Bandeau d'identification visuelle du Ministère de la sécurité publique
Ministère de la Sécurité publique

La sécurité incendie au Québec

Rapport d'activité et statistiques sur les incendies déclarés en 2013

Retour à la page de la publication

Introduction

Le bilan statistique des incendies déclarés en 2013 est marqué par des catastrophes qui se sont inscrites dans la mémoire collective. En juillet 2013, les incendies de forêt forcent l’évacuation de la population de municipalités situées dans les régions du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord. Toujours en juillet 2013, la tragédie de Lac-Mégantic, d’une ampleur sans précédent, a réclamé un lourd bilan de 47 vies humaines et a bouleversé le Québec. Auparavant, en juin 2013, deux décès s’étaient produits dans l’explosion d’une entreprise de pièces pyrotechniques à Coteau-du-Lac. Par la suite, en octobre 2013, une explosion survenue dans une entreprise de Granby a ravivé les discussions sur les risques associés aux matières dangereuses.

Certaines données de 2013 pourront difficilement servir d’étalon de mesure en incendie. Les données provisoires reçues du Bureau du coroner confirment déjà une augmentation du nombre de décès liés à un incendie de bâtiment en 2013, en raison notamment de la tragédie survenue à Lac-Mégantic, entraînant à elle seule 47 décès. L’évaluation des pertes matérielles lors d’un incendie connaît également, en 2013, une hausse en partie imputable à cette catastrophe.

Au-delà de ces tristes événements, le nombre d’incendies déclarés en 2013 diminue, confirmant une tendance constatée depuis 2010. Ce résultat est encourageant et pourrait être le fruit des efforts investis par les municipalités dans la mise en œuvre de leur schéma de couverture de risques en incendie, dans la mise en commun des ressources ou dans les campagnes de prévention. Dans ce dernier cas, les efforts déjà investis en matière de prévention devront se poursuivre : les données de 2013 désignent encore une fois la cuisine comme lieu d’origine et l’erreur humaine comme causes probables de la majorité des incendies de bâtiments résidentiels.
Les statistiques annuelles de 2013 couvrent la période échelonnée du 1er janvier au 31 décembre 2013 et proviennent des données transmises par les municipalités à la ministre de la Sécurité publique. Cette année, grâce à un nouvel outil d’interrogation de la banque de données, le rapport statistique permet un niveau de précision plus approfondi. À titre d’exemple, certaines données sont présentées par région administrative, par catégorie de risque ou par code de classification des types d’incendies ou d’usage de bâtiments. De plus, en cette période où plusieurs se questionnent sur les systèmes de détection et d’extinction des incendies, le rapport statistique contient des données précises pour les bâtiments à usage résidentiel et industriel et pour les résidences pour aînés. Ces données établissent, par type de dispositif, la présence et le fonctionnement de l’appareil ou précisent les raisons de son non-fonctionnement.

Les données utilisées pour la réalisation du présent rapport ont été extraites de la banque de données du ministère de la Sécurité publique en septembre 2014. La valeur, la qualité et la fiabilité des statistiques présentées dans ce rapport reposent sur la rigueur et la justesse des renseignements transmis au ministère. Par ailleurs, le lecteur pourra constater qu’il y a eu modification de certaines données des années antérieures contenues dans les rapports précédents. Ces modifications s’expliquent par la nature dynamique de la banque de données qui implique l’ajout de données spécifiques aux années antérieures après le dépôt des rapports précédents.

Dans un souci d’amélioration continue du rapport statistique annuel et afin de faciliter la déclaration d’un incendie, le ministère de la Sécurité publique a entrepris une révision en profondeur du formulaire de déclaration d’un incendie DSI-2003. Depuis sa mise en application en 2003, le formulaire avait fait l’objet de quelques ajustements mineurs. En 2013, le ministère a entrepris une mise à jour du formulaire et du guide pour la déclaration des incendies. La prochaine étape des travaux consiste à consulter les municipalités sur les améliorations proposées afin de s’assurer que la proposition apporte une réponse satisfaisante aux demandes de bonification soulevées par les utilisateurs.

De plus, la possibilité de produire des données statistiques sur les autres secours offerts par les services de sécurité incendie est maintenant à l’étude. Il est reconnu que l’action du pompier n’est plus limitée qu’au combat du feu. Historiquement, les services de sécurité incendie ont été créés pour combattre le feu et effectuer des sauvetages lors d’incendies. Aujourd’hui, la présence du pompier est requise pour répondre à une gamme de situations d’autres natures : les secours spécialisés, l’évacuation d’urgence, l’intervention et l’aide aux citoyens lors de sinistres naturels.

Afin de documenter l’ensemble des actes accomplis par le pompier, le ministère a entrepris un chantier de travail ayant pour objet de retenir les données afin d’élaborer, le cas échéant, une base de données sur les autres secours offerts par les pompiers. Ce chantier prendra également en considération les autres situations d’urgence auxquelles répondent les municipalités et leur service de sécurité incendie.

1. Les municipalités québécoises et leur service de sécurité incendie tournés vers l'avenir

La communauté scientifique mondiale, notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), affirme avec de plus en plus de certitude que les changements climatiques qui se produisent actuellement à l’échelle planétaire augmenteront la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes au cours des prochaines années. Le consortium Ouranos1 arrive aux mêmes conclusions.

1 Ouranos : www.ouranos.ca

Au Québec, les problématiques d’urgence associées aux événements météorologiques extrêmes sont déjà en croissance. Les municipalités du Québec doivent désormais faire face à des événements qui, sans être majeurs, sont tout aussi intenses et se produisent à un niveau plus local. Lors de la survenance d’un sinistre, les services de sécurité incendie ont normalement un rôle prépondérant pour porter secours à leurs concitoyens.

Un bon niveau de préparation des services de sécurité incendie et des premiers intervenants devant se rendre sur les lieux ne peut que renforcer la capacité de réponse au sinistre.

Aucune région n’est à l’abri, car les sinistres naturels, parfois soudains et brusques, se produisent sur l’ensemble du territoire et nécessitent une réponse appropriée lorsque des secours sont requis.

2. Le rapport d'activité 2013 du ministère de la Sécurité publique en matière de sécurité incendie

Le Forum sur la sécurité incendie, tenu les 12 et 13 juin 2012 à Québec, a été une occasion de discuter de la réforme amorcée en 2000 et d’entrevoir les enjeux et les défis à relever au cours des prochaines années en sécurité incendie et, dans une certaine mesure, en sécurité civile. En 2013, le ministère de la Sécurité publique (MSP) a notamment consacré son énergie : 

  • au soutien financier accordé à la formation des pompiers volontaires et à temps partiel;
  • à l’élaboration de règles encadrant les secours spécialisés et la création d’équipes régionales;
  • à prodiguer conseil et soutien aux municipalités à l’égard de la mise en commun d’activités en sécurité incendie;
  • à la révision des schémas de couverture de risques;
  • à la sensibilisation à la prévention des incendies et des sinistres.

2.1. Le soutien financier accordé à la formation des pompiers volontaires ou à temps partiel

En 2013, le ministère a travaillé aux suites du Forum, ce qui a permis de mettre en place un soutien financier pour la formation des pompiers. En décembre 2014, le gouvernement a annoncé la mise en œuvre du nouveau Programme d’aide financière pour la formation des pompiers volontaires ou à temps partiel.

Ce programme, doté d’une enveloppe budgétaire de 19,5 millions de dollars répartis sur cinq ans, vient répondre concrètement à un besoin exprimé depuis plusieurs années par le milieu municipal et les organisations en sécurité incendie.  Il vise à réduire les dépenses des municipalités liées actuellement à la formation de leurs pompiers volontaires ou à temps partiel. Cette aide financière leur permettra d’être mieux outillées pour faire face aux défis à venir en matière de protection incendie.

Ultimement, ce sont les citoyens qui seront mieux desservis et mieux protégés contre les risques d’incendie. Les modalités d’application prévoient des mesures qui entreront en vigueur pour l’année 2014-2015.

2.2. L’encadrement des secours spécialisés

S’ils interviennent traditionnellement lors d’incendies, les pompiers portent aussi secours à des victimes à titre notamment de premiers répondants, effectuent des sauvetages sur le réseau routier, sur des plans d’eau, en espace clos, vertical, en présence de matières dangereuses. Ils éduquent et soutiennent le public en matière de prévention d’incendie. Ces services offerts à la population les amènent à étendre leurs connaissances et leurs compétences, en plus de se maintenir à jour en matière de prévention et de lutte contre les incendies.

Soucieux de la santé et de la sécurité des intervenants de l’incendie et désireux de leur apporter son soutien, le ministère travaille à l’élaboration de cadres de référence opérationnels (ex. : nombre de ressources à déployer et équipement à utiliser selon le type d’intervention) afin que les municipalités puissent intégrer ces autres types de secours à leur schéma de couverture de risques lors de sa révision.

2.3. La mise en commun d'activités des services de sécurité incendie

Dans les territoires où elles sont vérifiées, la faisabilité et la rentabilité de la mise en commun des ressources municipales en sécurité incendie offrent de nombreux avantages : accroissement de l’efficacité administrative et opérationnelle, répartition plus équitable du fardeau fiscal entre les contribuables, optimisation des ressources humaines et matérielles affectées à la sécurité et de celles affectées aux services aux citoyens. Si des projets locaux de mise en commun des ressources municipales affectées à la prévention ou au combat de l’incendie étaient déjà amorcés dans certaines municipalités régionales de comté (MRC), les suites du Forum de 2012 et les événements de 2013 ont accru les demandes de soutien auprès du ministère pour la mise en commun d’activités offertes par les services de sécurité incendie.

2.4.  Les schémas de couverture de risques en incendie

Les autorités régionales doivent établir, avec la collaboration des municipalités locales, un schéma de couverture de risques en incendie conforme aux orientations du ministre de la Sécurité publique en matière de sécurité incendie, et ce, depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur la sécurité incendie (RLRQ, chapitre S-3.4) en 2000. Cette mesure a pour but premier d’améliorer la protection des citoyens et de leurs biens contre l’incendie et d’accroître l’efficience dans la gestion des services publics responsables de la sécurité incendie.

Au 31 décembre 2013, 102 schémas de couverture de risques ont été attestés par le ministère et 34 autorités régionales étaient tenues de réviser leur schéma. De ce nombre, quatre autorités régionales ont obtenu, en date du 22 août 2014, leur attestation de conformité du schéma révisé.

2.5.  La sensibilisation à la prévention des incendies et des sinistres

La prévention demeure le moyen à privilégier pour diminuer les risques et limiter les pertes humaines et matérielles causées par l’incendie ou les sinistres.

En 2013, les événements suivants ont été l’occasion de promouvoir la prévention :

  • Colloque sur la sécurité civile et incendie – Agissons ensemble pour un Québec plus résilient - Rétablissement - Du 19 au 21 février 2013
  • Semaine de la sécurité civile — La nature ne pardonne pas ! Ne soyez pas à sa merci ! — Du 5 au 11 mai 2013
  • Semaine de la prévention des incendies – Sitôt averti, sitôt sorti ! — Du 6 au 12 octobre 2013
  • Journée nationale de sensibilisation à la prévention des incendies — Le 12 octobre 2013

3. La sécurité civile

Les pompiers d’un service de sécurité incendie ont souvent un rôle prépondérant lors d’un sinistre afin de porter secours aux personnes. La sécurité civile est l’ensemble des actions et des moyens mis en place à tous les niveaux de la société afin de connaître les risques, de prévenir les sinistres, d’en limiter les conséquences néfastes sur la population, les biens et l’environnement et de favoriser le retour à la vie normale.

En 2013, le ministère a poursuivi la collecte, le traitement et la diffusion de l’information reçue ainsi que l’amélioration de ses mécanismes d’alerte et de surveillance pour réaliser sa mission : assurer, de concert  avec ses partenaires, la sécurité publique au Québec.

3.1. Les événements signalés à la sécurité civile du Québec

En 2013, le ministère a reçu 546 signalements pour des événements en sécurité civile et les deux tiers de ceux-ci sont survenus lors de sinistres naturels. Plusieurs signalements peuvent avoir été transmis pour un même événement.

Signalements adressés à la sécurité civile, 2010 à 2013
SignalementNombre en 2010Pourcentage en 2010Nombre en 2011Pourcentage en 2011Nombre en 2012Pourcentage en 2012Nombre en 2013Pourcentage en 2013
Lié à un sinistre naturel
(inondation, événement météorologique ou géologique)
53172,039777,223856,736366,5
Autres que lié à un sinistre naturel (incendie, accident, bris, panne, désordre social, recherche et sauvetage, fermeture de route, etc.)20728,011722,818243,318333,5
Total738100,0514100,0420100,0546100,0

3.2. L’aide financière à la suite d'un sinistre

À la suite d’un sinistre ou de son imminence, ou d’un événement pouvant compromettre la sécurité des personnes, le Gouvernement du Québec peut établir des programmes d’aide financière, généraux ou spécifiques, favorisant le retour à une situation normale des personnes, des entreprises, des municipalités et des organismes. Une aide est également prévue pour les organismes qui ont apporté aide et assistance aux sinistrés.

En 2013, des programmes d’aide financière du Gouvernement du Québec ont été mis en œuvre à 36 occasions à la suite de sinistres. L’aide versée a atteint 71 218 769$, et cette somme englobe également l’aide versée en 2013 pour des sinistres survenus lors d’années antérieures. Depuis les quatre dernières années, des programmes d’aide financière ont été mis en œuvre, en moyenne, à 40 occasions annuellement à la suite de sinistres.

Programme gouvernemental d'aide financière lors de sinistres, 2010 À 2013
AnnéeNombre de programmes mis en œuvreNombre de municipalités mentionnées dans le programmeMontant versé en dollars
20104830813 479 231
20114359968 493 811
20123523854 442 303
20133640871 218 769
Total des montants versés depuis 2010207 634 114

Une municipalité mentionnée dans un arrêté ministériel de mise en œuvre du programme d’aide financière peut également l’être dans un ou plusieurs autres portant sur des aides financières d’autres natures. Par conséquent, le nombre réel de municipalités ayant effectivement bénéficié d’une aide financière est inférieur au nombre de celles figurant au tableau ci-dessus.

3.3. Le centre des opérations gouvernementales

Depuis 2006, une surveillance continue du territoire est rendue possible grâce, notamment, à la collaboration précieuse des services de sécurité incendie. Le Centre des opérations gouvernementales (COG) est le lieu dynamique de réception, de traitement

et de diffusion de l’information opérationnelle de sécurité civile vers les partenaires touchés par un événement. Ainsi, le COG dresse le rapport d’événement dès qu’une situation d’urgence est détectée et que la recherche ou le sauvetage d’une personne en détresse est signalé.

La recherche et le sauvetage

Dans les limites de son territoire, le Québec est responsable des interventions de recherche et de sauvetage terrestres et des opérations sur les cours d’eau ne faisant pas partie d’une voie maritime fédérale.

La recherche de personnes portées disparues est effectuée essentiellement par les corps policiers soutenus par des bénévoles en recherche et sauvetage mobilisés par le COG à la suite d’une demande du corps policier. Les bénévoles se rendent rapidement sur le lieu de la recherche et prêtent main-forte aux policiers sur place afin de retrouver des personnes portées disparues. En 2013, à 31 occasions, le COG a fait appel à des bénévoles pour effectuer des recherches ayant permis de retrouver 24 personnes. Quant au sauvetage,  il est effectué par les services de sécurité incendie.

