Ministère de la Sécurité publique

Vulnérabilités du Québec arctique aux changements climatiques

16 juin 2021

Depuis 2014, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dirige les groupes de recherche des universités et des institutions qui explorent les enjeux et la dynamique des changements climatiques sur les milieux physiques et les écosystèmes du territoire du Québec arctique. À ce jour, huit groupes de recherche distincts associés à six universités et au consortium Ouranos réalisent huit projets d’envergure auxquels ont été associés des experts du MFFP, du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et du ministère des Transports.

Au cours d’une première phase de travaux, quatre études ont permis de tracer le portrait géomorphologique et climatique actuel du Nunavik ainsi que l’analyse des patrons futurs de la géomorphologie régionale, du milieu physique (y compris les aléas) et du climat. Les rapports de ces recherches, qui sont maintenant accessibles sur le site Web du MFFP, incluent des représentations cartographiques inégalées permettant d’exprimer la vulnérabilité du Québec arctique aux changements climatiques sur la totalité du territoire du Nunavik.

Survol des études de la phase 1

En lien avec les enjeux de sécurité civile, une des principales études réalisées traite de la vulnérabilité des composantes physiques et géomorphologiques du Nunavik. Ce mandat a aussi permis d’acquérir de nouvelles données météorologiques au Nunavik et de cartographier les côtes du Nunavik. 

Ces travaux ont été suivis par la production de la deuxième approximation de la carte de pergélisol du Québec. Celle-ci a été réalisée selon une approche multifactorielle de cartographie numérique incluant les caractéristiques thermiques du sol, le couvert nival, les dépôts de surface et la végétation. Afin de livrer un aperçu des principaux facteurs de risque liés aux conditions de sol, au pergélisol et aux dépôts de surface présents sur le territoire du Nunavik, de nombreuses cartes interprétatives ont été produites dans le cadre de ces travaux, dont les suivantes :

  • Distribution du pergélisol sur les observations de 2000 à 2016, en 5 classes;
  • Vulnérabilité du pergélisol – risques d’affaissement thermokarstique, en 3 classes;
  • Conditions géocryologiques reliées aux dépôts de surface, en 3 classes.

Alors que le climat de référence du Nunavik de la période 1981 à 2010 a été élaboré par l’équipe d’Ouranos, des travaux de modélisation avancée, réalisés par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et par Ouranos ont permis d’établir les scénarios climatiques futurs du Nunavik, jusqu’en 2100. Le tome I du rapport conclut que les perturbations climatiques au Nunavik risquent d’être très intenses d’ici la fin du siècle. Il contient les scénarios climatiques, les scénarios hydrologiques, les bioclimats et leur évolution possible, la végétation dans un climat changeant ainsi que la grande faune et son évolution possible. Le tome II du rapport regroupe l’ensemble des résultats ayant trait aux scénarios climatiques sous forme de cartes, de graphiques et de tableaux. Les scénarios climatiques pour l’ensemble du territoire du Nunavik sont illustrés au moyen de 160 figures. Les scénarios climatiques pour des sites locaux (communautés) sont représentés au moyen de 25 figures.

D’une phase à l’autre

Les travaux de cette première phase confirment que les aléas géomorphologiques, les aléas climatiques et les changements de comportement du climat régional représentent des facteurs de risque bien réels pour toute activité humaine dans tout le territoire du Nunavik. Le caractère imprévisible et une relative « instabilité » des sols, des systèmes hydrologiques et des milieux marins augmentent l’importance de la planification de l’aménagement du territoire. Les activités de surveillance du territoire et de préparation aux mesures d’urgence prennent également une signification accrue.

Alors que les équipes ayant participé à ces recherches contribuent activement à la diffusion des connaissances sur les facteurs de risque du milieu physique du Nunavik, une deuxième phase de travaux (2020-2023) est en cours en lien avec l’évolution de la faune et des habitats, la durabilité des ressources biologiques et la sécurité alimentaire des communautés inuites. En effet, un des enjeux clés du maintien du mode de vie axé sur la chasse, la pêche, le trappage et la collecte de petits fruits demeure l’accès au territoire pour la poursuite des activités propres au mode de vie inuit, et ce, au cours des quatre saisons. Les risques associés aux déplacements en motoneige, en embarcation ou en véhicule léger sont préoccupants compte tenu des changements des conditions de glace marine hivernale, des conditions de glace sur les rivières, des incidents hydrologiques, des aléas de vents ou des conditions de stabilité des milieux terrestres. Des réflexions associant les communautés locales, l’Administration régionale Kativik et la Société Makivik aux enjeux des changements climatiques sont en cours. Il y est question d’organisation des déplacements sur le territoire, de surveillance du territoire et enfin des communications entre les chasseurs, les pêcheurs et leurs communautés.

Pour plus d’information au sujet de ces travaux de recherche, nous vous invitons à communiquer avec monsieur Jean-François Bergeron de la Direction de la planification et de la coordination du MFFP.

Forage local dans les dépôts de sol gelé de la région côtière du Nunavik.
Photo :  Laboratoire Michel Allard de l’Université Laval

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