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Ministère de la Sécurité publique

La sécurité incendie au Québec

Rapport d'activité et statistiques sur les incendies déclarés en 2012

Introduction

L’année 2012 a été riche en activités liées au domaine de l’incendie. Pour faire le point sur le virage amorcé en 1999 qui a conduit en 2001 à l’adoption de la Loi sur la sécurité incendie (RLRQ, chapitre S-3.4), le ministère de la Sécurité publique (MSP) a tenu, en juin 2012, le Forum sur la sécurité incendie. Les participants, dont les partenaires du milieu municipal, ont formulé plusieurs constats et ont défini des pistes de solution afin de poursuivre le travail. En ce qui concerne les statistiques, ils ont exprimé, à l’unanimité, le souhait d’avoir des statistiques se rapportant aux autres services de secours tels que la recherche et le sauvetage nautique, en hauteur, en espace clos ou en milieu isolé, la désincarcération ainsi que l’assistance aux ambulanciers et le secours dans des sentiers hors route et d’y inclure les activités de sécurité civile.

En 2012, le MSP a livré à tous ses partenaires les statistiques démontrant les répercussions positives des schémas de couverture de risques en incendie. Le ministère dépose de nouveau cette année des statistiques en incendie et il aborde pour la première fois les activités de sauvetage et de secours autres que l’incendie.

Cette année, ce document propose, à l’intention des autorités locales et régionales et des représentants des services de sécurité incendie (SSI), un outil d’aide à la décision qui leur permettra de comparer leur performance avec leurs pairs, d’évaluer les principaux axes d’intervention liés aux activités de prévention à couvrir ou encore de celui d’évaluer les bénéfices de s’engager dans des activités plus larges que celle du combat du feu.

Les statistiques sur les incendies présentées dans ce rapport font état des données déclarées par les municipalités pour les incendies survenus sur leur territoire en 2012 et elles compilent l’information obtenue auprès du Bureau du coroner, des centres d’urgence 9?1?1, de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) et du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT).

Les statistiques sur les secours spécialisés et les interventions lors de sinistres naturels ou anthropiques sont obtenues grâce à un sondage de la Direction générale de la sécurité civile et de la Sécurité incendie (DGSCSI) du MSP réalisé de janvier à mars 2013 auprès des 704 SSI.

Des statistiques relatives à des dossiers précis en incendie, tels que les incendies de cuisine, les incendies de résidences pour personnes aînées et les incendies déclarés dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue sont proposées afin de mieux évaluer la portée de l’information contenue à l’ensemble des statistiques sur les incendies. Elles permettent aussi de rejoindre les actions prévues aux schémas de couverture de risques, notamment au chapitre de la prévention.

Pour déclarer les incendies survenus sur leur territoire, la majorité des municipalités utilisent le formulaire de déclaration des incendies (DSI-2003) proposé par le MSP. Afin de faciliter la tâche aux déclarants, ce formulaire comporte une série de codes et de définitions. Cette année, ces codes et définitions ont été ajoutés dans les tableaux du rapport statistiques 2012 comme source de référence au formulaire.

Les données utilisées pour la réalisation de ce rapport ont été extraites en mai 2013. La valeur et la qualité des statistiques présentées reposent sur la rigueur et la justesse des renseignements transmis au MSP. Par la nature dynamique de cette banque de données, il est possible que certains chiffres soient différents de ceux publiés antérieurement.

Un peu d'histoire

Quoi de mieux pour constater la distance parcourue qu’un regard en arrière? L’organisation de la sécurité incendie au Québec, c’est un réseau complexe d’entraide et de secours qui évolue depuis les derniers siècles grâce à l’implication et au volontariat des hommes et des femmes qui nous ont précédés. L’histoire du développement de nos sociétés modernes permet d’expliquer comment la vie urbaine s’est organisée et s’est réglementée pour améliorer le bien-être et la sécurité de tous. Les grands changements mondiaux survenus lors de la révolution industrielle sont à l’origine de l’évolution des moyens pour lutter contre les incendies. Par exemple, l’installation des réseaux d’aqueduc, la création de la machine à vapeur et les diverses réglementations sont étroitement liées à l’organisation de la sécurité incendie.

De la fondation de Québec en 1608 jusqu’à la fin du 18e siècle, les moyens de protection contre les incendies étaient plutôt rudimentaires. Des veilleurs de nuit, les premiers pompiers volontaires, faisaient le guet et, lorsqu’un incendie était détecté, sonnaient le tocsin ou donnaient l’alarme avec des trompettes. À ce signal, les habitants accouraient sur les lieux pour éteindre le feu, armés de seaux, d’échelles, de haches, de pelles, de pioches et de sacs de sable. Si l’incendie se déclarait près d’une source d’eau, le travail à la chaîne s’organisait pour transporter les seaux d’eau jusqu’au bâtiment où l’incendie faisait rage. Sinon, les services rémunérés des charroyeurs d’eau étaient retenus et ceux-ci livraient l’eau à l’aide d’une charrette jusqu’à l’incendie. Devant la menace de propagation de l’incendie, les soldats étaient appelés en renfort.

Voici quelques-uns des grands incendies survenus au Québec qui ont conduit à des décisions menant à l’organisation des SSI :

  • 1664 : Le Conseil souverain de la Nouvelle-France nouvellement établi par Louis XIV interdit de se débarrasser des matières inflammables dans les rues (paille, fumier, copeaux de bois, etc.). En outre, sur ordre de l’intendant, les pignons des maisons et les forges devaient être construits en maçonnerie, les maisons ne devaient pas avoir plus de deux étages et les citoyens devaient faire ramoner leurs cheminées aux deux mois.
  • 1721 et 1734 : Incendies importants à Montréal qui ont mené à l’obligation de constructions en pierre dans la ville fortifiée. Aujourd’hui, cette partie de la ville correspond à l’arrondissement historique du Vieux-Montréal.
  • 1808 : Achat de dix pompes à bras par la Ville de Québec. Les pompes furent réparties et on distribua des seaux, des échelles et des haches dans les quartiers de la ville. C’est ainsi que fut créée la première brigade volontaire du feu à Québec.
  • 1829 : Trois compagnies de lutte contre les incendies existaient à Montréal. Elles étaient rivales, et le conflit était tel qu’il a mené à la promulgation de l’Acte pour l’établissement d’une Société pour prévenir les Accidents du Feu dont le mandat était de constituer une seule escouade pour combattre les incendies.
  • 1841 : Création du Département du feu de la Ville de Montréal composé de pompiers volontaires.
  • 1852 : Incendie de Montréal qui rasa des centaines de maisons (25 pâtés de maisons) et laissa plus de 15 000 personnes sans habitation.
  • 1863 : Création de la Police du feu de la Cité de Montréal. Sous la responsabilité du Département du feu, cette brigade était composée d’employés permanents répartis dans huit casernes. Cette brigade est toujours en activité ; c’est l’actuel Service de sécurité incendie de Montréal. La Ville célèbre cette année le 150e anniversaire de la création de ce service.
  • 1866 : Incendie de Québec qui détruisit plus de 1 200 maisons dans le faubourg Saint?Sauveur et le quartier Saint-Roch. Création du Département du feu de la Cité. Sous la responsabilité municipale, cette brigade était composée de pompiers permanents. Il y avait six casernes de pompiers équipées de voitures à boyaux d’incendie et d’échelles. Un peu plus tard, le télégraphe d’alarme-incendie était inauguré. Cette brigade est toujours en activité ; c’est l’actuel Service de protection contre l’incendie de Québec.
  • 1870 : Grand feu du Saguenay s’étendant sur 3 900 km2, soit de Saint-Félicien à Grande-Baie, dévastant des centaines de maisons, ne laissant que des ruines sur son passage et touchant plus de 700 familles. Pendant plusieurs heures, les gens survécurent en demeurant près des lacs, des rivières et des marais et en s’aspergeant pour ne pas brûler vifs.
  • 1900 : Immense incendie débutant dans l’ancienne ville de Hull et se propageant jusqu’à Ottawa, brûlant tout sur son passage : maisons, églises, commerces, usines, scieries, manufactures, couvents, édifices publics, caserne de pompiers, etc. Devant l’ampleur de l’incendie, les pompiers de Montréal furent transportés par train pour prêter main-forte aux pompiers de Hull, d’Ottawa et de ceux de la Compagnie E. B. Eddy Co, fabricant d’allumettes. À Hull, où plus de la moitié de la ville fut incendiée, 15 000 personnes se retrouvèrent sans abri. De l’autre côté de la rivière, à Ottawa, un cinquième du territoire de la ville brûla et l’incendie laissa 8 000 personnes sans logis.
  • 1908 : Grand feu de Trois-Rivières qui détruisit tout le quartier commercial de la ville. Plus de 800 bâtiments furent rasés par les flammes, dont 200 résidences.
  • 1950 : Incendie de Rimouski, forçant l’évacuation massive de la ville, y compris de l’hôpital (200 malades), de l’hospice et de la prison (36 détenus). Le feu rasa 230 immeubles. Environ 2 350 personnes se retrouvèrent à la rue, soit le quart de la population. Tous les pompiers furent soignés pour des blessures au visage, aux oreilles et aux yeux.

