017 à 2026-2027

Les Services correctionnels du ministère de la Sécurité publique (MSP) réalisent annuellement une analyse prospective de la population carcérale des établissements de détention (ED) du Québec. Le but de ce suivi prospectif est, entre autres, de s’assurer que les infrastructures carcérales répondent aux besoins des personnes prévenues ou condamnées en matière d’hébergement ainsi que de programmes et d’activités de réinsertion sociale.

L’analyse prospective de 2016‑2017 à 2026‑2027 projette la population moyenne quotidienne en institution (PMQI) sur la base de trois scénarios : légère baisse, légère hausse et hausse. Elle le fait pour le nombre moyen d’intermittents1 (NMI) selon trois hypothèses de croissance (faible, moyenne et forte).

La PMQI totale variera de -3 % à +6 %, pour une PMQI oscillant entre 4 810 et 5 240 personnes en 2026‑2027. La PMQI masculine suivra les mêmes variations que la PMQI totale au cours de cette période, alors que la PMQI féminine croîtra de +6 % à +9 % pour se situer autour de 325 femmes.

Les scénarios simulent un surplus à l’ED Leclerc de Laval et un manque d’environ 40 places à celui de Québec – secteur féminin. Ils projettent aussi une pénurie de places notable aux ED d’Amos, de Saint‑Jérôme et de Sherbrooke et un surplus à l’ED de Montréal. Tous les ED du réseau correctionnel de l’Ouest‑du‑Québec (RCO) connaîtront un manque de places en 2026‑2027.

L’ajout de places comblera donc une partie de la pénurie. De plus, le recours aux transferts des personnes incarcérées ne représentera qu’une solution partielle. Il y a ainsi lieu d’analyser en profondeur la progression de la pénurie de places dans certains ED pour hommes et d’envisager un large éventail de solutions.

La situation projetée pour la détention des intermittents en 2026‑2027 annonce un surplus de places dans les ED pour hommes et dans ceux pour femmes. En fait, l’ajout de places qui se fera comblera l’augmentation du besoin de places en 2026‑2027, puisque le NMI croîtra de 6 % à 12 %. Toutefois, notons que la plupart des personnes purgeant une peine discontinue continueront d’être hébergées dans des gymnases ou d’autres locaux aménagés en conséquence.

Si les projections de la population carcérale laissent entrevoir de l’amélioration, retenons que toutes les personnes ne seront pas incarcérées dans une cellule en occupation simple. L’atteinte de cet équilibre implique aussi le respect des « Règles Nelson Mandela », qui prônent l’encellulement individuel.

1. Les intermittents sont les personnes condamnées à une peine de détention discontinue.