3.4. Les centres d'urgence 9-1-1

Les appels faits au 9-1-1

Le centre d’urgence 9-1-1 (CU 9-1-1) reçoit les appels qui requièrent une ou plusieurs interventions d’urgence. Il détermine ensuite, pour chaque appel reçu, la nature de l’urgence et le transmet, centre secondaire d’appels d’urgence approprié. Un centre secondaire d’appels d’urgence est un centre de répartition d’un service de sécurité incendie ou d’un corps de police ou un centre de communication santé (CCS)2.

2 Loi sur la sécurité civile (RLRQ, chapitre S-2.3), article 52.1

En 2013, 29 centres d’appels d’urgence en service ont répondu à environ 4,5 millions d’appels d’urgence, soit plus de 12 300 appels par jour. Ces appels ont été faits sur une ligne 9-1-1 du Service public d’appels d’urgence (SPAU) ou sur une ligne administrative (numéro à 10 chiffres).

Les préposés au traitement des appels ont transféré un peu plus de 3 millions d’appels à un centre secondaire d’appels d’urgence et non l’ensemble des appels reçus puisque le tiers de ceux-ci sont non urgents ou indésirables (non fondés).

Appels d'urgence transférés, 2013
ServiceNombrePourcentage
Policiers1 841 85961,2
Ambulanciers723 00824,0
Pompiers290 9069,7
Autres services (ex : Hydro-Québec, Gaz Métro, etc.)154 3495,1
Total3 010 122100,0

Les appels transmis aux services de sécurité incendie

En 2013, les services de sécurité incendie (SSI) ont répondu aux 246 460 appels leur ayant été acheminés. Ce nombre inclut, en plus des 154 349 appels transmis aux pompiers, les appels dirigés vers les pompiers agissant également à titre de premiers répondants, ainsi que les appels dirigés à la fois vers d’autres services d’urgence et les pompiers.

Appels d'urgence dirigés vers les SSI, 2013
Catégories d'appelsNombrePourcentage
Premier répondant (premiers soins de stabilisation d’une personne en détresse)87 40635,5
Incendie (bâtiments, véhicules, broussailles, odeur suspecte, fumée, fuite de gaz, etc.)85 38734,6
Autres (aide aux citoyens, vérifications et fils électriques, assistance aux policiers, catastrophes, etc.)65 54326,6
Désincarcération5 1842,1
Sauvetage et secours spécialisés (sur eau libre, sur glace, en espace clos, en milieu isolé, en hauteur, déversements de matières dangereuses, etc.)2 9401,2
Total246 460
100,0

Afin d’augmenter la précision des prochaines statistiques sur les appels d’urgence, le ministère a constitué le Groupe de travail ministériel sur les statistiques des appels des centres d’urgence 9-1-1 dont le mandat est d’établir une terminologie et une méthodologie communes aux centres d’urgence 9-1-1.

L’information portant sur les appels répartis aux SSI est présentée à titre indicatif seulement. À l’automne 2013, le ministère a mis sur pied le Groupe de travail – Autres secours. Son mandat consistait à étudier la possibilité d’établir une nouvelle collecte de données sur les autres services offerts par les services de sécurité incendie. Les alarmes sans incendie (bien intentionnée, avec intention malicieuse, appel non fondé ou défectuosité de l’appareil) font partie des données analysées par le groupe de travail, dont les travaux se sont poursuivis en 2014.

Les premiers répondants

Les premiers répondants interviennent dans une multitude de situations cliniques et leurs interventions sont encadrées par plus d’une cinquantaine de protocoles. Actuellement, les premiers répondants sont des pompiers, des personnes de la communauté locale ou une combinaison des deux.

4. Les catastrophes industrielles ayant marqué 2013

En 2013, les services de sécurité incendie et les organisations de sécurité civile ont été mobilisés par des événements survenus lors de conditions météorologiques extrêmes : tempêtes hivernales de février, précipitations abondantes issues du redoux de mars, inondations ou mouvements de sol survenus jusqu’en juin dans plusieurs régions du Québec.

Toutefois, ce sont les catastrophes industrielles impliquant des matières dangereuses qui auront largement marqué l’année 2013. Ces catastrophes, d’une ampleur ayant parfois provoqué des pertes de vie dramatiques, marquent désormais la mémoire collective.

4.1. Les explosions dans deux usines de fabrication

Deux événements ont mis en relief l’importance, pour les pompiers, de développer l’ensemble des compétences de base en combat d’incendie et en intervention en présence de matières dangereuses. Ces compétences sont requises pour exercer le métier de pompier.

BEMSouvenirs et feux d'artifice

Le 10 avril 2014, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) informait le public des conclusions de son enquête sur l’accident survenu dans l’entreprise BEMSouvenirs et Feux d’Artifice inc. à Coteau-du-Lac. L’entreprise se spécialise dans la vente de pièces pyrotechniques en gros et au détail et dans la présentation de spectacles de feux d’artifice. La CSST décrit ainsi l’accident : « Le 20 juin 2013, deux travailleuses effectuent des travaux de manutention de pièces pyrotechniques professionnelles dans un bâtiment d’entreposage de l’entreprise BEMSouvenirs et Feux d’Artifices inc. Alors qu’elles sont à l’intérieur, une série d’explosions de pièces pyrotechniques enflamment et détruisent le bâtiment. Les travailleuses décèdent des suites de leurs blessures. »3

3 Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec, Rapport d’enquête RAP0962714 – Accident mortel survenu à deux travailleuses le 20 juin 2013 à l’entreprise BEMsouvenirs et Feux d’Artifices inc. située au 62 chemin Masson à Coteau-du-Lac – Direction régionale de Valleyfield, le 7 avril 2014.

Aldex chemical

Le 30 octobre 2013, une explosion a retenti chez Aldex Chemical, une usine de Granby spécialisée dans la résine d’échange d’ions. Sous la force de l’explosion, un mur de l’usine a été pulvérisé en ne faisant aucune victime. La présence de trois produits chimiques a retenu l’attention des pompiers : acide sulfurique, benzène et ammoniac. Après avoir maîtrisé et éteint l’incendie, les pompiers du service d’incendie de la Ville de Granby sont demeurés sur place durant six semaines, le temps qu’ont duré les travaux de nettoyage, pour s’assurer que tous les produits chimiques étaient évacués de l’endroit et que tout risque de contamination était écarté.

Ces accidents ont mis en lumière les risques liés à l’entreposage ou à la manipulation de matières dangereuses. Mais ils ont également fait ressortir les avantages que procure l’exercice de planification prévu lors de l’élaboration du schéma de couverture de risques en incendie. Lorsque vient le moment de faire face à un incendie ou à un sinistre de grande ampleur, l’entraide offerte par les autres services de sécurité incendie, les ressources spécialisées, les bénévoles ou autres ressources requises contribue favorablement à l’efficacité d’une intervention.

4.2. L’accident ferrovière de Lac-Mégantic

Le 19 août 2014, le Bureau de la sécurité des transports du Canada publiait son rapport d’enquête ferroviaire sur l’accident de Lac-Mégantic4. Le Bureau résume ainsi les événements :

4 Bureau de la sécurité des transports du Canada, Rapport d’enquête ferroviaire R13D0054 – Train parti à la dérive et déraillement en voie principale – Train de marchandises MMA-002 de la Montreal, Maine & Atlantic Railway au point milliaire 1.23 de la subdivision Sherbrooke – Lac-Mégantic (Québec) le 6 juillet 2013.

« Le 6 juillet 2013, peu avant 1 h, heure avancée de l’Est, le train de marchandises MMA-002, en direction est, de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic Railway, qui était garé sans surveillance pour la nuit à Nantes (Québec), a commencé à se déplacer. Le train a roulé sur environ 7,2 milles, atteignant une vitesse de 65 mi/h. Vers 1 h 15, lorsque le MMA-002 s’est approché du centre de la ville de Lac-Mégantic (Québec), 63 wagons-citernes qui transportaient du pétrole brut (UN 1267), et 2 wagons couverts ont déraillé. Environ 6 millions de litres de pétrole brut se sont déversés. Des incendies se sont déclarés et des explosions se sont produites, détruisant 40 édifices, 53 véhicules et les voies ferrées à l’extrémité ouest du triage Mégantic. Quarante-sept personnes ont subi des blessures mortelles. Le centre- ville ainsi que la rivière et le lac adjacents ont été contaminés. »

L’accident ferroviaire de Lac-Mégantic a eu un impact sur plusieurs aspects de la vie des résidents. En plus de vivre un deuil douloureux, la population doit composer avec la destruction d’une partie de son centre-ville, l’arrêt temporaire d’une partie de l’activité économique locale, la contamination des sols, etc. De plus, à la suite de l’accident, une problématique d’approvisionnement en eau potable a affecté la population des municipalités puisant leur eau potable dans la rivière Chaudière, du lac Mégantic jusqu’en aval, à Lévis.

Bien qu’un exercice de planification des services de secours contribue favorablement au succès d’une intervention en situation d’urgence, un tel exercice ne peut anticiper l’imprévisible. L’accident de Lac-Mégantic démontre bien comment l’entraide s’est avérée primordiale pour structurer l’organisation des secours et le combat du feu. Un appel à l’aide lancé aux services de sécurité incendie des municipalités de la MRC du Granit, de Sherbrooke, de Saint-Georges et à huit municipalités du Maine a permis au SSI de Lac-Mégantic de s’adjoindre du personnel qualifié et d’optimiser l’intervention. Des entreprises ont fourni l’aide requise pour tenter de contenir le sinistre. À titre d’exemple, la raffinerie Jean-Gaulin de Lévis a fourni du personnel spécialisé et du matériel adapté pour aider les pompiers dans le combat de l’incendie. Il aura fallu plus de 40 heures pour éteindre le brasier.

Les pertes subies lors d’une telle catastrophe sont difficiles à évaluer et vont bien au-delà des pertes en bâtiment et en contenu estimées conformément aux règles de déclaration d’un incendie au ministère. Le rétablissement à la suite de la catastrophe peut s’échelonner sur plusieurs années, notamment le retour à la normale de l’économie et du dynamisme local avant l’accident. Ce désastre a affecté toute la population de Lac-Mégantic et, à des niveaux différents, celle des municipalités environnantes et de toute une région.

Les données recueillies à l’aide de la déclaration de l’incendie donnent la mesure de la catastrophe pour ce qui est des bâtiments et de leur contenu : les 33 bâtiments incendiés constituent une perte estimée à 15 millions de dollars et celle de leur contenu à 7,5  millions de dollars.

Usage des bâtiments endommagés ou détruits et pertes estimées - Incendie du 6 Juillet 2013 À Lac-Mégantic
Code*Nombre de bâtimentsPertes estimées en bâtiment
(en dollars)
Pertes estimées en contenu
(en dollars)

*Guide pour la déclaration des incendies, Répertoire des usages de bâtiments.
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant de nombre de bâtiments.

1000182 210 6001 122 900
50104472 400236 200
53111368 800 184 400
53311443 300 226 500
57321125 40062 700
582119 600 0004 800 000
59431170 20085 100
60001146 30073 150
62411536 900268 450
6518180 50040 250
6521183 40041 700
65221149 90074 950
67131618 400309 400
Total3315 006 1007 525 700

5. Les statistiques sur les incendies déclarés en 2013

Les dispositions de la Loi sur la sécurité incendie

La Loi sur la sécurité incendie (RLRQ, chapitre S-3.4) précise  les obligations de la municipalité à déclarer un incendie (article 34) et les pouvoirs du ministre à produire des données statistiques (article 142).

La déclaration d’incendie

34. Toute municipalité locale sur le territoire de laquelle est survenu un incendie doit communiquer au ministre, au plus tard le 31 mars de l’année qui suit l’incendie, la date, l’heure et le lieu de survenance de l’incendie, la nature des préjudices, l’évaluation des dommages causés et, s’ils sont connus, le point d’origine, les causes probables et les circonstances immédiates de l’incendie que sont, entre autres, les caractéristiques de l’immeuble ou des biens endommagés et le déroulement des événements.

Toutefois, un renseignement dont la divulgation risquerait vraisemblablement d’avoir un effet sur une procédure judiciaire dans laquelle la municipalité ou un membre de son conseil a un intérêt peut n’être rapporté que lorsque le jugement dans cette cause est passé en force de chose jugée.

Les pouvoirs du ministre

142. En outre, le ministre peut :

1. effectuer, faire effectuer ou favoriser des recherches portant sur la gestion des risques d’incendie ou sur la planification des secours ou tendant à l’amélioration des techniques, des méthodes ou des équipements de prévention, de détection, d’alerte ou de lutte contre les incendies;

2. proposer, coordonner ou exécuter des activités ou des travaux susceptibles de supprimer ou de réduire les risques ou les effets d’un incendie;

3. faire des analyses des données statistiques et des études sur la situation de la sécurité incendie, à l’échelle nationale, régionale ou locale, ou sur les incidences de cette situation, notamment sur l’économie régionale ou en matière d’assurance, et les rendre publiques.

La procédure d'archivage de la déclaration d'incendie

La déclaration d’incendie produite en vertu de l’article 34 de la Loi sur la sécurité incendie demeure la propriété de la municipalité. Cette dernière est tenue de conserver la déclaration d’incendie conformément aux règles d’archivage en vigueur.

Les données transmises par la municipalité au ministère de la Sécurité publique sont intégrées dans sa banque de données.

Les déclarations transmises en version « papier » sont saisies manuellement et sont ensuite détruites. Seul le contenu de la banque de données est conservé par le ministère.

Comment interpréter les résultats

Les statistiques sur les incendies déclarés proviennent des données inscrites sur les déclarations transmises au ministère par les municipalités en vertu de la loi. La valeur, la qualité et la fiabilité des statistiques présentées dans ce rapport reposent sur la rigueur et la justesse des renseignements transmis au ministère.

Les données sur les décès liés à des incendies proviennent du Bureau du coroner, organisme responsable d’établir les causes de tout décès par incendie survenu au Québec. Le coroner s’engage à livrer son rapport le plus rapidement possible. Cependant, l’investigation du coroner dépend du travail de plusieurs partenaires et il doit donc attendre les rapports de ces partenaires pour être en mesure de produire le sien. En moyenne, un délai d’environ 12 mois est nécessaire au coroner pour recueillir et analyser toute l’information pertinente dans le cadre de son investigation ou de son enquête publique. Au terme de son analyse, il rédige un rapport dans lequel il énonce l’identité de la personne décédée, la date et le lieu de son décès ainsi que les causes et les circonstances du décès5.

5Bureau du coroner – Délai de disponibilité d’un rapport du coroner. Page Web consultée le 03-12-2014

Le nombre de décès déclaré dans les statistiques est donc révisé annuellement au rythme du dévoilement des conclusions du coroner sur les causes des décès.

La déclaration des incendies par les municipalités

En 2013, des déclarations sur des incendies survenus dans 893 municipalités ont été transmises au ministère. Près de 80 % des municipalités québécoises ont déclaré un incendie survenu sur leur territoire.