Sources

Les schémas de couverture de risques en sécurité incendie

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur la sécurité incendie (RLRQ, chapitre S-3.4) en 2001, les autorités régionales doivent établir, avec la collaboration des municipalités locales, un schéma de couverture de risques conforme aux Orientations du ministre de la Sécurité publique en matière de sécurité incendie. Cette mesure a comme but premier d’améliorer la protection des citoyens et de leurs biens contre l’incendie et d’accroître l’efficience dans la gestion des services publics responsables de la sécurité incendie.

Concrètement, le schéma est un exercice de planification et d’optimisation des ressources portant sur la sécurité incendie sur le territoire de chaque autorité régionale. Le schéma fait notamment état des éléments suivants :

  • le recensement, l’évaluation et le classement des risques d’incendie présents sur le territoire;
  • le recensement et l’évaluation des mesures de protection existantes;
  • le recensement et l’évaluation des ressources humaines, matérielles et financières affectées à la sécurité incendie par les autorités municipales;
  • l’évaluation des procédures opérationnelles en vigueur dans les services municipaux de sécurité incendie;
  • les ententes d’entraide conclues entre municipalités en matière de sécurité incendie;
  • la détermination des objectifs de protection contre les incendies pour chaque catégorie de risques recensés;
  • la détermination des actions, consignées dans un plan de mise en œuvre, que devront prendre les municipalités pour atteindre ces objectifs de protection.

Le schéma doit être révisé au cours de la sixième année qui suit la date de son entrée en vigueur ou de sa dernière attestation de conformité conformément à l’article 29 de la Loi sur la sécurité incendie.

Une fois en vigueur, le schéma permet notamment aux municipalités participantes de bénéficier d’une exonération de responsabilité selon les conditions prévues à l’article 47 de la Loi sur la sécurité incendie.

Au 31 décembre 2012, l’aide financière gouvernementale destinée à cet exercice, s’élevait à 11,24 millions de dollars. Cette somme a été remise aux municipalités pour l’élaboration et la mise en œuvre de leur schéma.

Les schémas de couverture de risques attestés en sécurité incendie de 2004 à 2012
Année de référenceNombre de schémas attestés
Au 31 décembre 2012, 97 des 103 autorités régionales avaient un schéma attesté.
20041
200511
200620
200734
200840
200955
201073
201188
201297

Le recensement de l'effectif

De janvier à mars 2013, un sondage visant à mesurer le nombre et la taille des SSI pour l’année 2012 a été réalisé par le ministère. Au 31 juillet 2007, le Québec comptait 753 SSI alors que ce nombre était de 704 en 2012, soit 49 de moins.

La composition de l’effectif varie d’un service de sécurité incendie à l’autre, mais la majorité est essentiellement composée de pompiers volontaires et de pompiers à temps partiel, soit 75,5 % de l’effectif. En effet, les pompiers à temps plein se concentrent généralement dans les plus grandes villes.

En 2007, ce sont 21 800 personnes qui travaillent en sécurité incendie sur l’ensemble du territoire québécois. En 2012, on en dénombre 23 927, ce qui représente une hausse de 2 127 postes occupés majoritairement à temps plein.

Inventaire des officiers selon leur statut d’emploi, 2012
EffectifsNombre
Officiers à temps plein1 556
Officiers à temps partiel1 824
Officiers volontaires2 149
Nombre total d'officiers au Québec5 529
Inventaire des pompiers selon leur statut d’emploi, 2012
EffectifsNombre
Pompiers à temps plein3 851
Pompiers à temps partiel5 809
Pompiers volontaires8 051
Nombre total de pompiers au Québec17 711
Inventaire des préventionnistes selon leur statut d’emploi, 2012
EffectifsNombre
Source : Sondage réalisé de janvier à mars 2013 par le Service de la sécurité incendie de la DGSCSI du MSP.
Préventionnistes à temps plein travaillant dans un SSI405
Préventionnistes à temps partiel travaillant dans un SSI211
Préventionnistes à temps plein travaillant dans une MRC50
Préventionnistes à temps partiel travaillant dans une MRC21
Nombre total de préventionnistes au Québec687
Total des effectifs
Officiers, pompiers et préventionnistes23 927

L’élaboration des schémas de couverture de risques en sécurité incendie a encouragé certains regroupements de services municipaux, permettant ainsi l’optimisation des ressources qualifiées et l’embauche de préventionnistes.

De 2007 à 2012 la population a augmenté de plus de 367 000 habitants. Malgré cette hausse, la création de 2 127 postes a permis de maintenir le taux de l’effectif par 1 000 habitants. En effet, il était de 2,8 en 2007, passant à 2,9 en 2012, soit une légère augmentation.

Les emplois en sécurité incendie sont occupés majoritairement par des hommes. Sur l’ensemble des 23 927 postes, seulement 3,1 % sont occupés par des femmes. C’est en prévention des incendies qu’elles sont le plus présentes : un préventionniste sur cinq est une femme.

Les effectifs selon le sexe, 2012
EffectifsNombre
d'hommes
Pourcentage d'hommesNombre de femmesPourcentage de femmes
Source : Sondage réalisé de janvier à mars 2013 par le Service de la sécurité incendie de la DGSCSI du MSP.
Officiers5 34596,71843,3
Pompiers17 28497,64272,4
Préventionnistes 55380,513419,5
Total  23 18296,97453,1

Les accidents de travail et les maladies professionnelles entre 2005 et 2012

En 2007, le Québec comptait 21 800 pompiers et, en 2012, l’effectif était composé de 23 240 pompiers et officiers. Depuis 2008, malgré l’augmentation de l’effectif, le nombre d’accidents de travail et de maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l’incendie se situe sous la moyenne des huit dernières années.

Les accidents de travail et les maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l'incendie entre 2005 et 2012
AnnéeNombre
2005 474
2006 507
2007 414
2008 397
2009 361
2010 385
2011 389
2012 379
Moyenne cumulée 413

Les secours spécialisés

Dans la foulée des travaux amorcés à la suite du Forum sur la sécurité incendie, le tableau qui suit présente les réponses au sondage destiné aux 704 SSI concernant leur intervention en matière de secours spécialisés. Ceux-ci englobent l’ensemble des activités de recherche et de sauvetage, qu’elles soient sur l’eau, sur terre, en hauteur, en milieu isolé, dans un véhicule ou en espace clos.

L’offre des SSI en matière de secours spécialisés, 2012
Secours spécialisésNombre de SSI déclarant offrir le service Nombre de SSI n'offrant pas le serviceNombre de SSI n'ayant pas répondu à cette question
Source : Sondage réalisé de janvier à mars 2013 par le Service de la sécurité incendie de la DGSCSI du MSP.
Recherche et sauvetage nautique sur glace11852066
Recherche et sauvetage nautique en eau libre15048767
Recherche et sauvetage en hauteur3459674
Recherche et sauvetage en espace clos5157677
Intervention en présence de matières dangereuses8853878
Recherche en milieu isolé8753978
Assistance aux ambulanciers et secours – interventions dans des sentiers hors route28333685
Désincarcération 31930085

La prévention des incendies et la sensibilisation du public

La Semaine et la campagne de la prévention des incendies

La prévention des incendies représente le moyen à privilégier pour diminuer les risques et limiter les pertes. Les municipalités locales et régionales comptent sur l’expertise de 687 préventionnistes en incendie. Cette force préventive permet de réaliser, en amont, des actions concrètes auprès de la population. Les mesures réglementaires ainsi que la sensibilisation et l’éducation du public sont pertinentes puisque les décès et les blessures dans les incendies sont souvent attribuables à des comportements imprudents ou à une utilisation inadéquate de matériaux, de sources d’inflammation ou d’équipements.

À ce chapitre, de concert avec les SSI et ses autres partenaires, le MSP travaille activement à l’organisation de la Semaine de la prévention des incendies qui se tient chaque année au début d’octobre. Devant le succès connu en 2011, les activités liées à « La Grande Évacuation » ont été reconduites en 2012. Sous le coup de 19 h, en compagnie des pompiers, les parents et leurs enfants sont invités à évacuer leur résidence en moins de trois minutes. À cette occasion, les familles sont sensibilisées à l’importance de vérifier le fonctionnement des avertisseurs de fumée, de préparer un plan d’évacuation de la résidence et de le tester. Au cours de cette activité, les SSI en profitent pour remettre aux participants le dépliant Préparer un plan d’évacuation, c’est rassurant ! réalisé par le MSP.

De plus, lors de leurs activités de prévention, les pompiers sont invités à distribuer aux citoyens la brochure En cas de situation d’urgence, êtes-vous prêt? qui contient une foule de renseignements utiles lorsque survient une situation d’urgence telle qu’un incendie à la maison, une inondation, une panne de courant en hiver, un tremblement de terre ou des vents violents. Du plan d’évacuation aux comportements à adopter en passant par la préparation d’une trousse d’urgence, tout y est abordé pour aider la famille à faire face à toute éventualité.

Consultez les documents de prévention En cas de situation d’urgence, êtes-vous prêt? et Préparer un plan d’évacuation, c’est rassurant!

La sensibilisation du jeune public

Les jeunes sont une clientèle cible du MSP. Voilà pourquoi celui-ci doit les sensibiliser en matière de prévention des risques, notamment en sécurité incendie et en sécurité civile. Le site S.O.S. Sécuro - La zone des jeunes avertis du ministère comporte un volet spécialement conçu pour les jeunes. Différents outils pédagogiques sous forme de jeux, de questionnaires et autres y sont proposés.

La sécurité civile

Les événements survenus en 2012

Les SSI sont très souvent les premiers intervenants lorsque survient un sinistre naturel ou anthropique. Au cours de l’année 2012, près de 500 événements ont été signalés au Centre des opérations gouvernementales (COG). Ces événements peuvent être causés par exemple par :

  • des conditions hydrologiques (inondations, grandes marées, etc.);
  • des événements météorologiques extrêmes (orages violents, tempêtes de neige, verglas, chaleur accablante, etc.);
  • des mouvements de sol;
  • des incendies ou des accidents industriels.

À titre d’exemple, l’année 2012 a débuté par un épisode de verglas et de forts vents causant des dommages importants et entraînant une panne électrique majeure aux Îles-de-la-Madeleine. Des inondations printanières ont suivi, notamment à Saint-Raymond, dans la région de Portneuf, nécessitant l’évacuation d’urgence de plus de 450 personnes, dont 125 personnes âgées d’une même résidence. La tempête automnale Sandy et plusieurs autres avis de tempête ont tenu le Québec en haleine : peu de dégâts, mais beaucoup de préparation. En novembre, une violente explosion s’est produite à l’usine Neptune Technologies et Bioressources de Sherbrooke suivie, quelques heures plus tard, d’une autre explosion, mais cette fois à l’usine Bombardier Produits récréatifs de Valcourt. L’année s’est conclue avec des tempêtes hivernales successives. Songeons aux accumulations de neige dans les rues de Montréal, aux fermetures d’écoles et de garderies ou aux vastes opérations de déneigement. Tous ces événements ont nécessité des actions gouvernementales immédiates afin de soutenir les municipalités touchées.

Lors d’un sondage réalisé entre janvier et mars 2013, les SSI ont été questionnés sur leurs habitudes de travail lors de la survenance d’une catastrophe naturelle.

Il est à noter que le fait que le SSI n’intervient pas ne signifie pas que la municipalité n’intervient pas le cas échéant. En effet, le sondage réalisé par le MSP s’adresse seulement aux SSI. D’autres services municipaux peuvent prendre en charge ces interventions. À titre d’exemple, le service des travaux publics ou le service de l’aménagement et de l’urbanisme peuvent intervenir dans ces circonstances.

Par ailleurs, il faut souligner que plusieurs facteurs (démographiques, géographiques, climatiques, hydrologiques et autres) influencent la nature des interventions des SSI. Les municipalités sont sujettes à vivre des catastrophes différentes. Par exemple, les avalanches ou les grandes marées se produisent dans des secteurs précis.

Le nombre de SSI qui interviennent lors de sinistres
NombrePourcentage
Source : Service de la sécurité incendie de la DGSCSI du MSP.
SSI qui interviennent lors de sinistres 49070
SSI qui n’interviennent pas 14120
SSI qui n’ont pas répondu à cette question7310
Total des SSI au Québec 704100
Le nombre de SSI qui interviennent par type de sinistres
Type de sinistresNombre de SSI qui interviennentPourcentage de SSi qui interviennent par rapport au total des SSI
Source : Sondage réalisé de janvier à mars 2013 par le Service de la sécurité incendie de la DGSCSI du MSP.
Inondation / Débordement d'un plan d'eau / Pluie torrentielle41659
Tempête / Verglas 40057
Tempête / Pluie et vents violents39857
Tempête / Neige 35751
Effondrement de structure ou de bâtiment30944
Inondation / Refoulement de réseaux pluviaux ou d'assainissement29842
Panne (énergétique, de télécommunication, informatique, etc.)28941
Température extrême – chaleur ou froid (évacuation de personnes âgées ou vulnérables)28641
Inondation / Débordement d'un plan d'eau / Embâcle27038
Inondation / Débordement d'un plan d'eau / Frasil21931
Mouvement de terrain / Affaissement de sol et effondrement20329
Sécheresse14821
Pénurie (denrées alimentaires, eau, carburants, etc.)13920
Pandémie, épidémie13018
Inondation / Rupture de barrage12718
Mouvement de terrain / Érosion des berges11216
Mouvement de terrain / Écroulement et chute de roc10214
Brouillard9714
Désordre social (émeute, pillage, manifestation et autres actes de malveillance)7110
Inondation / Grande marée6710
Avalanche213

L’aide financière à la suite d’un sinistre

Au Québec, la zone habitée se situe surtout le long du fleuve Saint-Laurent et de ses principaux affluents. Plusieurs municipalités, dont les trois plus grandes villes du Québec (Montréal, Québec et Laval), ainsi que la majorité des villes et villages des régions de l’est du Québec, se trouvent à proximité d’un cours d’eau.

La communauté scientifique a confirmé l’augmentation des risques d’inondations et de submersion marine, d’ondes de tempêtes, d’érosion des berges et de mouvement de sol. La population riveraine étant la plus susceptible d’en être affectée, ces risques de sinistres deviennent de plus en plus préoccupants en raison du nombre élevé de personnes et d’infrastructures menacées.

Lors de sinistres, la mise en œuvre d’un programme d’aide financière constitue une des nombreuses actions gouvernementales pour répondre aux besoins de la population. À titre d’exemple, en 2012, le gouvernement du Québec a mis en œuvre, à 35 occasions différentes, un programme d’aide financière pour favoriser le retour à une situation normale des personnes, des entreprises, des municipalités et des organismes dont les biens essentiels ont subi des préjudices lors d’un sinistre.

Les mises en œuvre d’un programme d’aide financière et le nombre de municipalités désignées, 2010 à 2012
AnnéeNombre de mises en œuvreNombre de municipalités
Source : Service des programmes de la DGSCSI du MSP.
201048308
201143599
201235238

Les sommes versées en aide financière varient d’une année à l’autre et d’un sinistre à l’autre selon le nombre, l’ampleur et la nature des événements.