Déclaration des incendies par les municipalités, 2013
Municipalités tenues de déclarer les incendies sur leur territoireOnt déclaré
(%)
Note : La dénomination du type de municipalité est établie selon l’organisation municipale en vigueur au Québec.
Voir les documents accessibles en ligne sur le site du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire
Canton65,9
Cantons unis100,0
Municipalité79,6
Paroisse72,8
Ville91,9
Village68,2
Moyenne79,7

À la suite d’une validation réalisée par le ministère, plusieurs municipalités ont confirmé n’avoir subi aucun incendie sur leur territoire en 2013. Quelques municipalités ont motivé un retard dans la déclaration des incendies en raison de changement d’effectifs ou d’une autre raison administrative. Dès 2015, toutes les municipalités seront systématiquement jointes pour rappeler l’obligation de déclarer un incendie survenu sur leur territoire, conformément à l’article 34 de la Loi sur la sécurité incendie.

L’uniformité de la codification des usages

Constituée d’un code de quatre chiffres, la codification des usages du Manuel d’évaluation foncière du Québec est un système qui assure une identification uniforme des différents usages d’immeubles sur l’ensemble du territoire québécois. Pour cette raison, la codification d’usages proposée dans ce manuel est celle retenue par le ministère pour déterminer l’usage d’un bâtiment incendié ou endommagé.

La codification des usages du Manuel d’évaluation foncière du Québec fait occasionnellement l’objet d’une mise à jour. Au début 2013, le ministère de la Sécurité publique a transmis la mise à jour de la codification des usages à toutes les municipalités du Québec afin de leur faciliter la démarche de déclaration d’un incendie. Cette codification est intégrée au Guide pour la déclaration des incendies au ministère de la Sécurité publique.

La codification du type d’incendie

En 2013, pour une première fois, les statistiques sur les incendies déclarés précisent le type d’incendie déclaré selon le code chiffré qui lui est attribué (de 11 à 17). Le type d’incendie se trouve dans l’un ou l’autre des deux groupes suivants : l’incendie ayant débuté à l’extérieur; ou l’incendie ayant débuté sur, sous ou dans un bâtiment et ses composantes.

Nombre d'incendie ayant débuté à l'extérieur, 2013
Type d'incendieCodes*
* Guide pour la déclaration des incendies, Contenu du rapport d’incendie.
Feu limité à l’extérieur, sans perte causée directement par le feu et sans victime11
Feu de véhicule limité à l’extérieur12
Feu limité à l’extérieur, autre que 11 et 1213
Feu extérieur propagé à au moins un bâtiment14
Nombre d'incendie ayant débuté sur, sous ou dans un bâtiment et ses composantes, 2013
Type d'incendieCodes*

* Guide pour la déclaration des incendies, Contenu du rapport d’incendie.

Feu de cheminée, sans propagation15
Feu limité au bâtiment d'origine, autre que code 1516
Feu propagé à au moins un bâtiment17

5.1. Les incendies déclarés en 2013

Observée depuis 2010, la tendance à la baisse du nombre d’incendies déclarés se confirme encore cette année. Entre 2010 et 2013, on assiste à une diminution du nombre d’incendies de 25 %. Parmi les éléments considérés, des changements apportés par les SSI dans leur compilation des données, quant à la surchauffe des aliments ou des fils électriques, sont susceptibles d’expliquer en partie cette diminution. Aussi, la réduction du nombre des feux de véhicules, confirmée par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), ou la baisse des feux de poubelles ou des boîtes à fleurs provoqués par des cigarettes non éteintes, constatée dans les données consultées, peuvent aussi expliquer en partie cette tendance.

Nombre d'incendies déclarés au Québec, 2010 à 2013
AnnéeNombre
201021 932
201121 487
201218 560
201316 376

Bien que les statistiques du ministère ne puissent le corroborer, quelques autres hypothèses pourraient aussi être susceptibles d’expliquer cette diminution :

  • le résultat des campagnes de sensibilisation à la prévention des incendies qui, année après année, invitent les citoyens à adopter des comportements plus sécuritaires;
  • la réussite de la mise en œuvre du schéma de couverture de risques comme outil de planification et de gestion des risques en incendie;
  • le travail des ressources municipales affectées à la prévention des incendies.

5.1.1. Les incendies déclarés par type d’incendie

Près de 40 % des incendies déclarés surviennent à l’extérieur et n’ont causé ni victime ni perte (code 11). De plus, près de 35 % des incendies déclarés sont limités au bâtiment d’origine, mais ont causé soit des victimes, soit des pertes matérielles, soit les deux (code 16).

Nombre d'incendie déclarés par type d'incendie, 2013
Code*Type d'incendieNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Contenu du rapport d'incendies.
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant du nombre d'incendies.
11Feu limité à l’extérieur, sans perte6 29038,4
16Feu limité au bâtiment d’origine, autre que 155 65934,6
12Feu de véhicule limité à l’extérieur2 10512,8
15Feu de cheminée, sans perte1 1326,9
13Feu limité à l’extérieur, autre que 11 et 128295,1
14Feu extérieur propagé à au moins un bâtiment2091,3
17Feu propagé à au moins un autre bâtiment1520,9
Total16 376100,0

5.1.2. Les incendies déclarés par région administrative

Le pourcentage d’incendies déclarés dans une région administrative est généralement proportionnel à son poids démographique.

Nombre d'incendies par région administrative, 2013
Région administrativeNombre d'incendiePourcentagePopulationPourcentage
Note : Population provisoire.
Sources : Statistique Canada, Division de la démographie et Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques sociodémographiques. 26 février 2014.
Abitibi-Témiscamingue3282,0147 9311,8
Bas-Saint-Laurent4102,5201 0912,6
Capitale-Nationale1 1507,0725 0958,9
Centre-du-Québec5713,5239 2452,9
Chaudière-Appalaches1 0066,1418 7045,1
Côte-Nord1230,895 5521,2
Estrie6834,2318 3503,9
Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine 1901,293 2841,1
Lanaudière8645,3488 9276,0
Laurentides9986,1580 9667,1
Laval9235,6417 3045,1
Mauricie6073,7266 5423,3
Montérégie2 40914,71 959 98724,0
Montréal4 61228,21 499 08818,4
Nord-du-Québec360,243 9990,5
Outaouais7594,6381 2004,7
Saguenay–Lac-Saint-Jean7074,3278 0693,4
Total16 376100,08 155 334100,0

5.1.3. Le taux d'incendies par 1 000 habitants, par région

Pour une première fois, le taux d’incendies par 1 000 habitants est présenté par région administrative. Selon la région, le taux d’incendies varie entre 0,8 (Nord-du- Québec) et 3,1 (Montréal).

5.1.3 Taux d'incendies par 1 000 habitants, par région, 2013
Région administrativeNombre d'incendiePopulationTaux d'incendies par 1 000 habitants
Note : Population provisoire
Sources : Statistique Canada, Division de la démographie et Institut de la statistique du Québec, Direction des statistiques sociodémographiques. 26 février 2014.
Abitibi-Témiscamingue328147 9312,2
Bas-Saint-Laurent410201 0912,0
Capitale-Nationale1 150725 0951,6
Centre-du-Québec571239 2452,4
Chaudière-Appalaches1 006418 7042,4
Côte-Nord12395 5521,3
Estrie683318 3502,1
Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine 19093 2842,0
Lanaudière864488 9271,8
Laurentides998580 9661,7
Laval923417 3042,2
Mauricie607266 5422,3
Montérégie2 4091 959 9871,2
Montréal4 6121 499 0883,1
Nord-du-Québec3643 9990,8
Outaouais759381 2002,0
Saguenay–Lac-Saint-Jean707278 0692,5
Total16 3768 155 3342,0

La diminution du taux d’incendies par 1 000 habitants, observée depuis 2010, se poursuit. En passant de 2,77 en 2010 à 2,01 en 2013, le taux d’incendies par 1 000 habitants affiche une baisse de 27,8 % en quatre ans.

Taux d'incendies par 1 000 habitants, 2010 À 2013
AnnéeTaux
20102,77
20112,69
20122,30
20132,00

5.2. Les incendies de bâtiments

Les statistiques sur les incendies de bâtiments portent sur ceux ayant débuté à l’extérieur, mais s’étant propagés à au moins un bâtiment (code 14) et sur les incendies ayant débuté sur, sous ou dans un bâtiment et ses composantes, incendies désignés sous l’un ou l’autre des codes 15 à 17. Près de quatre incendies de bâtiments sur cinq (79,1 %) sont limités au bâtiment d’origine (code 16).

Incendies de bâtiments selon le type d'incendie, 2013
Type d'incendie*Nombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Contenu du rapport d’incendie.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.
16. Feu limité au bâtiment d’origine, autre que 155 65979,1
15. Feu de cheminée, sans perte1 13215,9
14. Feu extérieur propagé à au moins un bâtiment2092,9
17. Feu propagé à au moins un autre bâtiment1522,1
Total7 152100,0

Le nombre d’incendies de bâtiments observé depuis 2010 affiche une diminution constante, passant de 7 455 en 2010 à 7 152 en 2013, soit une baisse de 4,1 %.

Nombre d'incendies de bâtiments, 2010 À 2013
AnnéeNombre
20107 455
20117 319
20127 225
20137 152

5.2.1. Les feux de cheminée sans pertes matérielles

Les renseignements exigés sur le formulaire de déclaration d’un incendie permettent de documenter les causes et les circonstances d’un incendie de bâtiment, sauf s’il s’agit d’un incendie de type 15 (feu de cheminée sans perte). En effet, l’absence de pertes matérielles justifie, dans ce cas, d’exclure la collecte des renseignements sur les causes et les circonstances de l’incendie. Pour cette raison, les feux de cheminée sont traités distinctement des incendies de bâtiments.

En 2013, les feux de cheminée constituent 15,9 % de l’ensemble des incendies de bâtiments déclarés au ministère. Les données cumulées depuis 2011 indiquent une diminution de 3,0 % du nombre de feux de cheminée sans pertes matérielles entre 2011 et 2012, et une légère augmentation de 0,5 % entre 2012 et 2013.

Nombre de feux de cheminées sans pertes matérielles, 2011 à 2013
AnnéeNombre
20111 343
20121 122
20131 132

5.2.2. Les incendies de bâtiments avec pertes matérielles

En 2013, les déclarations d’incendies indiquent 6 020 incendies de bâtiments ayant entraîné des pertes matérielles sur 6 372 bâtiments. Les dommages matériels au bâtiment sont dus à l’incendie, au roussissement, au cloquage, à la fumée, à l’eau ou aux autres agents d’extinction de même qu’au combat de l’incendie et à l’exploration des lieux par les pompiers.

Incendies de bâtiments (sans les feux de cheminée), 2013
Type d'incendie*Nombre de bâtiments endommagésNombre
*Guide pour la déclaration des incendies, Contenu du rapport d’incendie
14. Feu extérieur propagé à au moins un bâtiment267209
16. Feu limité au bâtiment d’origine, autre que 155 7015 659
17. Feu propagé à au moins un autre bâtiment404152
Total6 3726 020
Nombre de bâtiments endommagés par usage et par catégorie de risque, 2013
UsageCatégorie de risque faibleCatégorie de risque moyenCatégorie de risque élevéCatégorie de risque très élevéCatégorie de risque indéterminéTotal en nombreTotal en pourcentage
*Annexe 2C.1 Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec 2012.
Note : Les résultats totaux sont présentés par ordre décroissant.
Résidentiel2 77791464308904 75374,6
Commercial 301392139064787,5
Industries manufacturières830142159133525,5
Services195283128102924,6
Production et extraction de richesses naturelles52271041702093,3
Immeubles non exploités et étendues d’eau291626189981,6
Transports, communications et services publics391923143981,6
Culturel, récréatif et de loisirs281918172841,2
Non disponible0100780,1
Total2  9821 2171 2737511496 372100,0
Proportion - catégorie de risque (%)46,819,120,011,82,3100,0

La déclaration des incendies prévoit la désignation de la catégorie de risque à laquelle est associé le bâtiment incendié ou endommagé. L’établissement de cette catégorie de risque vise à déterminer les ressources nécessaires pour combattre un incendie de bâtiment et non à établir une occurrence d’incendie.

Près de la moitié des incendies déclarés en 2013 (46,8 %) ont touché des bâtiments dont le niveau de risque est faible. Un bâtiment à risque faible fait partie d’un ensemble de très petits bâtiments, très espacés. Il s’agit essentiellement de bâtiments résidentiels de un ou de deux logements, à un ou deux étages, et de bâtiments de type « isolé ».

5.2.3. La survenance des incendies de bâtiments

L’observation des données sur les incendies de bâtiments avec pertes matérielles confirme les tendances déjà notées dans les statistiques annuelles antérieures sur les incendies déclarés, tant pour la survenance d’un incendie par période de la journée, par jour de la semaine ou par mois de l’année.

Les heures
La répartition des incendies de bâtiments déclarés par période de la journée en pourcentage de 2010 à 2013
Période2010201120122013Moyenne 2010 à 2013
0 heure à 4 heures 59 minutes1513141514,3
5 heures à 9 heures 59 minutes1515151414,7
10 heures à 14 heures 59 minutes2324232523,7
15 heure à 19 heures 59 minutes2829292928,8
20 heures à 23 heures 59 minutes1919191718,5
Total100100100100100,0

La tendance constatée depuis 2010 se confirme : près d’un incendie de bâtiment sur trois survient entre 15 h et 20 h, et plus de la moitié entre 10 h et 20 h.

Les jours
La répartition des incendies de bâtiments déclarés par jour de la semaine en pourcentage de 2010 à 2013
Jour de la semaine2010201120122013Moyenne de 2010 à 2013
Lundi1515151414,7
Mardi1414141514,3
Mercredi1314151414,0
Jeudi1414141414,0
Vendredi1614141514,8
Samedi1415141514,5
Dimanche1414141313,7
Total100100100100100,0

La tendance constatée depuis 2010 se confirme : un incendie de bâtiment survient sans prédominance pour un jour ou l’autre de la semaine.

Les mois

En 2013, les incendies de bâtiments surviennent un peu plus fréquemment en décembre, en janvier, en avril et en mai.

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par mois de l’année, 2013
MoisNombre Pourcentage Moyenne 2010 à 2013
(%)
Janvier6481111,0
Février45889,2
Mars46589,8
Avril54099,0
Mai56598,5
Juin44876,8
Juillet50387,2
Août44076,8
Septembre41376,8
Octobre47787,5
Novembre47788,2
Décembre586109,2
Total6 020100100,0

En janvier 2013, ce sont 21 incendies qui surviennent par jour. En septembre, moins de 14 incendies sont survenus par jour. En moyenne, 16,5 incendies se sont produits chaque jour en 2013 au Québec.

Incendies de bâtiments par jour, selon le mois de l'année, 2013
MoisNombre d'incendies par jour
Janvier20,9
Février16,4
Mars15,0
Avril18,0
Mai18,2
Juin14,9
Juillet16,2
Août14,2
Septembre13,8
Octobre15,4
Novembre15,9
Décembre18,9

5.2.4. L’usage des bâtiments endommagés

La codification de l’usage d’un bâtiment endommagé est uniformisée pour l’ensemble du territoire québécois. En 2013, près de trois bâtiments endommagés sur quatre (74,6 %) sont à usage résidentiel.

Usage des bâtiments endommagés, 2013
Usage*NombrePourcentage
*Annexe 2C.1 Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec 2012.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.
Résidentiel4 75374,59
Commercial 4787,50
Industries manufacturières3525,52
Services2924,58
Production et extraction de richesses naturelles2093,28
Immeubles non exploités et étendues d’eau981,54
Transports, communications et services publics981,54
Culturel, récréatif et de loisirs841,32
Non disponible80,13
Total6 372100

Qu’entend-on par « usage résidentiel »

Un bâtiment à usage résidentiel est un logement, un chalet ou une maison de villégiature, une maison mobile, une roulotte, une habitation en commun (maison de chambres et pension, habitation pour groupes organisés, résidence et maison d’étudiants, maison de retraite et orphelinat, maison d’institutions religieuses, autres habitations de groupes), un hôtel-motel résidentiel, un parc de roulottes et de maisons mobiles, une résidence provisoire, autres immeubles résidentiels (habitation pour la chasse, la pêche et la forêt, espace détenu en copropriété divise résidentielle, autres immeubles résidentiels).

Source : Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec, accessible en ligne sur le site Web du MAMOT

5.2.5. Les victimes d’incendies de bâtiments

Le 7 octobre 2014, le Bureau du coroner a déposé les rapports d’investigation des 47 décès consécutifs aux explosions et à l’incendie majeur qui a détruit le centre-ville de Lac-Mégantic. Le coroner a pu identifier 40 victimes âgées de 4 à 93 ans. Le décès des 7 autres victimes, âgées de 9 à 77 ans, a été déclaré par jugement du tribunal. Les 47 décès survenus à Lac-Mégantic constituent des données partielles pour 2013. Ainsi, bien que l’ensemble des décès de l’année 2013 sera analysé dans le rapport statistique de 2014, le présent rapport fait état des données partielles déjà confirmées par le Bureau du coroner.

Les statistiques sur les incendies déclarés en 2013 proviennent de l’analyse des données obtenues sur les victimes d’incendies de bâtiments :

  • Les décès à la suite d’un incendie survenu entre 2005 et 2013 selon l’information obtenue du Bureau du coroner;
  • Les personnes blessées lors d’un incendie survenu en 2013, selon l’information transmise par les municipalités sur le formulaire de déclaration d’un incendie.
Les décès
L’analyse différenciée des décès selon l’âge et le sexe, liés à des incendies de bâtiments, 2005 à 2013
AnnéeEnfants de sexe masculin agés de 0 à 17 ansEnfants de sexe féminin agés de 0 à 17 ansEnfants de sexe masculin agés de 18 à 64 ansEnfants de sexe féminin agés de 18 à 64 ansAînés âgés de 65 ans et plusAînées âgées de 65 ans et plus Nombre de décès
Source : Rapports d’investigation du coroner, Bureau du coroner, septembre 2014
P : données provisoires (déjà confirmées par le Bureau du coroner)
200527241011660
2006323096555
2007211674535
2008021798642
2009032128741
2010201879743
20112216105237
201200968225
2013p0222202349

Entre 2005 et 2012, trois pompiers sont décédés des suites d’un incendie de bâtiment : un décès est survenu en 2006 et deux décès sont survenus en 2008. Ces victimes étaient des hommes âgés de 18 à 64 ans.

Entre 2005 et 2012, le nombre de décès à la suite d’un incendie de bâtiment est passé de 60 à 25 personnes. Cette tendance à la baisse, observée depuis 2005, s’est interrompue en 2013. En effet, les données provisoires de 2013 confirment que, avec les événements de Lac-Mégantic, le nombre de décès atteindra un sommet, puisqu’il est déjà supérieur à la moyenne de 42 décès par an constatée pour les années précédentes.

Le taux de mortalité
Le taux de mortalité par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge en 2013
Groupe d'âgePopulation*Proportion de la populationNombre de décès**Proportion du nombre de décèsTaux de
mortalité
par 100 000
personnes
*Population révisée, Source : Statistique Canada, Estimations de la population. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec en date du 3 décembre 2013
**Rapports d’investigation du coroner, Bureau du coroner, septembre 2014
0 à 17 ans1 518 96718,800,00,00
18 à 64 ans5 258 21465,01560,00,29
65 ans et plus1 306 87816,21040,00,77
Total8 084 059100,025100,00,31

Le taux de mortalité observé par groupe d’âge en 2012 confirme le constat révélé par les données de 2009 à 2011 : le taux de mortalité des personnes âgées de 65 ans et plus, lorsque lié à des incendies de bâtiments, est le plus élevé de tous les groupes d’âge.

Le taux de mortalité par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge, de 2009 à 2012
Groupe d'âge2009201020112012
0 à 17 ans0,200,130,260,00
18 à 64 ans0,450,480,500,29
65 ans et plus1,281,320,560,77
Pour l'ensemble de la population0,520,540,460,31

Entre 2009 et 2012, dans les incendies de bâtiments, le taux de mortalité des personnes de 65 ans et plus est 2,6 fois plus élevé que celui des autres groupes d’âge, alors que celui des 0-17 ans est le plus faible. En 2012, aucun décès lié à un incendie de bâtiment n’est à déplorer dans le groupe des 0-17 ans.

Les blessés

Les données recueillies par le ministère sur les victimes d’un incendie portent sur leur statut (civil ou pompier), leur état (blessé ou décédé), leur sexe et leur âge. En 2013, les déclarations d’incendie transmises au ministère ont révélé que 260 personnes, dont 32 pompiers, ont subi des blessures lors d’un incendie. Plus de 63 % des blessés en 2013, soit 166 personnes, sont de sexe masculin.

Analyse différenciée des blessés dans des incendies de bâtiments selon l’âge et le sexe, 2013
SexeCivil de 0 à 17 ansCivil de 18 à 64 ansCivil de 65 ans et plusCivil d'âge inconnuPompiersTotal Nombre de blessés
Masculin199517431166
Féminin1658163194
Total3515333732260

Le groupe des 18-64 ans affiche le plus haut taux avec 3,5 blessés par 100 000 habitants.

Taux de blessés par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d’âge, 2013
Groupe d'âgePopulation*Proportion de la populationNombre de blessésProportion du nombre de blessésTaux de blessés par 100 000 habitants
*Population révisée, Source : Statistique Canada, Estimations de la population. Adapté par l’Institut de la statistique du Québec en date du 3 décembre 2013
De 0 à 17 ans1 518 96718,83513,52,3
De 18 à 64 ans5 258 21465,018571,13,5
65 ans et plus1 306 87816,23312,72,5
Âge inconnu0072,70
Pour l'ensemble de la population8 804 059100,0260100,03,2

5.2.6. Les accidents de travail et les maladies professionnelles

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) administre le régime de santé et de sécurité du travail et voit à l’application des lois régissant le milieu du travail. La CSST publie périodiquement des statistiques sur les caractéristiques des lésions professionnelles déclarées par les travailleurs. Les lésions professionnelles considérées sont celles pour lesquelles s’applique la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (RLRQ, chapitre A-3.001).

Les accidents de travail et maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre les incendies, 2005 à 2013
AnnéeNombre
2005474
2006507
2007414
2008397
2009361
2010385
2011399
2012379
2013419

En 2013, la CSST a accepté 419 demandes d’indemnisation déposées par le personnel spécialisé dans la lutte contre les incendies. Il s’agit de 40 réclamations de plus qu’en 2012, soit une hausse de 10,5 %, concentrée principalement dans les lésions de type « Réactions du corps et efforts ».

La moyenne annuelle pour les neuf dernières années est de 414 demandes d’indemnisation. Pour la première fois depuis 2007, le nombre de demandes d’indemnisation est, en 2013, supérieur à la moyenne observée. En 2013, les accidents de transport sont le type de lésion dont les demandes acceptées ont presque triplé comparativement aux deux années précédentes.

Accidents de travail et maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l’incendie, 2009 à 2013
Type de lésion 20092010201120122013
Source : Commission de la santé et de la sécurité du travail, Direction de la comptabilité et de la gestion de l’information, Centre de la statistique et de l’information de gestion. Lésions acceptées au 1er mars de l’année suivante pour les années d’inscription 2009 à 2013. Rapport D14-322-B produit le 2014-07-16.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant de 2013.
Réactions du corps et efforts141175172146185
Contact avec un objet ou de l’équipement10584819391
Chutes7264697570
Exposition à une substance ou environnement nocif3245474846
Accidents de transports384411
Autre événement, exposition et inconnu45849
Feux et explosions22245
Voies de fait et actes violents22652
Total361385389379419
Taux d’accidents de travail et maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l’incendie, 2013
Catégorie d'accidents de travail et maladies professionnellesPourcentage
Voies de fait et actes violents0,5
Feux et explosions1,2
Autre événement, exposition et inconnu2,1
Accidents de transports2,6
Exposition à une substance ou environnement nocif11
Chutes16,7
Contact avec un objet ou de l'équipement21,7
Réactions du corps et efforts44,2

5.2.7. L’évaluation des pertes matérielles dans les incendies de bâtiments

L’évaluation des pertes matérielles en bâtiment et en contenu est l’ensemble des dommages matériels dus à l’incendie, au roussissement, au cloquage, à la fumée, à l’eau ou aux autres agents d’extinction de même que ceux dus au combat de l’incendie et à l’exploration des lieux par les pompiers. En 2013, les pertes estimées en bâtiment sont de plus de 250 millions de dollars et celles estimées en contenu sont de près de 150 millions de dollars.

Évaluation des pertes matérielles dans les incendies de bâtiments, 2013
Usage*Pertes estimées en bâtiment (000 $)Proportion des pertes en bâtiment (%)Valeur des bâtiments avant l’incendie (000 $) Valeur protégée des bâtiments (000 $)Pertes estimées en contenu (000 $)
Annexe 2C.1 Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec 2012.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant de pertes estimées en bâtiment.
Résidentiel158 26663,114 338 069 4 179 80268 592
Commercial 32 98013,152 259 1472 226 16723 757
Production et extraction de richesses naturelles14 1475,6474 43060 28412 774
Industries manufacturières12 4894,981 835 1011 822 61321 371
Services12 2464,884 003 816 3 991 5709 607
Immeubles non exploités et étendues d’eau8 3833,34229 685221 3024 702
Culturel, récréatif et de loisirs7 9223,1695 00587 0832 107
Transports, communications et services publics4 2371,69418 935414 6985 377
Non disponible1250,050-12575
Total250 794100,013 254 18813 003 395148 363

À la suite de l’intervention des pompiers, une valeur de bâtiments estimée à plus de 13 milliards de dollars a pu être préservée de dommages dus à l’incendie. Les pertes matérielles estimées en bâtiment atteignent moins de 2 % de sa valeur.

Malgré la diminution du nombre d’incendies de bâtiments observée en 2013, on constate une augmentation du montant total des pertes matérielles estimées. En dollars constants, l’évaluation des pertes matérielles de 2013 révèle une hausse de 96 millions de dollars par rapport aux pertes annuelles estimées des années précédentes.

La tragédie de Lac-Mégantic explique à elle seule cette augmentation, puisque les pertes matérielles estimées à 172,5 millions de dollars comportent un montant de 150 millions de dollars en pertes extérieures autres que des bâtiments. Ce montant, qui ne tient pas compte des coûts environnementaux et de la reconstruction du centre-ville de Lac-Mégantic, représente 29,8 % des pertes matérielles totales de 2013. Depuis 2011, la proportion des pertes extérieures estimées se situait à moins de 10 % des pertes matérielles totales annuelles.

Nombre des pertes matérielles dans les incendies de bâtiments, 2010 À 2013
Catégorie2010201120122013
Bâtiment236,4 millions de dollars275,2 millions de dollars 271,6 millions de dollars250,8 millions de dollars
Contenu140,3 millions de dollars141,7 millions de dollars 165,0 millions de dollars 148,4 millions de dollars
Extérieures49,5 millions de dollars42,5 millions de dollars31,3 millions de dollars169,6 millions de dollars
Total426,2 millions de dollars459,4 millions de dollars467,9 millions de dollars568,8 millions de dollars
Pourcentage des pertes matérielles dans les incendies de bâtiments, 2010 À 2013
Catégorie2010201120122013
Bâtiment55,559,958,044,1
Contenu32,930,835,326,1
Extérieures11,69,36,729,8
Total100,0100,0100,0100,0

Depuis 2010, les pertes matérielles actualisées par personne connaissaient une légère diminution. Cette tendance a été freinée en 2013, puisque les pertes matérielles sont passées de 58,71 $ à 69,76 $, soit une augmentation de plus de 18 %.

Les pertes matérielles par personne, 2010 à 2013
AnnéePertes matériellesPertes matérielles par personnePertes matérielles en dollars constants*Pertes matérielles par personne en dollars constants*
*La Banque du Canada utilise les données mensuelles de l’indice des prix à la consommation pour calculer l’inflation. De juillet 2010 à juillet 2011, la variation de l’inflation est de 3,08 %, de juillet 2011 à juillet 2012 de 1,25 % et de juillet 2012 à juillet 2013 elle est de 1,07 %.
2010426,2 millions de dollars56,91 millions de dollars449,6 millions de dollars60,03 millions de dollars
2011459,4 millions de dollars57,58 millions de dollars470,1 millions de dollars58,92 millions de dollars
2012467,9 millions de dollars58,09 millions de dollars472,9 millions de dollars58,71 millions de dollars
2013568,8 millions de dollars69,75 millions de dollars568,8 millions de dollars69,75 millions de dollars

5.3. Les incendies de bâtiments à usage résidentiel

La présente section s’intéresse plus particulièrement aux incendies de bâtiments dont l’usage est résidentiel.

5.3.1. La répartition des incendies

En 2013, les incendies de bâtiments résidentiels sont survenus à 88 %, dans des logements de type unifamilial ou dans des immeubles résidentiels à logements multiples. Le nombre de bâtiments résidentiels endommagés par l’incendie, le roussissement, le cloquage, la fumée, l’eau ou les autres agents d’extinction, le combat de l’incendie ou l’exploration des lieux par les pompiers (4 753) est supérieur au nombre d’incendies de bâtiments résidentiels (4 470) en raison de la propagation qui s’est produite au cours de ces incendies.

La valeur des pertes matérielles estimées pour les incendies de bâtiments résidentiels atteint plus de 226 millions de dollars. Près de 90 % des pertes matérielles estimées en bâtiment et en contenu sont attribuables à des incendies de logements de type unifamilial ou dans des immeubles résidentiels à logements multiples.

Bâtiments d’usage résidentiel endommagés et pertes matérielles estimées, 2013
Code Catégorie de bâtiment résidentielsNombre de bâtimentsPourcentage des bâtimentsPertes totales estimées
(bâtiments et contenu)
(000 $)
Pertes totales estimées
(bâtiments et contenu)
(en pourcentage)
*Annexe 2C.1 Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec 2012.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre de bâtiments.
1000Logement ( maison unifamiliale, immeuble à appartements )4 18287,99202 83889,41
1100Chalet ou maison de villégiature1623,4110 4444,61
1923Espace de rangement, cabanon1322,782 0260,89
1990Autres immeubles résidentiels751,582 0000,88
1211Maison mobile511,071 4530,64
1543Maison pour personnes âgées autonomes390,825 0502,23
1511Maison de chambres et pension150,323840,17
1590Autres locaux de groupes 140,304470,20
1212Roulotte résidentielle140,301660,07
1541Maison pour personnes retraitées non autonomes
(y compris les CHSLD)
130,28460,02
1921Stationnement intérieur100,214160,18
1539Autres résidences d'étudiants50,113010,13
1914Camp forestier50,111680,07
1913Camp de chasse et pêche40,08610,03
1890Autres résidences provisoires40,082170,10
1532Maison d'étudiants (collège et universités)40,0800,00
1510Maison de chambres et pension30,061900,08
1559Autres maisons d'institutions religieuses20,04860,04
1551Couvent 20,042850,13
1600Hôtel résidentiels20,041050,05
1512Maison de chambres pour personnes ayant une déficience intellectuelle 20,0400,00
1702Parc de maisons mobiles (fonds de terre seulement)20,04170,01
1701Parc de roulottes
(fonds de terre seulement)
20,04740,03
1553Presbytère20,0490,00
1922Stationnement extérieur200,420,00
1521Local pour les associations fraternelles200,4150,01
1522Maison des jeunes100,210,00
1552Monastère10,0270,00
1912Pourvoirie sans droit exclusif10,02500,02
Total4 753100,0226 858100,0

5.3.2. La survenance des incendies

La survenance des incendies de bâtiments résidentiels obéit aux mêmes tendances que celles observées pour l’ensemble des incendies de bâtiments. En effet, les incendies de bâtiments résidentiels surviennent surtout entre 15 h et 20 h, sans égard au jour de la semaine.