Au cours des trois dernières années, près de 147 millions de dollars ont été versés aux sinistrés en urgence et en aide de dernier recours, soit :

  • 17 179 474 $ en 2010,
  • 75 534 780 $ en 2011 et
  • 54 211 318 $ en 2012.

Le système Vigilance

Les événements climatiques et les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou anthropiques, n’ont pas de frontière. Dans cet esprit et dans la foulée de l’importante inondation survenue en Montérégie en 2011, le ministère a participé activement aux efforts concertés de nombreuses organisations canadiennes et américaines de mesures d’urgence.

Ces travaux ont mené à l’élaboration, au Québec, du système informatique Vigilance, qui a pour objectif d’améliorer les mécanismes d’alerte aux partenaires. Celui-ci repose sur l’intégration de plusieurs bases de données (météo, précipitations attendues, cartes sectorielles, danger de feux de forêt, etc.) ainsi que sur la capacité pour les intervenants municipaux d’ajouter du contenu afin de rendre accessible, à l’échelle locale, toute l’information lors d’une situation annoncée. Au fil du temps, d’autres volets seront élaborés et ajoutés au système Vigilance pour le rendre encore plus performant. Depuis l’automne 2012, il est possible d’accéder en ligne à la première carte thématique, soit celle de la Surveillance des crues des eaux.

Source : COG de la DGSCSI du MSP.

Les lignes d'appels d'urgence

En plus d’assurer une vigie en sécurité civile, le COG reçoit les appels de quatre services d’urgence :

  • la ligne Urgence-Environnement du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, pour signaler en tout temps une urgence environnementale;
  • la ligne du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, pour déclarer ou signaler des événements concernant l’inspection et la salubrité des aliments;
  • la ligne du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, pour déclarer des cas de mortalité ou de maladies animales pouvant affecter les personnes;
  • la ligne de la Régie du bâtiment du Québec, pour signaler une urgence ou un danger important en matière de sécurité du bâtiment.

Au cours de l’année 2012, un total de 23 014 appels ont été reçus et traités par le COG.

La recherche et le sauvetage

Dans les limites de son territoire, le Québec est responsable des interventions de recherche et de sauvetage terrestres et des opérations sur les cours d’eau qui ne font pas partie d’une voie maritime fédérale. Ainsi, la recherche de personnes portées disparues est effectuée essentiellement par les corps policiers soutenus par des bénévoles en recherche et sauvetage. Quant au sauvetage, il est effectué par les SSI.

Pendant l’année 2012, le COG a reçu près de 40 demandes concernant la participation de bénévoles lors d’opérations de recherche et de sauvetage (égarement en forêt, accident sur les sentiers de motoneige, etc.). Des pompiers, des bénévoles et des ambulanciers se sont joints aux policiers et ont contribué à retrouver et à secourir les personnes égarées ou en détresse.

Les centres d’urgence 9-1-1

Le travail des 30 centres d’urgence (CU) 9-1-1 répartis sur le territoire québécois peut changer les choses pour des milliers de personnes lorsqu’elles vivent une situation d’urgence. L’arrivée rapide des secours et des premiers répondants atténue les conséquences pour les victimes. Les CU 9-1-1 doivent répondre aux appels d’urgence en moins de 10 secondes et ensuite les acheminer à un centre secondaire d’appels d’urgence (SSI, services policiers ou services ambulanciers) dans un délai de 60 secondes. En 2012, ils ont reçu plus de 2,4 millions d’appels.

Transmission des appels de types : pompiers, policiers et ambulanciers
Nombre Pourcentage
Source : Sondage réalisé d’avril à juin 2013 auprès des 30 CU 9-1-1 par la Direction des opérations de la DGSCSI du MSP.
Pompiers139 8896
Policiers1 667 33068
Ambulanciers632 87926
Total2 450 098 100

À l’exception des interventions de premiers répondants, toutes les interventions des SSI telles que le combat du feu, la désincarcération, le sauvetage et le secours spécialisé concernent les appels de type « pompiers ». Ces appels sont au nombre de 139 889 en 2012.

En plus de répondre aux appels de type « pompiers », certains SSI interviennent également, à titre de premiers répondants, lors d’appels de type « ambulanciers ». En 2012, les CU 9-1-1 ont dénombré 83 196 appels de type « ambulanciers » qui ont été dirigés simultanément vers les pompiers et les ambulanciers. En combinant les deux types d’appels auxquels ils doivent répondre, les SSI sont intervenus 201 391 fois en 2012.

Les premiers répondants

La Loi sur les services préhospitaliers d’urgence (RLRQ, chapitre S-6.2)  permet aux municipalités qui ont conclu une entente avec une agence régionale de la santé et des services sociaux d’offrir sur leur territoire des services de premiers répondants. Les municipalités peuvent confier cette responsabilité à un SSI ou à une autre entité sans but lucratif.

Les pompiers agissent en complémentarité avec les techniciens ambulanciers. Le premier répondant fournit à une personne dont l’état le requiert les premiers soins de stabilisation requis conformément aux protocoles d’intervention clinique visant la prévention de la détérioration de l’état d’une personne en détresse et transfère au technicien ambulancier la responsabilité des interventions à son arrivée sur les lieux.

Plus de 250 municipalités ont conclu une entente avec une agence pour offrir ce service spécialisé. Ce ne sont donc pas tous les SSI qui agissent à titre de premiers répondants. À ce jour, les données plus spécifiques relatives au nombre de SSI visés par une telle entente ne sont pas accessibles.

Ainsi, selon les CU 9-1-1, 83 196 appels ont été répartis aux SSI à titre de premiers répondants portant ainsi le nombre d’appels dirigés vers les pompiers à 201 391. À lui seul, le Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal a couvert plus de 80 000 appels à titre de premier répondant.

Appels dirigés vers les SSI
Nombre Pourcentage
Source : Sondage réalisé d’avril à juin 2013 auprès des 30 CU 9-1-1 par la Direction des opérations de la DGSCSI du MSP.
Incendie74 49737
Désincarcération 3 6842
Sauvetage et secours spécialisés5 3533
Premier répondant83 19641
Autres (vérifications électriques, déversements de matières dangereuses, etc.)34 66117
Total201 391 100

Les CU 9-1-1 ont répertorié 74 497 appels dirigés vers les pompiers pour une demande visant un incendie. En 2012, 18 560 incendies ont été déclarés au ministère. Ainsi, plus de 55 000 appels nécessitant le déplacement d’un SSI l’ont été pour des événements sans flamme tels que les fausses alarmes et les émanations de monoxyde de carbone.

Enfin, soulignons qu’un peu plus du tiers (37 %) des appels pris par les SSI concernaient des appels incendie (74 497 appels).

Les incendies déclarés en 2012

Au Québec, toutes les interventions effectuées par un SSI sur les lieux d’un incendie doivent être déclarées, sauf dans les cas de fausses alarmes, de foudre, de décharges électriques, d’explosions d’un réservoir sous pression à la suite d’une pression interne et non d’une combustion externe, d’une brûlure occasionnée par un objet (cigarette, tison, etc.) ou d’une surchauffe sans combustion (aliments, fils électriques, etc.).

Or, jusqu’en 2012, dans le cadre de leurs opérations, des SSI déclaraient comme un incendie les aliments et les fils électriques surchauffés, et ce, même si le point d’inflammation n’était pas atteint. Les récents changements apportés dans leurs compilations concernant les « autres incendies » expliquent la baisse du nombre d’incendies déclarés au Québec en 2012 pour ce type d’incendie.

Depuis 2010, une tendance à la baisse du nombre d’incendies de bâtiments est observée.

Pour l’ensemble du Québec, pour les années 2010, 2011 et 2012, il y a eu en moyenne 20 incendies de bâtiments par jour, soit environ un incendie toutes les 72 minutes.

Les incendies déclarés au Québec, 2010 à 2012
  201020112012
Incendies de bâtiments 7 455 7 319 7 225
Autres incendies (voitures, broussailles, rebuts, barbecue, etc.) 14 477 14 168 11 335
Total des incendies déclarés 21 932 21 487 18 560

Le taux d’incendies par 1 000 habitants

De 2010 à 2012 inclusivement, on observe une baisse du taux d’incendies. Le taux d’incendies par 1 000 habitants est passé de 2,77 en 2010 à 2,30 en 2012, soit une baisse de 17 %.