La répartition en pourcentage des incendies de bâtiments déclarés par période de la journée, 2012 à 2013
Période de la journée20122013Moyenne 2012 et 2013
0 h à 4 h 59151515,0
5 h à 9 h 59141414,0
10 h à 14 h 59252424,5
15 h à 19 h 59293029,5
20 h à 23 h 59171717,0
Total100100100,0
Les jours
La répartition en pourcentage des incendies de bâtiments déclarés par jour de la semaine, 2012 et 2013
Jour de la semaine20122013Moyenne 2012 et 2013
Lundi151314,0
Mardi141514,5
Mercredi131313,0
Jeudi141514,5
Vendredi131514,0
Samedi161515,5
Dimanche151414,5
Total100100100,0
Les mois

Les incendies de bâtiments à usage résidentiel surviennent un peu plus fréquemment durant le mois de janvier.

La répartition en pourcentage des incendies de bâtiments déclarés par mois de l’année en 2013
MoisNombre Pourcentage Moyenne 2012-2013
(%)
Janvier47110,510,0
Février3658,27,8
Mars3427,68,1
Avril3848,68,6
Mai4249,59,3
Juin3417,67,8
Juillet3708,38,5
Août3317,47,6
Septembre3076,97,0
Octobre3487,87,5
Novembre3457,78,4
Décembre4429,99,4
Total4 470100100,0

Les données de 2013 indiquent que, en janvier, ce sont 15 incendies de bâtiments à usage résidentiel qui surviennent par jour, soit un incendie de plus chaque jour qu’en décembre et cinq incendies de plus qu’en août et septembre. En moyenne, 12,2 incendies de bâtiments à usage résidentiel se sont produits chaque jour au Québec.

Nombre d'incendies de bâtiments à usage résidentiel par jour selon le mois de l'année, 2013
MoisNombre d'incendies par jour
Janvier15,2
Février13,0
Mars11,0
Avril12,8
Mai13,7
Juin11,4
Juillet11,9
Août10,7
Septembre10,2
Octobre11,2
Novembre11,5
Décembre14,3
Total100

5.3.3. Le lieu d'origine

Le lieu d’origine est l’endroit où a probablement commencé l’incendie. En 2013, les pièces habitées d’une résidence (cuisine, chambre à coucher, etc.), à l’exception des aires de rangement et du garage, sont le lieu d’origine de 56,4 % des incendies de bâtiments résidentiels ayant entraîné des pertes matérielles.

Le lieu d’origine des incendies de bâtiments à usage résidentiel, 2012 et 2013
Code* et lieu d'origineNombre d'incendies en 2012Nombre d'incendies en 2013Pourcentage
200 : Lieu résidentiel, sauf les aires de rangement et le garage (cuisine, chambre à coucher, etc)2 1532 52156,4
700 : Espace intégrée à la structure (balcon extérieur, surface d'un mur, etc.)40254812,3
400 : Entreposage intérieur et garage (garage intérieur, remise, chambre froide, etc.)3363608,1
800 : Aire extérieure (cour, terrasse, abri d'auto, etc.)3003417,6
999 : Lieu d'origine indéterminé2971864,2
000 : Lieu de circulation (vestibule, corridor, escalier intérieur, etc.)1541533,4
300 : Lieu commercial, de service ou institutionnel, sauf les aires de rangement et d’entreposage et les stationnements (commerces à la résidence)621222,7
600 : Aire de service et salle d’équipement et de machinerie (placard de chauffe-eau, salle de distribution électrique, etc.)60932,1
900 : Autre lieu d'origine77781,7
500 : Gaines et conduits (cheminée, conduit de ventilation, canalisation, etc.)60621,4
100 : Lieu de rassemblement (espace de rassemblement, bibliothèque, etc.) 1560,1
Total3 9164  470100,0

Les pièces habitées d’une résidence (codes 200 à 299) sont le lieu d’origine de plus de la moitié des incendies de bâtiments résidentiels. Parmi celles-ci, la cuisine est le lieu où ont débuté 27,8 % des incendies déclarés en 2013. La chambre à coucher (7,8 %) et le salon, salle de séjour et salle de jeux (7,1 %) sont les autres pièces de la maison les plus susceptibles d’être le lieu d’origine de l’incendie.

Lieu résidentiel d’origine des incendies de bâtiments à usage résidentiel, 2013
Code*DescriptionNombre d'incendies Pourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant.
230Cuisine, coin cuisine 1 24427,8
210 Chambre à coucher3487,8
220Salon, salle de séjour, salle de jeux3187,1
290Autre lieu résidentiel, sauf garage et aire d'entreposage2956,6
240Salle de bains, salle d'eau1814,1
299Lieu résidentiel indéterminé992,2
235Salle à manger360,8
Total2 52156,4

5.3.4. La source de chaleur

La source de chaleur (ou d’inflammation) est l’objet (appareil, équipement, matériel ou machine) à l’origine de l’inflammation. En 2013, les appareils de cuisson sont la source de chaleur du quart (25,4 %) des incendies de bâtiments à usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles, confirmant ainsi le nombre important de feux de cuisson.

La source de chaleur pour les incendies de bâtiments d’usage résidentiel, 2013
Code*DescriptionNombrePourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
100Appareil de cuisson (élément d'un poêle, cuisinière, friteuse, micro-ondes, grille-pain, etc)1 13425,4
700Articles de fumeurs et objets à flamme nue (article pour fumeurs, cendres chaudes, chandelle)84018,8
500Équipement de distribution d’électricité (câbles et fils électriques, connecteurs, prise de courant, etc.)65714,7
999Source de chaleur indéterminée61413,7
200Appareil de chauffage (poêle à bois ou à granules, appareil de chauffage individuel fixe, etc.)50911,4
300Appareil et équipement électrique (sécheuse, lampe incandescente ampoule, etc.)4399,8
900Autre source de chaleur (réaction chimique, combustion spontanée, etc.)2295,1
800Véhicule (automobile, véhicule tout-terrain, etc.)481,1
Total4 470100,0

5.3.5. Le combustible ou l'énergie qui alimente la source de chaleur

En 2013, dans plus de 40 % des incendies de bâtiments à usage résidentiel, l’électricité est l’énergie qui alimente la source de chaleur de ces incendies.

Le combustible ou l’énergie qui alimente la source de chaleur des incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*DescriptionNombre Pourcentage
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
50Électricité (courant continu, courant alternatif, foudre)1 81540,6
11Combustible solide 1 22027,3
99Combustible ou énergie indéterminé65614,7
23Autre liquide combustible (huile et alcool à fondue)2525,6
90Autre combustible ou énergie1563,5
32Gaz propane1182,7
88Aucun combustible ou énergie1092,4
22(Carburant, essence) 721,6
21Fuel-oil (diesel, kérosène, mazout)330,7
33Autre gaz180,4
31Gaz naturel160,4
12Naphtalène40,1
60Mixte (véhicule hybride)10,0
Total4 470100,0

5.3.6. Le premier matériau enflammé

Le premier matériau enflammé est celui dont l’inflammation est à l’origine de l’incendie. Dans plus du quart (26,3 %) des incendies de bâtiments à usage résidentiel, un élément de la structure est le premier matériau enflammé.

Premier matériaux enflammé des incendies de bâtiments à usage résidentiel, 2013
Code*DescriptionNombre Pourcentage
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
100Élément de la structure (mur, plancher, plafond, toit, escalier intérieur, isolation, etc.)1 17526,3
900Autre (déchets, ordures ménagères, rebut, poussière, etc.) 82318,4
500Liquide inflammable et liquide combustible (huile végétale et gras animal, carburant, essence, etc.) 67015,0
999Premier matériau enflammé indéterminé59413,3
400Produits en bois ou en papier (boîte, papier et matériel d’emballage, fournitures de bureau, journaux, etc.)3487,8
200Meubles et ameublements (meuble rembourré, matelas, literie, table, commode, piano, rideau, etc.)3157,0
300Vêtements et textiles (fibre synthétique ou combinée, fibre naturelle, de coton ou de laine, vêtement, nappe, serviette, etc.)2716,1
700Produits chimiques, plastiques et métaux (caoutchouc naturel et synthétique, matière plastique, métal, produit chimique, etc.)1844,1
800Produits agricoles et forestiers (herbages, broussailles, feuilles, arbres et arbustes, foin, etc.)731,6
600Gaz inflammable (gaz propane, butane, gaz de pétrole liquéfié, gaz naturel, etc.)170,4
Total4 470100,0

5.3.7. La cause probable

La cause probable est l’acte ou l’événement ayant provoqué l’inflammation. À noter qu’il s’agit de la cause probable et non de la cause hors de tout doute. En 2013, l’erreur humaine (distraction, personne endormie) est la cause probable de 25,9 % des incendies de bâtiments à usage résidentiel déclarés au ministère.

Cause probable des incendies de bâtiments d’usage résidentiel, 2013
Codes*Cause probableNombrePourcentage
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
700Erreur humaine
(distraction, personne endormie, etc.)
1 15625,9
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (court-circuit électrique) 98422,0
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (huile à cuisson, graisses, combustible placé à proximité d'une source de chaleur, etc.)50711,4
999Cause indéterminée4359,7
110Dossier transmis pour enquête policière (suspect, volontaire)4089,1
600Mauvaise utilisation d'un équipement (mauvais usage d'un appareil brûlant du bois, quantité excessive de combustible, etc.)3016,7
200Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation (jouer avec des allumettes, soudage ou découpage à proximité d'un combustible) 2465,5
900 Autre (réactivation d’un incendie éteint, cause naturelle, etc.)2245,0
500 Défaut de conception, de construction ou d’installation (installation à proximité d'un combustible, défaut de construction, etc.)2094,7
Total4 470100,0

5.3.8. Les systèmes de détection et d'extinction

Un système de détection ou d’extinction d’un incendie est un avertisseur de fumée, un système d’alarme-incendie ou un système fixe d’extinction. Ces différents dispositifs, de même que leur fonctionnement, font chacun l’objet d’une analyse.

L’avertisseur de fumée

L’avertisseur de fumée est un système de détection et d’avertissement d’incendie qui émet un signal sonore pour alerter les occupants lorsqu’il y a une présence anormale de fumée dans le bâtiment. L’avertisseur émet un signal local ou est relié à un centre de télésurveillance.

Présence et fonctionnement des avertisseurs de fumée dans les incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Fonctionnement d'un avertisseur de fumée Présence d'un avertisseur de fumée avec signal local seulement Présence d'un avertisseur de fumée relié à un centre de télésurveillanceAucun avertisseur de fuméeIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11L'avertisseur de fumée a fonctionné1 530366001  89642,4
21Emplacement inapproprié30100310,7
22 Pile à plat48000481,1
23Aucune pile1021001032,3
24Prise électrique pas connectée ou hors fonction11000110,2
25Bris mécanique510060,1
26Volontairement inactif39100400,9
28N'a pas fonctionné pour une autre raison32335003588,0
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée12323001463,3
88Aucun avertisseur de fumée00756075617,0
99Fonctionnement indéterminé276707921 07524,0
Total 2 4874357567924 470100,0
Total en pourcentage55,79,716,917,7100,0

La présence d’un avertisseur de fumée, fonctionnel ou non, avec signal local seulement ou relié à un centre de télésurveillance, a été constatée dans deux incendies de bâtiments à usage résidentiel sur trois (65,4 %). Sur les 4 470 incendies de bâtiments à usage résidentiel déclarés, 1 896 incendies (42,4 %) sont survenus dans un bâtiment pourvu d’un avertisseur de fumée ayant fonctionné. Dans 3,6 % des incendies, le non-fonctionnement de l’avertisseur de fumée est dû à un problème d’alimentation électrique (pile à plat, aucune pile, prise électrique débranchée ou hors fonction).

Les statistiques confirment l’absence d’un avertisseur de fumée dans 17 % des incendies de bâtiments résidentiels, soit un incendie sur six. À ce nombre, s’ajoutent 17,7 % d’incendies de bâtiments résidentiels pour lesquels la présence ou le fonctionnement de l’avertisseur est indéterminé. Mentionnons que des bâtiments résidentiels incendiés ayant été répertoriés sans avertisseur de fumée sont possiblement des bâtiments secondaires (ex. : cabanon).

Le système d’alarme-incendie

Un système d’alarme-incendie (ou réseau avertisseur d’incendie) est un dispositif électronique pour détecter un début d’incendie dans un bâtiment. Le système d’alarme-incendie émet un signal local ou est relié à un centre de télésurveillance.

Présence et fonctionnement des systèmes d'alarme-incendie dans les incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Fonctionnement du système d'alarme incendie Présence de système d'alarme-incendie avec signal local seulement Présence de système d'alarme-incendie relié à un centre de télésurveillanceAucun système d'alarme-incendieAutre système de détectionIndéterminésNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11Le système d'alarme-incendie a fonctionné40941500082418,4
21Emplacement inapproprié3200050,1
24Prise électrique pas connectée ou hors fonction0000000,0
25Bris mécanique0300030,1
26Volontairement inactif4400080,2
28N'a pas fonctionné pour une autre raison59540201152,6
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée3827000651,4
88Aucun système d'alarme-incendie002 806002 80662,8
99Indéterminé4670059164414,4
Total5595122 80625914 470100,0
Total en pourcentage12,511,562,80,013,2100,0

Puisque l’utilisation de ce dispositif est généralement non réglementée pour la majorité des bâtiments résidentiels, l’absence d’un système d’alarme-incendie a été constatée dans 62,8 % des incendies de bâtiments à usage résidentiel survenus en 2013. Sur les 4 470 incendies déclarés, 2 806 incendies sont survenus dans un bâtiment dépourvu d’un système d’alarme-incendie. Toutefois, 18,4 % de ces incendies sont survenus dans un bâtiment où le système d’alarme en place a fonctionné. Mentionnons que des bâtiments résidentiels incendiés ayant été répertoriés sans système d’alarme-incendie sont possiblement des bâtiments secondaires (ex. : cabanon).

Le système fixe d’extinction

Un système fixe d’extinction est un dispositif généralement sensible à la chaleur conçu pour réagir à une température prédéterminée en libérant automatiquement une matière destinée à contrôler ou à éteindre le feu. Il existe quatre types de systèmes fixes d’extinction

  • Système fixe d’extinction complet (installé dans un bâtiment complet) ;
  • Système fixe d’extinction partiel (installé dans une section d’un bâtiment) ;
  • Appareil ponctuel d’extinction automatique (installé dans une partie de bâtiment comme une hotte de cuisine, une salle de serveurs informatiques)
  • Réseau de canalisation.