Quant au taux d’incendies de bâtiments par 1 000 habitants, il est passé de 0,94 en 2010 à 0,90 en 2012, ce qui représente une baisse de 5 %. Comparativement à 2010, il s’agit de 230 bâtiments incendiés de moins en 2012.

Le taux d’incendies par 1 000 habitants, 2010 à 2012
AnnéePopulationTaux total d'incendiesTaux d'incendies par 1 000 habitantsNombre d'incendies de bâtimentsTaux d'incendies de bâtiments par 1 000 habitants
20107 905 08721 9322,777 4550,94
20117 977 98921 4872,697 3190,92
20128 054 75618 5602,307 2250,90

Les causes probables de tous les incendies

La recherche des causes et des circonstances des incendies exige une grande capacité d’analyse et de précision. Ce travail laborieux permet une meilleure compréhension des conditions à l’origine des incendies et aide les intervenants à cibler les efforts en matière de prévention et de sensibilisation du public.

En 2010 et en 2011, seules les causes probables « connues » ont été publiées par le ministère. En 2012, pour la première fois, le tableau présente les causes indéterminées et les dossiers transmis aux fins d’enquête policière pour tous les incendies déclarés, en ce qui concerne les années 2010, 2011 et 2012.

Les causes probables de tous les incendies déclarés en pourcentage, 2010 à 2012
Codes*Cause2010 2011 2012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
Indéterminée ou inconnue657059
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (ex. : court-circuit) 1010 14
700Erreur humaine (ex. : personne endormie, accident de la route, etc.)459
100Dossiers transmis pour enquête policière757
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex. : combustible mal utilisé, huile à cuisson, etc.)434
900Autres (ex. : réactivation d’un incendie éteint, cause naturelle, etc.)522
200Utilisation inadéquate d'une source d’inflammation (ex. : jouer avec des allumettes) 322
600Mauvaise utilisation d’un équipement (ex. : surcharge électrique, mauvais usage d’un appareil brûlant du bois, etc.) 122
500Défaut de conception, de construction ou d’installation (ex. : mauvais branchement, etc.) 111
Total100100100

Les incendies dont les causes sont indéterminées représentent 65 % des incendies déclarés en 2010, 70 % des incendies déclarés en 2011 et 59 % des incendies déclarés en 2012, confirmant ainsi la difficulté de déterminer les causes d’un incendie. À première vue, trois facteurs expliquent ce taux élevé de causes indéterminée

  1. Actuellement, dans le formulaire de déclaration des incendies (DSI-2003), les déclarants ne sont pas questionnés au sujet des incendies sans perte matérielle (les feux de cheminée et les incendies limités à l’extérieur).
  2. Selon un comité de travail mis en place par le MSP à la suite du Forum sur la sécurité incendie, la formation de l’effectif en recherche des causes et des circonstances d’un incendie est insuffisante1.
  3. Après le combat de l’incendie et conformément aux articles 43 et 44 de la Loi sur la sécurité incendie, 24 heures sont allouées au SSI pour faire la recherche du point d’origine, des causes probables et des circonstances d’un incendie dans un périmètre protégé.

1 Source : Service de la sécurité incendie de la Direction des opérations du MSP.

Afin de remédier à la situation, le MSP a entrepris des travaux pour faciliter l’établissement des causes des incendies : le formulaire de déclaration des incendies sera revu; le Comité sur la recherche des causes et des circonstances des incendies cible les besoins de formation de l’effectif ; le Comité travaille également sur la possibilité de créer des équipes régionales spécialisées.

En ce qui concerne les causes probables connues des incendies déclarés en 2012, elles sont les mêmes et dans le même ordre d’importance que pour 2011 et 2010, soit la défaillance ou la défectuosité électrique ou mécanique (14 %) suivie par l’erreur humaine (9 %) et l’utilisation inadéquate du matériau enflammé (4 %).

Les incendies de bâtiments

La survenance des incendies de bâtiments, 2010 à 2012

Les heures

Les données tendent à confirmer que près d’un incendie de bâtiments sur trois survient entre 15 h et 19 h 59, soit la période qui couvre le retour à la maison, la préparation des repas et le début de la soirée.

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par période de la journée en pourcentage de 2010 à 2012
Période201020112012
0 heure à 4 heures 59 minutes151314
5 heures à 9 heures 59 minutes151515
10 heures à 14 heures 59 minutes232423
15 heure à 19 heures 59 minutes282929
20 heures à 23 heures 59 minutes191919
Total100100100
Les jours

En ce qui a trait aux jours où se déclarent des incendies de bâtiments, aucun moment de la semaine est plus propice aux incendies qu’un autre.

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par jour de la semaine en pourcentage de 2010 à 2012
Jour de la semaine201020112012
Lundi151515
Mardi141414
Mercredi131415
Jeudi141414
Vendredi161414
Samedi141514
Dimanche141414
Total100100100
Les mois

Les données observées de 2010 à 2012 inclusivement démontrent que les incendies de bâtiments surviennent un peu plus fréquemment pendant les mois les plus froids de l’année.

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par mois de l’année en pourcentage de 2010 à 2012
Mois201020112012
Janvier111111
Février10109
Mars101110
Avril999
Mai988
Juin677
Juillet777
Août677
Septembre677
Octobre877
Novembre979
Décembre999
Total100100100

L’usage des bâtiments touchés, 2010 à 2012

Les incendies de bâtiments d’usage résidentiel demeurent ceux qui surviennent le plus souvent. D’ailleurs, les unités d’évaluation de catégorie résidentielle contenues à l’inventaire immobilier québécois représentent 84 % de l’ensemble des unités d’évaluation imposables (sauf les terrains vagues)2. Étant donné leur proportion plus élevée, la probabilité qu’un incendie survienne dans ce type de bâtiment s’en trouve augmentée.

2 Source : Inventaire provincial des immeubles selon leur utilisation, Exercice financier 2012, MAMROT.

Répartition des incendies de bâtiments déclarés selon l’usage en pourcentage, 2010 à 2012
Usage2010 (%)2011 (%)2012 (%)
Résidentiel486169
Commercial (centre commercial, vente au détail de marchandise, etc.)667
D’usage public et de services (transports, stationnements, immeubles à bureaux, services professionnels, parcs, centres d’activités récréatives, etc.)568
Industriel (industries d'aliments et de boissons, vestimentaire, chimique, etc.)486
Agricole (agriculture, exploitation forestière)344
Autres (pêche, chasse, exploitation minière, immeuble non exploité, etc.)822
Indéterminé (incendies pour lesquels aucune information n’a été obtenue)26134
Total100100100

Il est probable que la baisse du nombre de bâtiments d’usage « indéterminé » explique la hausse des bâtiments d’usage résidentiel.

Qu'entend-on par « usage résidentiel »?

Logement, chalet, maison de villégiature, maison mobile, roulotte résidentielle, maison de chambres et de pension, local pour les associations fraternelles, maison de jeunes, local d’étudiants infirmiers, maison d’étudiants (collèges et universités), autre résidence d’étudiants, maison pour personnes retraitées non autonomes, orphelinat, maison pour personnes retraitées autonomes, couvent, monastère, presbytère, autre maison d’institution religieuse, autre local de groupes, hôtel résidentiel, motel résidentiel, autre résidence provisoire, camp de chasse et pêche, camp forestier, stationnement intérieur, espace de rangement, autre immeuble résidentiel.

Source : Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec.

Les systèmes de détection et d’extinction des incendies de bâtiments, 2010 à 2012

À titre d’information, l’avertisseur de fumée est défini dans cette section comme étant un détecteur de fumée avec sonnerie incorporée, conçu pour donner l’alarme dès la détection de la fumée dans la pièce ou le logement dans lequel il est installé. Quant au système d’alarme-incendie, il s’agit d’un système conçu de façon que le service de sécurité incendie soit averti par l’intermédiaire d’un centre de télésurveillance, lorsqu’un signal d’alarme est déclenché et transmis par un dispositif qui décèle le début d’un incendie tels les détecteurs de chaleur et les détecteurs de fumée.