Puisque l’utilisation de ce dispositif est généralement non réglementée pour la majorité des bâtiments résidentiels, l’absence d’un système fixe d’extinction a été constatée dans 85,4 % des incendies de bâtiments à usage résidentiel survenus en 2013, soit 3 815 incendies. Toutefois, la présence d’un système fixe d’extinction, peu importe le type, a été notée dans 222 des 4 470 incendies déclarés, soit 5 % des incendies de bâtiments à usage résidentiel. Les gicleurs étaient présents et ont fonctionné dans 1,25 % des incendies de bâtiments résidentiels, soit 56 incendies.

Présence et fonctionnement des systèmes fixes d'extinction dans les incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Fonctionnement du système d'extinction Présence de système fixe d'extinction complet Présence de système fixe d'extinction partielAppareil ponctuel d'extinction automatiqueRéseau de canalisationAucun système fixe d'extinctionIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11Un gicleur a fonctionné2241000270,6
12Deux gicleurs a fonctionné30200050,1
13Trois gicleurs ou plus ont fonctionné10000010,0
14Le nombre de gicleurs qui ont fonctionné est indéterminé10000010,1
15Réseau ou système autre que système de gicleurs5511100220,5
21Équipement non alimenté ou alimentation insuffisante en agent d'extinction 12010040,1
23Défectuosité de l'équipement00000000,0
24Feu trop petit6822213001052,4
25Emplacement inapproprié12000030,0
28N'a pas fonctionné pour une autre raison18154200390,9
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée12010040,1
88Aucun système fixe d'extinction dans le bâtiment01003 81503 81685,4
99Indéterminé60404334439,9
Total1275310323 8154334 470
Total en pourcentage2,81,20,20,785,49,7100,0

Les municipalités ont déclaré 33 incendies de bâtiments à usage résidentiel, soit 0,7 %, dans lesquels au moins un gicleur a fonctionné. Il est important de noter que le non-fonctionnement d’un gicleur ne signifie pas nécessairement que le système était défectueux ou hors d’usage : un incendie de faible ampleur est susceptible de ne pas déclencher le système.

5.4. Les incendies de résidences pour aînés

Les statistiques sur les incendies de résidences pour aînés portent sur les événements survenus dans les maisons pour personnes retraitées autonomes (code d’usage 1543) et dans les maisons de retraite pour personnes non autonomes (code d’usage 1541), y compris les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).

5.4.1. La cause probable et les pertes estimées

La cause probable des deux tiers des incendies survenus dans les résidences pour aînés est l’erreur humaine ou la défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique.

Causes probables des incendies de résidences pour aînés, 2013
DescriptionPourcentage
Erreur humaine43,1
Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique23,5
Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation5,9
Utilisation inadéquate de matériaux enflammé13,7
Dossiers transmis pour enquête (suspect, volontaire)3,9
Autre2,0
Cause indéterminée3,9
Défaut de conception, de construction ou d’installation 2,0
Mauvaise utilisation d'un équipement2,0

Les pertes estimées dans les incendies de résidences pour aînés sont présentées par cause probable d’incendie. En 2013, les pertes en bâtiment et en contenu sont estimées à plus de 5,0 millions de dollars. Les pertes sont plus élevées lorsque la cause probable est la défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique.

Pertes matérielles estimées des incendies de résidences pour aînés, selon la cause probable, 2013
DescriptionPerte estimée au contenuPerte estimée au bâtiment
Mauvaise utilisation d'un équipement25 $0 $
Défaut de conception, de construction ou d’installation 0 $0 $
Cause indéterminée0 $500 $
Autre1 000 $2 000 $
Dossiers transmis pour enquête (suspect, volontaire)500 000 $ 1 016 500 $
Utilisation inadéquate de matériaux enflammé900 $2 100 $
Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation1 100 $5 000 $
Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique1 206 600 $2 341 000 $
Erreur humaine8 250 $10 100 $

Les pertes estimées en bâtiment et en contenu des maisons pour personnes retraitées autonomes et pour personnes retraitées non autonomes révèlent des différences notables selon la cause probable de l’incendie.

Les incendies de maisons pour personnes retraitées autonomes

L’erreur humaine est la cause probable de 47 % des incendies survenus dans les maisons pour personnes retraitées autonomes. Ces 18 incendies ont causé des pertes totales estimées à 13 850 $. La défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique est la cause probable de 21 % des incendies survenus dans les maisons pour personnes retraitées autonomes. Ces huit incendies ont toutefois causé des pertes totales estimées à 3,5 millions de dollars, soit 70 % des pertes totales estimées en 2013.

Deux dossiers d’incendies ayant causé des pertes totales estimées à 1,5 million de dollars ont été transmis à un service policier pour enquête.

Nombre d'incendies et pertes matérielles estimées dans les incendies de maisons pour personnes retraitées autonomes (1 543), selon la cause probable, 2013
Cause probableNombre d'incendiesPertes estimées en bâtiment (en dollars)Pertes estimées en contenu (en dollars)
Note : Les 38 incendies de maisons pour personnes retraitées autonomes ont endommagé 39 bâtiments.
Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.
Erreur humaine188  1005  750
Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique82 333 5001 174 100
Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation35 0001 100
Utilisation inadéquate de matériaux enflammé32 000500
Dossiers transmis pour enquête (suspect, volontaire)21 016 500500 000
Autre12 0001 000
Cause indéterminée100
Défaut de conception, de construction ou d’installation 1 00
Mauvaise utilisation d'un équipement1025
Total383 367 1001 682 475
Les incendies de maisons pour personnes retraitées non autonomes

L’erreur humaine, la défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique et l’utilisation inadéquate du matériau enflammé sont la cause probable de la majorité des 13 incendies survenus dans les maisons pour personnes retraitées non autonomes. Ces 13 incendies ont causé des pertes totales estimées à 45 500 $.

Nombre d'incendies et pertes matérielles estimées dans les incendies de maisons pour personnes retraitées non autonomes (1 541) y compris les CHSLD, selon la cause probable, 2013
Cause probableNombre d'incendiesPertes estimées en bâtiment (en dollars)Pertes estimées en contenu (en dollars)

Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.

Erreur humaine42 0002 500
Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique47 50032 500
Utilisation inadéquate de matériaux enflammé4100400
Cause indéterminée15000
Total1310 10035 400

Le lieu d’origine est l’endroit où a probablement commencé l’incendie de la résidence pour aînés. En 2013, la cuisine et le coin-cuisine (33,3 %) et la chambre à coucher (17,65 %) sont les lieux d’origine de plus de la moitié des incendies de résidences pour aînés. Tout comme pour les incendies de bâtiments à usage résidentiel, la cuisine est le lieu d’origine le plus fréquent.

5.4.2 Le lieu d'origine

Le lieu d’origine des incendies de résidences pour aînés, 2013
Code*DescriptionNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
230Cuisine, coin cuisine 1733,3
210Chambre à coucher917,65
342buanderie, lavoirs611,78
650Atelier d'entretien, de réparation et de soudure 23,92
240Salle de bains, salle d'eau 23,92
610Salle des machines (locaux de machinerie d’ascenseur, salles des moteurs, salles de pompes, logements de collecteurs, salles de réfrigération)11,96
220Salon, salle de séjour, salle de jeux11,96
390Autre lieu commercial, de service ou institutionnel, sauf garage et aire d’entreposage11,96
290Autre lieu résidentiel, sauf garage et aire d’entreposage11,96
361Bureau11,96
630Chambre de transformateurs (« chambre électrique »), incluant les locaux pour appareillage de commutation11,96
740Entretoît11,96
299Lieu résidentiel indéterminé11,96
620Local d’équipement de chauffage (chaufferies, placards de chauffe-eau, salles des chaudières)11,96
341Salle d’eau, salle de casiers (vestiaires avec casiers, salles de toilette, salles de bains, douches, saunas)11,96
235Salle à manger 11,96
335Salle à mager (mess, cantines, coins repas, cafétéria) 11,96
320Salon11,96
Total51100,00

5.4.3. Les systèmes de détection et d'extinction

Un système de détection ou d’extinction d’un incendie est un avertisseur de fumée, un système d’alarme-incendie ou un système fixe d’extinction. Ces différents dispositifs font chacun l’objet d’une analyse.

L’avertisseur de fumée

La présence d’un avertisseur de fumée, avec signal local seulement ou relié à un centre de télésurveillance, a été constatée dans 94,1 % des incendies survenus dans une résidence pour aînés. L’avertisseur de fumée a fonctionné lors de 76,5 % des incendies de résidences pour aînés.

Présence et fonctionnement des avertisseurs de fumée dans les incendies de résidences pour aînés, 2013
Code*Fonctionnement de l'avertisseur de fumée Présence d'un avertisseur de fumée avec signal local seulement Présence d'un avertisseur de fumée relié à un centre de télésurveillanceAucun avertisseur de fuméeIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage d'incendies
Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11L'avertisseur a fonctionné1029003976,5
28N'a pas fonctionné pour une autre raison020023,9
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée050059,8
88Aucun avertisseur de fumées001012,0
99Indéterminé110247,8
Total11371251100,0
Pourcentage21,672,52,03,9100,0
Le système d’alarme-incendie

La présence d’un système d’alarme-incendie, avec signal local seulement ou relié à un centre de télésurveillance, a été constatée dans 96,0 % des incendies survenus dans une résidence pour aînés, soit 49 sur 51. L’alarme-incendie a fonctionné lors de 68,6 % des incendies de résidences pour aînés.

Présence et fonctionnement des systèmes d'alarme dans les incendies de résidences pour aînés, 2013
Code*Fonctionnement du système d'alarme-incendie Présence du système d'alarme-incendie avec signal local seulement Présence du système d'alarme-incendie relié à un centre de télésurveillanceAucun du système d'alarme-incendieIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage d'incendies
Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11Le système d'alarme-incendie a fonctionné431003568,6
28N'a pas fonctionné pour une autre raison050059,8
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée0700713,7
88Aucun du système d'alarme-incendie020135,9
99Indéterminé001012,0
Total4451151100,0
Pourcentage7,888,22,02,0100,0
Le système fixe d’extinction

La présence d’un système fixe d’extinction, complet ou partiel, a été constatée dans 76,5 % des résidences pour aînés où s’est déclenché un incendie, soit lors de 39 incendies de résidences pour aînés sur 51. Un seul dispositif a fonctionné lors d’un incendie déclaré dans une résidence pour aînés. Dans 54,9 % des incendies déclarés, l’incendie était de trop faible intensité pour déclencher le système fixe d’extinction.

Présence et fonctionnement des systèmes fixes d'extinction dans les incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Fonctionnement du système d'extinction Présence d'un système fixe d'extinction complet Présence d'un système fixe d'extinction partielAppareil ponctuel d'extinction automatiqueRéseau de canalisationAucun système fixe d'extinctionIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage d'incendies
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
12Deux gicleurs a fonctionné00100012,0
21Équipement non alimenté ou alimentation insuffisante en agent d'extinction 11000023,9
24Feu trop petit25201002854,9
28N'a pas fonctionné pour une autre raison421000713,7
88Aucun système fixe d'extinction dans le bâtiment00001001019,6
99Indéterminé10000235,9
Total3152110251100,0
Total en pourcentage60,89,83,92,019,63,9100,0

5.4.4. Les victimes d'incendies déclarés de résidences pour aînés

Les décès

Entre 2010 et 2013, cinq personnes sont décédées dans des incendies de résidences pour aînés. Les données de 2013 sont partielles et elles ont été extraites des rapports d’investigation transmis au ministère de la Sécurité publique par le Bureau du coroner. En 2012, selon les rapports d’investigation du Bureau du coroner, 25 personnes sont décédées lors d’incendies de bâtiments et une seule d’entre elles lors d’un incendie survenu dans une résidence pour aînés.

Décès dans des incendies de résidences pour aînés, 2010  à 2013
AnnéeÂgeSexeCause du décèsFaits
Source : Rapports d’investigation du coroner, Bureau du coroner, septembre 2014.
201092FBrûlures corporellesLa victime s’allumait une cigarette avec une allumette, dans la cuisine. Ses vêtements, hautement inflammables, ont pris feu en quelques secondes.
201181MBrûlures corporellesLa victime et son fauteuil roulant ont pris feu lorsqu’elle a échappé sa cigarette sur ses jambes. La personne était dans le fumoir.
201257FBrûlures corporellesLa victime était une fumeuse compulsive. Elle a été retrouvée seule dans la salle commune avec un briquet à proximité.
201388MBrûlures corporellesLa victime a été retrouvée dans sa chambre, près de son lit. Malgré l’interdiction, elle fumait occasionnellement dans sa chambre. Un briquet a été retrouvé sur la table de chevet. Des traces d’acétone ont été décelées sur ses vêtements.
201367FBrûlures corporellesLa victime a renversé accidentellement une chandelle. Elle était seule dans le salon de son appartement.

Entre 2010 et 2013, cinq incendies se sont avérés mortels parmi les 151 incendies de résidences pour aînés déclarés. Les cinq victimes d’incendies de résidences pour aînés sont décédées dans un établissement hospitalier. Une seule des cinq victimes est décédée le jour même de l’incendie, les autres sont décédées dans les 72 heures suivant l’incendie. En raison de leur faible pronostic de survie, toutes les victimes ont reçu uniquement des soins de confort.

La chambre à coucher, le fumoir ou la salle commune sont les lieux d’origine de la majorité des incendies de résidences pour aînés où un décès est à déplorer. Les articles de fumeurs sont la source de chaleur de quatre incendies mortels sur cinq. À quatre occasions, les gicleurs se sont déclenchés en raison de la chaleur dégagée par la victime.

Les blessés

Depuis 2010, 13 personnes ont été blessées lors d’un incendie de résidence pour aînés et près de la moitié d’entre elles n’avaient pas atteint l’âge de 65 ans. En 2013, quatre personnes ont été blessées lors d’un incendie de résidence pour aînés : deux hommes âgés de 18 à 64 ans et deux femmes âgées de 65 ans ou plus. Depuis 2010, une moyenne de trois personnes sont blessées annuellement lors d’un incendie de résidences pour aînés. Durant la même période, aucun blessé n’est à déplorer parmi les moins de 18 ans et les pompiers.

Blessés dans des incendies de résidences pour aînés, 2010  à 2013
AnnéeMasculin
18 à 64 ans
Féminin
18 à 64 ans
Masculin
65 ans et plus
Féminin
65 ans et plus
Total
201021003
201110102
201200224
201320024
Total513413

5.5. Les incendies de bâtiments à usage industriel

En 2013, les municipalités ont déclaré 350 incendies de bâtiments à usage industriel, soit 5,8 % des incendies de bâtiments. Les incendies de bâtiments à usage industriel ont causé des dommages estimés à près de 34 millions de dollars, soit 8,5 % des pertes matérielles estimées pour tous les incendies de bâtiments.