Le fonctionnement des systèmes de détection ou d’extinction des incendies est un indicateur à utiliser avec précaution. Plusieurs raisons peuvent justifier le non-fonctionnement d’un appareil : système couvrant seulement une partie du bâtiment, incendie de trop faible intensité ou encore impossibilité pour les pompiers de valider l’information. Les systèmes qui n’ont pas fonctionné n’étaient pas nécessairement défectueux ou hors d’usage.

La répartition de la présence d’avertisseurs de fumée pour les incendies de bâtiments en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie2010 2011 2012
Présent606359
Absent252220
Indéterminé151521
Total100100100
Le fonctionnement des avertisseurs de fumée présents en pourcentage, de 2010 à 2012
Catégorie201020112012
* Plus de 5 % des avertisseurs de fumée présents n’ont pas fonctionné en raison d’une absence d’alimentation (débranchement volontaire par le propriétaire, absence ou non-remplacement de la pile).
A fonctionné647165
N'a pas fonctionné362935*

Les données de 2012 indiquent une plus grande présence de systèmes d’alarme-incendie et de systèmes fixes d’extinction que les données des deux années précédentes.

La répartition de la présence de systèmes d’alarme-incendie pour les incendies de bâtiments en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie2010 20112012
Présent202128
Absent696755
Indéterminé111217
Total100100100
Le fonctionnement des systèmes d’alarme-incendie présents en pourcentage, de 2010 à 2012
Catégorie2010 20112012
A fonctionné667473
N'a pas fonctionné342627
La répartition de la présence de systèmes fixes d’extinction (gicleurs) pour les incendies de bâtiments en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie201020112012
Présent6710
Absent878677
Indéterminé7713
Total100100100
Le fonctionnement des systèmes fixes d’extinction présents en pourcentage de 2010 à 2012
Catégorie2010 20112012
A fonctionné333530
N'a pas fonctionné676570

Les feux de cheminée sans perte matérielle

Il ne faut pas confondre les feux de cheminée sans perte matérielle et les incendies de bâtiments dont le lieu d’origine est la cheminée. En effet, les feux de cheminée sont contenus à l’intérieur de la cheminée et ils ne se propagent pas. Ces feux doivent être déclarés au même titre que les incendies de bâtiments.

Les feux de cheminée sans perte matérielle, 2011 et 2012
AnnéeNombre de feux de cheminéeProportion des feux de cheminée par rapport aux incendies de bâtiments (en pourcentage)
20111 34318
20121 12215

En 2011 et 2012, entre 15 et 20 % des incendies de bâtiments déclarés sont des feux de cheminée.

Les victimes d’incendies de bâtiments, 2005 à 2011

Les décès
L’analyse différenciée des décès selon l’âge et le sexe, liés à des incendies de bâtiments, 2005 à 2011
AnnéeEnfants de sexe masculin agés de 0 à 17 ansEnfants de sexe féminin agés de 0 à 17 ansEnfants de sexe masculin agés de 18 à 64 ansEnfants de sexe féminin agés de 18 à 64 ansAînés  âgés de 65 ans et plusAînées
âgées de 65 ans et plus
PompiersPompièresNombre de décès
Source : Bureau du coroner, 21 mai 2013.
20052724101160060
200632309651056
200721167450035
200802179862044
200903212870041
201020167970041
201122149520034

Le Bureau du coroner est l’organisme responsable d’établir les causes de tout décès survenu au Québec. Des enquêtes sont toujours en cours concernant les décès survenus dans des incendies. Le nombre de décès sera révisé au rythme et en fonction des conclusions des enquêtes sur les causes des décès.

Le taux de mortalité en 2009
Le taux de mortalité par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge en 2009
Groupe d'âgePopulation*Proportion de la populationNombre de décès**Proportion du nombre de décèsTaux de
mortalité
par 100 000
personnes
* Institut de la statistique du Québec
**Bureau du coroner, au 21 mai 2013
0 à 17 ans1 530 52119,5637,320,20
18 à 64 ans5 125 99065,502356,100,45
65 ans et plus1 169 29214,941536,591,28
Total7 825 803100,0041100,000,52
Le taux de mortalité en 2010
Le taux de mortalité par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge en 2010
Groupe d'âgePopulation*Proportion de la populationNombre de décès**Proportion du nombre de décèsTaux de
mortalité
par 100 000
 personnes
* Institut de la statistique du Québec
**Bureau du coroner, au 21 mai 2013
0 à 17 ans1 526 75219,3124,880,13
18 à 64 ans5 167 653 65,372356,100,45
65 ans et plus1 210 682 15,321639,021,32
Total7 905 087 100,0041100,000,52
Le taux de mortalité en 2011
Le taux de mortalité par 100 000 habitants, lié à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge en 2011
Groupe d'âgePopulation*Proportion de la populationNombre de décès**Proportion du nombre de décèsTaux
de
mortalité
par 100 000
 personnes
* Institut de la statistique du Québec
**Bureau du coroner, au 21 mai 2013
0 à 17 ans1 525 407 19,12411,760,26
18 à 64 ans5 199 327 65,172367,650,44
65 ans et plus1 253 25515,71720,590,56
Total7 977 989 100,0034100,000,43

Le taux de mortalité par groupe d’âge, observé pour les années 2009 à 2011, indique un écart révélateur entre le groupe des personnes mineures et celui des personnes aînées. Par exemple, en 2010, le taux de mortalité chez les 65 ans et plus (1,32) est dix fois plus élevé que celui des 0-17 ans (0,13).

Quant au taux de mortalité du groupe de personnes adultes, il se situe à 0,44 décès par 100 000 habitants en 2011, soit près de la moyenne provinciale établie à 0,43.

Taux de mortalité par 100 000 habitants liés à des incendies de bâtiments, par groupe d'âge en pourcentage, 2009 à 2011
Groupe d'âge 200920102011
0 à 17 ans 0,20 0,13 0,26
18 à 64 ans 0,45 0,45 0,44
65 ans et plus 1,28 1,32 0,56
Les blessés

Le ministère ne dispose d’aucune donnée quant à la sévérité des blessures. Les présentes statistiques exposent les résultats obtenus par la compilation des déclarations des SSI. Notons que les pompiers ne modifient généralement pas leur déclaration du nombre de personnes blessées lorsque celles-ci succombent à leurs blessures. Il est donc possible qu’une victime soit comptabilisée à la fois comme personne blessée dans la déclaration incendie et comme personne décédée à la suite d’un incendie dans le décompte fourni par le Bureau du coroner.

Les blessés dans des incendies de bâtiments par groupe d’âge, par sexe et pour les pompiers, 2012
Sexe0 à 17 ans18 à 64 ans65 ans et plusÂge inconnuPompiersNombre de blessés
Masculin67082024128
Féminin344734189
Total9114155425217

L’évaluation des pertes matérielles dans les incendies de bâtiments

Les pertes matérielles sont estimées par les SSI selon les indications du Guide pour la déclaration des incendies fourni par le ministère. À l’aide de l’évaluation municipale et de la fiche technique d’évaluation, les SSI évaluent les dommages au bâtiment au meilleur de leur connaissance en utilisant la valeur à neuf. Lorsque cette valeur à neuf est inconnue (difficilement estimable), ils évaluent en pourcentage la portion du bâtiment affectée par l’incendie et appliquent ce taux à la valeur du bâtiment avant l’incendie.

La valeur des pertes matérielles au contenu du bâtiment est estimée en utilisant la valeur à neuf. Pour les bâtiments résidentiels, si la valeur à neuf est inconnue, l’estimation des pertes matérielles au contenu se calcule simplement en divisant par deux les pertes matérielles calculées pour le bâtiment.

Les pertes matérielles extérieures sont estimées en utilisant la valeur à neuf.

Ainsi, de 2010 à 2012, le total des pertes matérielles estimées par les SSI est passé de 426,2 à 467,9 millions de dollars.

L'évaluation des pertes matérielles pour les incendies de bâtiments, 2010 à 2012
Catégorie201020112012
Bâtiment236,4 millions de dollars275,2 millions de dollars 271,6 millions de dollars
Contenu140,3 millions de dollars141,7 millions de dollars 165,0 millions de dollars
Extérieur49,5 millions de dollars42,5 millions de dollars31,3 millions de dollars
Total426,2 millions de dollars459,4 millions de dollars467,9 millions de dollars

Réparties sur l’ensemble de la population québécoise, les pertes matérielles représentent 58,09 $ par personne en 2012. Il s’agit d’une légère diminution de 0,21 $ par personne par rapport à 2011 où elles étaient de 58,30 $ par personne. De 2010 à 2012, une moyenne annuelle de 57,49 $ par personne a été observée.

Les pertes matérielles par personne, 2010 à 2012
AnnéePertes matériellesPertes matérielles par personnePertes matérielles en dollars constants*Pertes matérielles par personne en dollars constants*
*La Banque du Canada utilise les données mensuelles de l’indice des prix à la consommation pour calculer l’inflation. De juillet 2010 à juillet 2011, la variation de l’inflation est de 1,99 % alors qu’elle est de 1,25 % de juillet 2011 à juillet 2012.
2010426,2 millions de dollars53,91 millions de dollars443,4 millions de dollars56,08 millions de dollars
2011459,4 millions de dollars57,58 millions de dollars465,1 millions de dollars58,30 millions de dollars
2012467,9 millions de dollars58,09 millions de dollars467,9 millions de dollars58,09 millions de dollars

Les incendies de bâtiments d’usage résidentiel

En 2012, les incendies de bâtiments d’usage résidentiel représentent 69 % de tous les incendies de bâtiments déclarés. Afin de mieux comprendre ce type d’incendie, des renseignements ont été extraits : la répartition des incendies, la survenance, le lieu d’origine et les causes probables.

La répartition des incendies de bâtiments d’usage résidentiel, 2012
Code*DescriptionNombrePourcentage
* Liste numérique des codes d’utilisation des biens-fonds, Manuel d’évaluation foncière du Québec
1000Logement (une maison ou un appartement) 3 89387,1
1100Chalet ou maison de villégiature1523,4
1923Espace de rangement1423,2
1990Autres immeubles résidentiels1202,7
1211Maison mobile491,1
1543Maison pour personnes retraitées autonomes390,9
1511Maison de chambres et de pension260,6
1212Roulotte résidentielle180,4
1590Autres locaux de groupes130,3
1890Autres résidences provisoires80,2
1541Maison pour personnes retraitées non autonomes (y compris les CHSLD)60,1
Total4 466100

Dans 87,1 % des cas, ce sont dans les logements que surviennent les incendies de bâtiments d’usage résidentiel.

La survenance des incendies de bâtiments d’usage résidentiel, 2012

Les heures
La répartition des incendies de bâtiments d'usage résidentiel déclarés par période de la journée en pourcentage en 2012
Période2012
0 heure à 4 heures 59 minutes15
5 heures à 9 heures 59 minutes14
10 heures à 14 heures 59 minutes25
15 heure à 19 heures 59 minutes29
20 heures à 23 heures 59 minutes17
Total100

La majorité des incendies de bâtiments d’usage résidentiel surviennent entre 10 h et 19 h 59. Le même constat s’applique à tous les incendies de bâtiments.

Les jours
La répartition des incendies de bâtiments d'usage résidentiel déclarés par jour de la semaine en pourcentage en 2012
Jour de la semaine2012
Lundi15
Mardi14
Mercredi13
Jeudi14
Vendredi13
Samedi16
Dimanche15
Total100

En 2012, aucune tendance ne se dégage quant aux jours de survenance de ce type d’incendie.

Les mois
La répartition des incendies de bâtiments d'usage résidentiel déclarés par mois en pourcentage de l’année 2012
Mois2012
Janvier10
Février7
Mars10
Avril9
Mai9
Juin9
Juillet8
Août8
Septembre7
Octobre7
Novembre10
Décembre9
Total100

Aucune tendance ne se dégage quant aux mois de survenance des incendies.

Le lieu d’origine des incendies de bâtiments d’usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles

De 2010 à 2012 inclusivement, pour les incendies de bâtiments d’usage résidentiel, le lieu d’origine le plus fréquent est la cuisine. Un dossier sur ce sujet est proposé dans les pages suivantes.

Le lieu d’origine des incendies de bâtiments d’usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles en pourcentage, 2010 à 2012
Code*Description201020112012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
230Cuisine 242627
700-799Balcon extérieur, entretoit, surface d’un mur, etc. (espace intégré à la structure)131110
100-199 et 220Salon, salle de séjour, bibliothèque, etc.1088
400-499Garage intérieur, remise, entrepôt, chambre froide, etc. (aire d’entreposage) 979
210Chambre à coucher886
800-899Cour, patio, terrasse, aire extérieure de stationnement, abri d’auto, aire réservée aux ordures, etc. (aire extérieure) 578
0-99Vestibule, corridor, passage, escalier intérieur et autres lieux de circulation533
240Salle de bain444
500-599Cheminée, tuyau, canalisation, conduit de ventilation, etc.212
600-699Placard de chauffe-eau, salle des chaudières, chambre électrique, atelier, etc. (aire de service et salle d’équipement)123
901,902Plus d’un lieu d’origine010
235Salle à manger111
999Indéterminé577
290-399 ET 990Autres lieux (commerce à la résidence)131412
Total100100100

Les causes probables des incendies de bâtiments d’usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles

Les comportements incorrects et inappropriés causent 46 % des incendies de bâtiments d’usage résidentiel.

Les causes probables des incendies de bâtiments d’usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles en pourcentage, 2012
Codes*Description2012
700Erreur humaine
(ex. : personne endormie, distraction, etc.)
24
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (ex. : court-circuit) 20
999Indéterminées14
100Dossiers transmis pour enquête policière12
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex. : combustible mal utilisé, huile à cuisson, etc.)11
600Autres (ex. : réactivation d’un incendie éteint, cause naturelle, etc.)6
200Utilisation inadéquate de matériaux enflammé (ex. : combustible mal utilisé, huile à cuisson,etc.) 5
910-988-990 Autres4
500Défaut de conception, de construction ou d’installation (ex. : mauvais branchement, etc.) 4
Total100

Les incendies de cuisine

Les incendies de cuisine représentent 27 % des incendies de bâtiments d’usage résidentiel. Afin de documenter ce type d’incendie et d’alimenter éventuellement les réflexions en matière de prévention, des renseignements ont été extraits : la source de chaleur, le combustible ou l’énergie qui alimente la source de chaleur, les causes probables et le premier matériau enflammé.

La source de chaleur des incendies de cuisine, 2012

La source de chaleur pour les incendies de bâtiments d’usage résidentiel dont la pièce d’origine est la cuisine en pourcentage, 2012
Code*Description2012

* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
111, 120-199Équipement de cuisine en général (élément d'un poêle, friteuse, four micro-ondes, grille-pain, etc)57
112Équipement de cuisine : four du poêle ou de la cuisinière11
113Équipement de cuisine : cuisinière, sauf le four et les éléments14
200Appareil de chauffage (poêle à bois ou à granules, appareil de chauffage individuel fixe, etc.)2
300Appareil et équipement (réfrigérateur, congélateur, etc.)3
500Équipement de distribution d’électricité (câbles et fils électriques permanents, connecteur, prise de courant, douilles, etc.)5
700Articles pour fumeurs et objets à flamme nue (article pour fumeurs, chandelle) 3
900Divers (réaction chimique, combustion spontanée, etc.)2
999Indéterminée3
Total100

Ce sont les équipements de cuisine (four, cuisinière et autres équipements) qui sont la principale source de chaleur (82 %) des incendies de bâtiments d’usage résidentiel dont la pièce d’origine est la cuisine.

Le combustible ou l’énergie qui alimente la source de chaleur des incendies de cuisine en pourcentage, 2012
Code*Description2012
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
50Électricité (courant continu, courant alternatif)62,33
23Autre liquide combustible (huile, alcool à fondue)17,75
11Combustible solide (charbon, bois, carton, papier)8,92
99Combustible ou énergie indéterminés4,58
90Autre combustible ou énergie3,00
88Aucun combustible ou énergie1,42
32Gaz propane1,00
22Carburant (essence) 0,50
12Naphtalène0,17
21Fuel-oil (diesel, kérosène, mazout)0,17
31Gaz naturel0,08
33Autre gaz0,08
Total100,0

Au Québec, les équipements de cuisine, qui sont la principale source de chaleur, fonctionnent pour la plupart à l’électricité. Il est donc normal que l’électricité soit l’énergie principale qui alimente cette source de chaleur.