Nombre d'incendies dans les bâtiments à usage industriel selon l'étendue des dommages, 2013
Code*Étendue des dommagesIncendies
nombre
Incendies
pourcentage
Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.
21Limités à l'objet d'origine13839,4
23Limités à la pièce d'origine8724,9
26Limités au bâtiment d'origine7020,0
24Limités à l'étage d'origine246,9
25Limités au toit du bâtiment d'origine236,5
12Étendus à un ou des bâtiments61,7
27Étendus au-delà du bâtiment d'origine20,6
Total350100,0

Pertes matérielles estimées dans les incendies de bâtiments à usage industriel selon l'étendue des dommages, 2013
Code*Étendue des dommagesPertes estimées en bâtiment
(en dollars)
Pertes estimées en contenu
(en dollars)
Pertes estimées totales
(en dollars)
Pourcentage
Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant du nombre d’incendies.
21Limités à l'objet d'origine202 401529 900732 474 2,1
23Limités à la pièce d'origine369 1001 369 9001 739 111 5,1
26Limités au bâtiment d'origine10 573 589 18 069 898 28 643 576 84,6
24Limités à l'étage d'origine394 001943 1001 337 132 4,0
25Limités au toit du bâtiment d'origine280  70047 500328 2301,0
12Étendus à un ou des bâtiments69  00026 00095 0060,3
27Étendus au-delà du bâtiment d'origine600 000385 000985 003 2,9
Total12 488 791 21 371 298 33 860 532 100,0

Les pertes estimées en contenu (plus de 21,3 millions de dollars) sont nettement supérieures aux pertes estimées en bâtiments (plus de 12,4 millions de dollars), soit de 1,7 fois la valeur des pertes en bâtiment. À titre comparatif, dans les incendies de bâtiments à usage résidentiel, la valeur des pertes en contenu est estimée à environ 50 % de la valeur des pertes en bâtiment. Les incendies de bâtiments à usage industriel constituent 5,8 % des incendies de bâtiments avec pertes, alors que les pertes estimées dans les bâtiments à usage industriel représentent 8,5 % des pertes estimées dans les incendies de bâtiments.

Lorsqu’il est limité à l’objet d’origine, l’incendie d’un bâtiment à usage industriel entraîne en moyenne 5 308 $ de pertes matérielles, alors que celui limité au bâtiment d’origine entraîne en moyenne 409 194 $ de pertes matérielles, soit des pertes 77 fois plus élevées. Heureusement, 64,3 % des incendies de bâtiments à usage industriel sont limités, soit à l’objet soit à la pièce d’origine, ce qui diminue l’incidence de l’incendie sur la productivité ou le délai de reprise des activités de l’entreprise industrielle.

5.5.1. La répartition des incendies

Les 350 incendies déclarés en 2013 ont causé des dommages à 352 bâtiments à usage industriel, en raison de la propagation qui s’est produite au cours d’un ou de plusieurs incendies. Les entreprises liées à l’industrie du bois, à l’industrie des aliments et boissons et à l’industrie de produits métalliques sont les plus touchées par les incendies.

Bâtiments à usage industriel endommagés lors d'incendies, selon le type d'industrie, 2013
Code*Type d'industrieNombre de bâtimentsPourcentage
Annexe 2C.1 Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec 2012.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant.
27Industrie du bois (bardeaux, scierie et atelier de rabotage, placage en bois, contreplaqué en bois, etc.)8825,0
20Industrie d’aliments et de boissons (abattage et conditionnement de la viande, équarrissage, préparation et conditionnement de poissons et de fruits de mer, industrie du lait de consommation, etc.)3911,1
32Industrie de produits métalliques (sauf les industries de la machinerie et du matériel de transport) (bâtiments préfabriqués en métal, fabrication d’éléments de charpentes métalliques, portes et fenêtres en métal, etc.)3710,5
29Industrie du papier et de produits du papier (pâte, papier journal et papier d’impression, contenants en carton, sacs en papier, etc.)349,7
39Autres industries manufacturières (fabrication de supports d’enregistrement, de la reproduction du son et des instruments de musique, etc.)339,4
22Industrie de produits en caoutchouc et en plastique (pneus et chambres à air, tuyaux et raccords, contenants en plastique, etc.)195,4
31Industrie de première transformation de métaux (ferro-alliages, fonderie d’acier et de fer, laminage de l’aluminium, etc.)164,5
30Imprimerie, édition et industries connexes (impression de formulaires commerciaux, de journaux, de publications et de catalogues, etc.)154,3
36Industrie de produits minéraux non métalliques (ciment, produits en verre, en pierre, tuyaux, briques et blocs en béton, béton préparé, etc.)133,7
38Industrie chimique (engrais chimiques et composés, résines synthétiques et de caoutchouc synthétique, peinture, teinture et vernis, etc.)113,1
33Industrie de la machinerie (sauf électrique) (machinerie et matériel pour la construction et matériel d’entretien, etc.)102,8
24Industrie textile (filés et tissus tissés (coton), de filament, de fibres synthétiques, grosse toile ou de substitut de la toile, etc.)92,5
34Industrie du matériel de transport (aéronefs, véhicules et pièces automobiles, semi-remorques et remorques à usage commercial, etc.)92,5
28Industrie du meuble et d’articles d’ameublement (meuble résidentiel rembourré, en bois, meuble de bureau, articles d’ameublement, etc.)61,7
26Industrie vestimentaire (accessoires vestimentaires et autres vêtements)51,4
23Industrie du cuir et de produits connexes (tannerie, accessoires pour bottes et chaussures)30,9
35Industrie de produits électriques, électroniques et de production privée d’électricité (petits appareils électroménagers, pièces et composantes électroniques, etc.)30,9
37Industrie de produits du pétrole et du charbon (produits pétroliers raffinés, sauf les huiles de graissage et les graisses lubrifiantes, etc.)20,6
21Industrie du tabac00,0
25Incubateur industriel00,0
Total352100

5.5.2. La survenance des incendies

La survenance des incendies de bâtiments industriels est différente de celle observée pour l’ensemble des incendies de bâtiments. En effet, les incendies de bâtiments industriels surviennent surtout entre 10 h et 15 h, et le mercredi est le jour de la semaine où les incendies de bâtiments industriels sont plus fréquents. De plus, le nombre d’incendies déclarés est plus élevé durant le mois de janvier.

Les heures
 Incendies de bâtiments à usage industriel déclarés par période de la journée, 2013
Période de la journéeNombrePourcentage
0 h à 4 h 594914,0
5 h à 9 h 596618,9
10 h à 14 h 5910730,5
15 h à 19 h 597822,3
20 h à 23 h 595014,3
Total350100,0
Les jours
Incendies de bâtiments à usage industriel déclarés par jour de la semaine, 2013
Jour de la semaineNombrePourcentage
Lundi5816,5
Mardi4512,9
Mercredi7120,3
Jeudi6017,1
Vendredi5214,9
Samedi3118,9
Dimanche339,4
Total350100

Plus du tiers des incendies de bâtiments industriels surviennent le mercredi et le jeudi, et sont moins fréquents la fin de semaine. En 2013, le mercredi est la journée où surviennent 20,3 % des incendies industriels ayant entraîné des pertes matérielles, soit un incendie sur cinq.

Les mois

Janvier est le mois où sont survenus le plus d’incendies et septembre, celui où il y en a eu le moins. En janvier 2013, il est survenu 1,4 incendie de bâtiments à usage industriel par jour, alors qu’en septembre, il y en a eu 0,6.

Incendies de bâtiments à usage industriel déclarés par mois de l’année, 2013
MoisNombre Pourcentage
Janvier4312,3
Février267,5
Mars329,1
Avril329,1
Mai3510,0
Juin205,7
Juillet267,4
Août298,3
Septembre174,9
Octobre257,1
Novembre308,6
Décembre3510,0
Total350100
Nombre d'incendies de bâtiments à usage industriel par jour, selon le mois de l'année, 2013
MoisNombre
Janvier1,4
Février0,9
Mars1,0
Avril1,1
Mai1,1
Juin0,7
Juillet0,8
Août0,9
Septembre0,6
Octobre0,8
Novembre1,0
Décembre1,1

5.5.3. Le lieu d'origine

Le lieu d’origine est l’endroit où a probablement commencé l’incendie. En 2013, plus de un incendie de bâtiment industriel sur quatre est survenu dans une aire de service ou une salle d’équipement et de machinerie.

Lieu d’origine des incendies de bâtiments à usage industriel, 2013
Code*DescriptionNombre d'incendies Pourcentage
Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
Note : Les résultats sont présentés par ordre décroissant.
600Aire de service et salle d’équipement et de machinerie (salle des machines, atelier d’entretien, de réparation et de soudure, local d’équipement de chauffage etc.)8925,5
300Lieu commercial, de service ou institutionnel (bureau, salle à manger, salle d’eau, salle de casiers, etc.)7621,7
400Entreposage intérieur et garage (aire d’entreposage, aire réservée aux déchets, garage intérieur, aire de réception et d’expédition, etc.)5014,3
700Espace intégré à la structure (intérieur d’un mur intérieur ou extérieur, face extérieure du toit, vide technique, etc.)4914,0
500Gaines et conduits (cheminée, conduit de carneau, tuyau d’évacuation des gaz, gaine de monte-charge et de convoyeur, etc.)4011,4
900Autre lieu d’origine144,0
800Aire extérieure (stationnement, aire extérieure réservée aux déchets, aux ordures, à l’entreposage de bois, fosse à purin, etc.)113,1
000Lieu de circulation (vestibule, corridor, passage, hall d’entrée, entrée, escalier et rampe intérieure, etc.)92,6
999Lieu d’origine indéterminé82,3
200Lieu résidentiel, sauf les aires de rangement et le garage (cuisine, coin-cuisine, chambre à coucher, salle de bains, salle d’eau)41,1
Total350100,0

5.5.4. La source de chaleur

La source de chaleur (ou d’inflammation) est l’objet (appareil, équipement, matériel ou machine) à l’origine de l’inflammation. En 2013, les sources de chaleur à l’origine d’un incendie de bâtiments à usage industriel sur trois se trouvent dans la catégorie « Autre source de chaleur ». Cette catégorie regroupe notamment la réaction chimique et la combustion spontanée, la machinerie et l’équipement utilisés pour le sciage, le rabotage, le meulage, le façonnage, le perçage, le piquage, le cardage, l’effilochage, le tissage, l’impression et la photographie.

Source de chaleur pour les incendies de bâtiments d’usage industriel, 2013
Code*Source de chaleurNombrePourcentage
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
900Autre source de chaleur (réaction chimique, combustion spontanée, machinerie et équipement utilisés pour le sciage, le rabotage, le meulage, le façonnage, le perçage, le piquage, le cardage, l’effilochage, le tissage, l’impression et la photographie, etc.)11633,1
700Articles de fumeurs et objets à flamme nue (cendres chaudes, braises, tisons, étincelles, chalumeau, cigarette, pipe, cigare, etc.)6618,9
300Appareil et équipement électrique (Moteur de 1 HP et plus, etc.)5716,3
999Source de chaleur indéterminée4111,7
500Équipement de distribution d’électricité (câbles et fils électriques permanents, tableau de commutation, transformateur, etc.)349,7
200Appareil de chauffage (appareil de chauffage individuel fixe ou portatif, etc.)257,1
100Appareil de cuisson (four du poêle ou de la cuisinière, friteuse, grille-pain, gaufrier, grille-pain four, etc.)72,0
800Véhicule (automobile, camion, etc.)41,1
Total350100,0

5.5.5. Le combustible ou l'énergie qui alimente la source de chaleur

Dans 62 % des incendies de bâtiments à usage industriel, le combustible solide et l’électricité alimentent la source de chaleur.

Le combustible ou l’énergie qui alimente la source de chaleur des incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Combustible ou énergieNombre d'incendies Pourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
11Combustible solide (charbon,bois, granules, papier)11432,5
50Électricité (courant continu, courant alternatif, foudre) 10329,4
99Combustible ou énergie indéterminé4212,0
90Autre combustible ou énergie246,9
31Gaz naturel174,9
33Autre gaz164,5
21Fuel-oil (diesel, kérosène, mazout)102,9
88Aucun combustible ou énergie82,3
23Autre liquide combustible (huile et alcool à fondue)72,0
32Gaz propane51,4
22Carburant (essence)30,9
12Naphtalène10,3
Total350100,0

5.5.6. Le premier matériau enflammé

Le premier matériau enflammé est celui dont l’inflammation est à l’origine de l’incendie. Dans 26,3 % des incendies de bâtiments à usage industriel, les produits et sous-produits en bois ou en papier sont les premiers matériaux enflammés.

Premier matériau enflammé des incendies de bâtiments d'usage résidentiel, 2013
Code*Premier matériau enflamméNombre d'incendies Pourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
400Produits en bois ou en papier, sous-produits du bois (copeaux, sciure, papier et matériel d’emballage, fournitures de bureau, dossier, livre, magazine, journal, papier à lettres, etc.)9226,3
100Élément de la structure (mur, plancher, plafond, toit, escalier intérieur, isolation en matière minérale, etc.)8123,1
900Autre (déchets, ordures ménagères, rebut, poussière, filage électrique, isolation électrique des appareils électriques, fusible, etc.)6117,4
700Produits chimiques, plastiques et métaux (caoutchouc naturel et synthétique, matière plastique, métal, produit chimique, etc.)3610,3
999Premier matériau enflammé indéterminé298,3
500Liquide inflammable et liquide combustible (huile végétale, beurre, saindoux, graisse de cuisson, carburant, essence, goudron, etc.)226,3
300Vêtements et textiles (fibre de coton, synthétique ou combinée, de laine, etc.)123,4
800Produits agricoles et forestiers (fibre, grain, farine, amidon, poudre dérivée, fumier, etc.)102,9
600Gaz inflammable (acétylène, gaz naturel, gaz propane, butane, gaz de pétrole liquéfié, etc.)61,7
200Meubles et ameublements (meuble en matières plastiques)10,3
Total350100,0

5.5.7. La cause probable

La cause probable est l’acte ou l’événement ayant provoqué l’inflammation. À noter qu’il s’agit de la cause probable et non de la cause hors de tout doute. En 2013, la défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique est la cause probable de 35,4 % des incendies de bâtiments à usage industriel déclarés au ministère. Il y a lieu d’envisager la prédominance de la défaillance ou défectuosité mécanique comme cause probable d’un incendie industriel : le lieu d’origine de 16,8 % des incendies est le local de fabrication et de transformation et la source de chaleur de ces incendies est la machinerie (11,7 %) ou l’équipement (6,6 %).

Les causes probables des incendies de bâtiments d’usage résidentiels, 2013
Codes*Cause probableNombre d'incendiesPourcentage
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Note : Les résultats sont présentés en ordre décroissant.
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (défaillance ou bris d’une pièce mécanique, fuite dans une pièce, court-circuit électrique, etc.)12435,4
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (mauvais entretien lié au premier matériau enflammé, combustible placé à proximité d’une source de chaleur, entreposage inadéquat, etc.)349,7
200Utilisation inadéquate d’une source d’inflammation (soudage ou découpage à proximité d’un combustible, dégel de tuyau, fil chauffant, etc.)349,7
900Autre (réactivation d’un incendie éteint ou couvant, etc.)339,4
600Mauvaise utilisation d’un équipement (capacité maximale d’une installation outrepassée, quantité excessive de combustible, etc.)298,3
999Cause indéterminée288,0
700 Erreur humaine (distraction, personne endormie, etc.)257,1
500 Défaut de conception, de construction ou d’installation (défaut de conception, installation à proximité d’un combustible, etc.)246,9
110Dossier transmis pour enquête (suspect, volontaire)195,5
Total350100,0

5.5.8. Les systèmes de détection et d'extinction

Un système de détection ou d’extinction d’un incendie est un avertisseur de fumée, un système d’alarme-incendie ou un système fixe d’extinction. Ces différents dispositifs font chacun l’objet d’une analyse.

L’avertisseur de fumée

L’avertisseur de fumée est un système de détection et d’avertissement d’incendie qui émet un signal sonore pour alerter les occupants lorsqu’il y a une présence anormale de fumée dans le bâtiment. L’avertisseur émet un signal local ou est relié à un centre de télésurveillance.

Présence et fonctionnement des avertisseurs de fumée dans les incendies de bâtiments à usage industriel, 2013
Code*Fonctionnement de l'avertisseur de fumée Présence d'un avertisseur de fumée avec signal local seulement Présence d'un avertisseur de fumée relié à un centre de télésurveillanceAucun avertisseur de fuméeIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11L'avertisseur de fumée a fonctionné28730010128,9
21Emplacement inapproprié520072,0
25Bris mécanique010010,3
26Volontairement inactif010010,3
28N'a pas fonctionné pour une autre raison5900144,0
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée2900113,1
88Aucun avertisseur de fumée00137013739,1
99Fonctionnement indéterminé10120567822,3
Total5010713756350100,0
Total en pourcentage14,330,639,116,0100,0

La présence d’un avertisseur de fumée, fonctionnel ou non, avec signal local seulement ou relié à un centre de télésurveillance, a été constatée dans 45 % des incendies de bâtiments à usage industriel. Sur les 350 incendies de bâtiments industriels déclarés, 101 incendies (28,9 %) sont survenus dans un bâtiment pourvu d’un avertisseur de fumée ayant fonctionné.

Les statistiques confirment l’absence d’un avertisseur de fumée dans près de 40 % des incendies de bâtiments industriels, soit deux incendies sur cinq. À ce nombre s’ajoutent 16 % d’incendies de bâtiments industriels pour lesquels la présence ou le fonctionnement de l’avertisseur est indéterminé.

Le système d’alarme-incendie

Un système d’alarme-incendie (ou réseau avertisseur d’incendie) est un dispositif électronique pour détecter un début d’incendie dans un bâtiment. Le système d’alarme-incendie émet un signal local seulement ou est relié à un centre de télésurveillance.

Présence et fonctionnement des systèmes d'alarme-incendie dans les incendies de bâtiments à usage industriel
Code*Fonctionnement du système d'alarme-incendie Présence de système d'alarme-incendie avec signal local seulement Présence de système d'alarme-incendie relié à un centre de télésurveillanceAucun système d'alarme-incendieAutre système de détectionIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.

11Le système d'alarme-incendie a fonctionné4112302016647,4
21Emplacement inapproprié2000020,6
26Volontairement inactif2000020,6
28N'a pas fonctionné pour une autre raison722000298,3
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée39000123,4
88Aucun système d'alarme-incendie0074007421,1
99Indéterminé61301456518,6
Total6116774345350100,0
Total en pourcentage17,447,721,10,912,9100,0

La présence d’un système d’alarme-incendie a été constatée dans 65,1 % des incendies de bâtiments à usage industriel survenus en 2013, soit deux incendies sur trois. Ce système a fonctionné dans près de la moitié des incendies de bâtiments à usage industriel. Sur les 350 incendies déclarés, seulement 74 sont survenus dans un bâtiment dépourvu d’un système d’alarme-incendie.

Le système fixe d’extinction

Un système fixe d’extinction est un dispositif généralement sensible à la chaleur conçu pour réagir à une température prédéterminée en libérant automatiquement une matière destinée à contrôler ou à éteindre le feu. Il existe quatre types de systèmes fixes d’extinction :

  • Système fixe d’extinction complet (installé dans un bâtiment complet);
  • Système fixe d’extinction partiel (installé dans une section d’un bâtiment);
  • Appareil ponctuel d’extinction automatique (installé dans une partie de bâtiment, comme une hotte de cuisine, une salle de serveurs informatiques);
  • Réseau de canalisation.
Présence et fonctionnement des systèmes fixes d'extinction dans les incendies de bâtiments à usage industriel, 2013
Code*Fonctionnement du système d'extinction Présence de système fixe d'extinction complet Présence de système fixe d'extinction partielAppareil ponctuel d'extinction automatiqueRéseau de canalisationAucun système fixe d'extinctionIndéterminéNombre d'incendiesPourcentage
*Guide pour la déclaration des incendies, Liste des codes.
11Un gicleur a fonctionné2632000318,9
12Deux gicleurs a fonctionné61100082,3
13Trois gicleurs ou plus ont fonctionné1140000154,3
14Le nombre de gicleurs qui ont fonctionné est indéterminé52010082,3
15Réseau ou système autre que système de gicleurs630100102,9
21Équipement non alimenté ou alimentation insuffisante en agent d'extinction 21200051,4
24Feu trop petit72901008223,4
25Emplacement inapproprié41000051,4
28N'a pas fonctionné pour une autre raison1730000205,7
29N'a pas fonctionné pour une raison indéterminée21000030,8
88Aucun système fixe d'extinction dans le bâtiment0000121012134,6
99Indéterminé710344212,0
Total158295312134350100,0
Total en pourcentage45,18,31,40,934,69,7100,0

La présence d’un système fixe d’extinction, peu importe le type, a été constatée dans 195 des 350 incendies déclarés, soit 55,7 % des incendies de bâtiments à usage industriel survenus en 2013. Les gicleurs étaient présents et ont fonctionné dans 18,4 % des cas, soit 62 incendies.

En 2013, sur les 350 incendies de bâtiments industriels déclarés par les municipalités, 195 sont survenus dans des bâtiments munis d’un système fixe d’extinction et 157 dans des bâtiments munis d’un avertisseur de fumée.

Les comparaisons interprovinciales pour les incendies survenus en 2012

Au moment de produire ce rapport statistique, les plus récentes données accessibles pour établir les comparaisons interprovinciales étaient celles de l’année 2012. Ces comparaisons servent d’éléments d’étalonnage pour mesurer la performance du Québec selon certains indicateurs : le nombre d’incendies par 1 000 habitants, le nombre de décès par 100 000 habitants, et les pertes matérielles estimées par habitant.

Comparativement aux résultats de l’année 2011, les indicateurs confirment que le Québec a amélioré sa performance en incendie : le nombre d’incendies et de décès ont diminué et les pertes matérielles se sont maintenues. D’ores et déjà, il est possible d’anticiper des résultats moins performants pour le Québec en 2013 eu égard aux événements de Lac-Mégantic.

Les provinces choisies pour l’étalonnage du Québec sont

  • l’Ontario : province qui, avec le Québec, forme la région « Centre du Canada » ;
  • l’Alberta : province dont le PIB par habitant est le plus élevé des provinces canadiennes1;
  • le Nouveau-Brunswick, province dont le taux de croissance des investissements se rapproche de celui du Québec2.

1. Institut de la statistique du Québec. Comparaisons interprovinciales, Tableau statistique canadien, 11 juillet 2014.
2. Idem.

Les quatre provinces utilisent leur propre système de déclaration des incendies. La prudence est donc de mise dans l’examen et l’utilisation des données présentées, puisque les exigences en matière de déclaration d’un incendie peuvent varier d’une province à l’autre.

Comparaisons interprovinciales5 pour l'année 2012 avec l'Ontario, l'Alberta et le Nouveau-Brunswick
ProvinceIncendies toutes catégories par 1 000 habitantsDécès reliés aux incendies de bâtiments par 100 000 habitants Pertes matérielles relatives aux incendies de bâtiments par habitant, en dollars ($)


1 Banque de données du MSP (septembre 2014)
2 Sommaire des incendies en Ontario (octobre 2014), publié par le Bureau du commissaire des incendies, ministère de la Sécurité communautaire et des services correctionnels, Ontario
3 Bureau du Fire Commissioner - Public Safety Division, Alberta Municipal Affairs (correspondance de mai 2013)
4 Rapport annuel 2012-2013 – Ministère de la Sécurité publique, Nouveau-Brunswick.
5 Statistique Canada : Population par année, par province et territoire (octobre 2014).

Québec12,30,3157,88 $
Ontario21,80,4740,53 $
Alberta31,40,49117,27 $
Nouveau-Brunswick45,40,9227,27 $

5.6.1. Le nombre d'incendies par 1 000 habitants

La comparaison interprovinciale du nombre d’incendies toutes catégories par 1 000 habitants, 2010 à 2012
Province201020112012
Québec2,82,72,3
Ontario1,81,61,8
Alberta1,21,81,4
Nouveau-Brunswick6,04,85,4

5.6.2. Le nombre de décès par 100 000 habitants

La comparaison interprovinciale du nombre de décès par 100 000 habitants liés aux incendies de bâtiments, 2010 et 2012
Province2010 2011 2012
Québec0,520,430,31
Ontario0,570,430,31
Alberta0,560,660,49
Nouveau-Brunswick1,331,190,92

5.6.3. Les pertes matérielles estimées par habitant

Pertes matérielles, liés aux incendies de bâtiments, par habitant, 2010 À 2012 (en dollars)
Province2010 2011 2012
Québec545758
Ontario394341
Alberta106192117
Nouveau-Brunswick402427

Conclusion

Le recueil de statistiques annuelles sur les incendies déclarés est l’outil privilégié pour orienter la prise de décision des administrations compétentes en matière d’incendie. Il s’agit d’un outil d’aide à la planification des interventions et un guide judicieux pour établir le choix des activités de sensibilisation et de prévention auprès de la population.

Pour une troisième année consécutive, le bilan statistique révèle une diminution du nombre d’incendies déclarés au ministère et une diminution du taux d’incendies par 1 000 habitants. Les efforts consentis par les municipalités dans l’élaboration et la mise en oeuvre du schéma de couverture de risques en incendie contribuent à ce résultat. L’efficacité des interventions des services de sécurité incendie est également une conséquence de la mise en oeuvre du schéma : les statistiques confirment la prédominance des incendies dont les dommages sont limités au bâtiment d’origine.

La sensibilisation à des pratiques sécuritaires à adopter dans une cuisine pourrait contribuer à diminuer la statistique selon laquelle la cuisine est le lieu d’origine de plus de 28 % des incendies de bâtiments survenus dans des logements résidentiels. En 2013, les incendies déclarés sont surtout survenus entre 10 h et 20 h, sans égard au jour de la semaine. Ces données mettent également en relief le niveau élevé de probabilité que le pompier sur appel (pompier à temps partiel ou pompier volontaire) doive quitter abruptement son lieu de travail pour rejoindre l’équipe appelée à intervenir. Comme les statistiques 2013 révèlent une augmentation du nombre d’accidents de travail et de maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l’incendie, l’importance à accorder à la formation des pompiers, notamment pour éviter les risques de blessures, prend tout son sens.

Entre 2010 et 2012, la baisse du nombre d’incendies de bâtiments s’accompagnait d’une diminution des pertes matérielles par personne. En 2013, l’augmentation des pertes matérielles est en partie attribuable à la catastrophe de Lac-Mégantic. Le nombre annuel de décès augmentera également lorsque seront comptabilisées les victimes de cette catastrophe. D’ici là, les statistiques indiquent encore une diminution du nombre annuel de décès dus à un incendie, à l’exception des 65 ans et plus qui affichent le plus haut taux de mortalité. Des campagnes de sensibilisation spécifiques aux comportements particuliers des aînés, dans leur logement ou dans une résidence supervisée, pourraient contribuer à infléchir ce taux. Les conclusions de l’enquête sur l’incendie survenu à L’Isle-Verte en janvier 2014 apporteront également des pistes pour éviter que pareil drame se reproduise.

Finalement, les statistiques de 2013 ont accordé une attention particulière aux incendies ayant touché des bâtiments industriels. Pour l’entrepreneur, l’enjeu consiste en la reprise rapide de ses activités de production. Pour la municipalité, cet enjeu se concrétise parfois par une délocalisation de l’entreprise au profit d’une autre municipalité, surtout lorsque les pertes matérielles sont considérables. Les données cumulées par le ministère ne permettent pas de documenter cette question.

Toutefois, les statistiques de 2013 démontrent la vulnérabilité des entreprises liées à l’industrie du bois, les plus affectées par un incendie en 2013. De plus, l’incendie industriel survient surtout entre 10 h et 15 h, le mercredi, et durant les mois de décembre, janvier et mai.

Malgré le risque d’incendie, les statistiques révèlent que les incendies industriels ont eu lieu dans un bâtiment dépourvu d’un avertisseur de fumée (39 %) ou d’un système fixe d’extinction (35 %). Par contre, seulement un incendie sur cinq est survenu dans un bâtiment industriel dépourvu d’un système d’alarme.

Il y aurait peut-être lieu d’explorer davantage ces résultats afin de documenter les raisons expliquant ces prédominances. Trouver les axes de prévention à privilégier pour y faire face contribuera à améliorer encore davantage la performance du Québec en matière de protection contre les incendies.

Annexe

Tableau récapitulatif

L’annexe des coûts de services municipaux en sécurité incendie au Québec en 2012, par strate de population, présente les données des municipalités locales régies par le Code municipal du Québec (RLRQ, chapitre C-27.1) ou la Loi sur les cités et villes (RLRQ, chapitre C-19). Les villages cris, naskapis, nordiques et le Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James sont exclus de la compilation.

Le tableau récapitulatif illustre les données regroupées de l’ensemble des municipalités, par strate de population. Les données compilées ont été extraites en septembre 2014 de la section « Finances, indicateurs de gestion et fiscalité » du site Web du MAMOT.

Coûts des services municipaux en sécurité incendie pour les municipalités locales québécoises, par strate de population, 2012
Strate de populationNombre de municipalités Population moyenne Richesse foncière uniformisée
(RFU) moyenne
Coûts des services municipaux en sécurité incendie
dollars
moyens
Coûts des services municipaux en sécurité incendie/100 000
(RFU) dollars moyen
Charges totales en dollars
moyenne
Coûts des services municipaux en sécurité incendie/charges totales en pourcentage
moyenne
Coûts des services municipaux en sécurité incendie/habitants  en dollars
moyen
Effectifs personne-année
moyens
Coûts des effectifs moyens
Source : Données provenant de la section « Finances, indicateurs de gestion et fiscalité » du site Web du MAMOT, septembre 2014
Municipalités de 0 à 1 499 habitants61872876 108 723 68 622114,681 278 114 5,5897,62611 382
Municipalités de 1 500 à 4 999 habitants2972 586262 610 891 185 73578,724 011 7595,1673,011252 661
Municipalités de 5 000 à 9 999 habitants806 841718 740 623 484 248 73,6911 227 4044,5871,2416179 214
Municipalités de 10 000 à 24 999 habitants5315 2261 740 063 826 1 520 081 78,8930 581 1974,4990,7415393 237
Municipalités de 25 000 à 49 999 habitants2634 7663 434 765 102  3 037 038 88,1964 423 3204,5787,64251 191 784
Municipalités de 50 000 à 99 999 habitants969 0736 666 842 544 5 344 855 81,51105 209 4935,1578,57351 992 998
Municipalités de 100 000 à 199 999 habitants5136 68511 819 404 614 12 690 116105,51277 318 736 4,5790,76958 013 405
Municipalités de 200 000 à 524 999 habitants4359 13637 365 570 207 41 498 290 117,31825 248 7155,20118,7230030 651 835
Montréal11 735 450 199 370 861 718346 929 000174,015 790 859 0005,99199,912 392308 610 000
Le Québec7 953 363831 976 897 340  920 660 865 110,6617 613 411 641 5,23115,7614 446579 875 606

Dernière mise à jour : 06 janvier 2016