Les causes probables des incendies de cuisine, 2012

Les causes probables des incendies de bâtiments d’usage résidentiels dont la pièce d’origine est la cuisine en pourcentage, 2012
Codes*Description2012
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
700Erreur humaine
(ex. : personne endormie, distraction, etc.)
47
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex. : combustible renversé accidentellement, huile à cuisson, graisses, etc.)24
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (ex. : court-circuit électrique) 12
600Mauvaise utilisation d'un équipement (ex. : surcharge électrique, mauvais usage d'un appareil brûlant du bois)7
999Indéterminées3
200Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation (ex. : jouer avec des allumettes, soudage à proximité d'un combustible) 2
100Dossiers transmis pour enquête policière2
500Défaut de conception, de construction ou d’installation (ex. : mauvais branchement, etc.) 1
910,988,990 Autres (ex. : réactivation d’un incendie éteint, cause naturelle, etc.)2
Total100

La cause probable la plus fréquente des incendies de cuisine est l’erreur humaine (47 %), plus particulièrement ce que les professionnels du métier appellent le feu de cuisson. Elle est suivie par l’utilisation inadéquate du matériau enflammé (24 %). La défaillance ou la défectuosité mécanique ou électrique n’arrive qu’en troisième position des causes probables connues, alors qu’elle occupe la première place lorsqu’il est question de l’ensemble des incendies déclarés au ministère (exception faite des causes indéterminées).

Selon les déclarations d’incendie répertoriées, il est important de souligner que des manipulations dangereuses, voire malheureuses, ont été signalées en présence de flammes lors de feux de cuisson. Par exemple, certaines personnes ont voulu apporter un chaudron à l’extérieur, d’autres ont versé de l’huile bouillante dans l’évier et se sont brûlées gravement, plusieurs ont tenté d’éteindre un incendie avec de l’eau, avivant ainsi l’ampleur du brasier et se blessant gravement. Une sensibilisation aux comportements à adopter dans de telles situations serait à privilégier pour les prochaines activités de prévention.

Le premier matériau enflammé des incendies de cuisine, 2012

Le premier matériau enflammé pour les incendies de bâtiments d’usage résidentiel dont la pièce d’origine est la cuisine, en pourcentage, 2012
Code*Description2012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
500Liquides inflammables et liquides combustibles (huile et graisse de cuisine)43,8
900-990Divers (isolation des appareils électriques, déchets, poussière, etc.)18,3
100Éléments de construction et matériaux de finition (murs, planchers, plafonds, etc.)13,8
999Indéterminé6,4
700Produits chimiques, matières plastiques et métaux (agent de blanchiment, peroxyde d’hydrogène, etc.)5,6
300Vêtements et textiles (fibres de coton, fibres synthétiques ou combinées, etc.)2,5
200Meubles et ameublement (table, chaise, store, rideau, etc.)3,8
400Produits en bois ou en papier (serviette de table, nappe, carton, etc.)5,1
800Produits agricoles et forestiers (grains, farine, ficelle, etc.)0,4
600Gaz inflammables (propane, butane, gaz de pétrole liquéfié, etc.)0,3
Total100,0

Dans les incendies de cuisine, les gras de cuisson sont les premiers matériaux enflammés.

L’information obtenue des rapports d’incendie révèle également que plusieurs incendies ont été déclenchés par des cendriers transvidés dans des poubelles de plastique et par de gros appareils électroménagers dont l’entretien ménager a été négligé.

Les incendies de résidences pour personnes aînées

Dans l’exercice de planification des schémas de couverture de risques en incendie, à l’instar des hôpitaux, des écoles, des garderies ou des bâtiments commerciaux, les résidences pour personnes aînées sont généralement classées à risques très élevés d’incendie.

Le guide pratique La prévention des incendies et l’évacuation des résidences hébergeant des personnes âgées et son complément sont offerts sur le site Internet du ministère. Ils font suite à l’adoption du Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité de résidence privée pour aînés (RLRQ, chapitre S-42, r. 5). À titre informatif, les exploitants d’une telle résidence doivent préparer un plan de sécurité incendie et planifier des exercices d’évacuation. Dans les prochaines pages, on constatera que ces efforts se traduisent par une meilleure performance en ce qui a trait aux systèmes d’alarme et de détection des incendies et au nombre de victimes.

Bien que les données dont dispose le MSP soient incomplètes, il est néanmoins possible d’obtenir un portrait de la situation à partir d’une centaine d’incendies déclarés spécifiquement dans des résidences pour personnes aînées. Ce nombre étant peu élevé, les données des prochaines années permettront de faire une meilleure analyse et de tirer d’autres conclusions.

Enfin, rappelons que pour l’ensemble des incendies de bâtiments, le groupe des personnes de plus de 65 ans est celui où le taux de mortalité est le plus élevé.

Le lieu d’origine des incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Code*Description201020112012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
230Cuisine 452937
210Chambre à coucher31417
290 à 399 et 990Autres lieux (commercial, institutionnel,etc.)7914
100 à 199 et 220Salon, salle de séjour, bibliothèque, etc.10699
700 à 799Balcon extérieur, entretoit, surface d’un mur, etc. (espace intégré à la structure)0156
400 à 499Garage intérieur, remise, entrepôt, chambre froide, etc. (aire d’entreposage) 366
0 à 99Vestibule, corridor, passage, escalier intérieur et autres lieux de circulation663
600 à 699Placard de chauffe-eau, salle des chaudières, chambre électrique, atelier, etc. (aire de service et salle d’équipement)663
235Salle à manger033
299Indéterminé002
800 à 899Cour, patio, terrasse, aire extérieure de stationnement, abri d’auto, aire réservée aux ordures, etc. (aire extérieure) 1000
240Salle de bain1030
500 à 599Cheminée, tuyau, canalisation, conduit de ventilation, etc.030
Total100100100

Le lieu d’origine des incendies déclarés de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2012

En plus d’indiquer l’endroit où a commencé l’incendie, le lieu d’origine permet aussi de comprendre le scénario : pourquoi telle source de chaleur prédomine, tel combustible l’alimente et tel matériau s’enflamme. Dans le cas des incendies de résidences pour personnes aînées, comme pour l’ensemble des incendies de bâtiments résidentiels, la cuisine est le lieu d’origine le plus fréquent (37 %), les équipements de cuisine sont la source de chaleur prédominante (34 %), l’électricité est le combustible qui alimente la source de chaleur (45 %) et l’erreur humaine est la principale cause dans ce type d’incendie (48 %).

Les statistiques des incendies de résidences pour personnes aînées sont un reflet du portrait statistique obtenu pour les incendies de bâtiments d’usage résidentiel.

La source de chaleur des incendies déclarés de résidences pour personnes aînées en pourcentage, 2010 à 2012
Code*Description201020112012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
111 à 199Équipement de cuisine (four, cuisinière, grille-pain, friteuse,réchaud, etc)423234
710 à 799Articles pour fumeurs et objets à flamme nue (allumette, briquet, cigarette, chandelle, etc.)291523
311 à 399Appareil et équipement (télévision, laveuse, sécheuse, aspirateur, etc.) 102617
210 à 299Appareil de chauffage (fournaise, foyer, thermopompe, chauffe-eau, etc.)768
510 à 599Équipement de distribution d’électricité (câble,fil électrique transformateur, rallonge,etc.)669
999Indéterminée (réaction chimique, explosif, combustion spontanée, etc.)366
911 à 990Divers93
Total100100100
Le combustible ou l’énergie qui alimente la source de chaleur des incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Code*Description201020112012
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
50Électricité (courant continu, courant alternatif)505045
11Combustible solide (charbon, bois, carton, papier)292336
31Gaz naturel037
32Gaz propane006
22Carburant (essence) 003
12Naphtalène330
21Fuel-oil (diesel, kérosène, mazout)330
23Autre liquide combustible (huile, alcool à fondue)030
33Autre gaz330
88Aucun combustible ou énergie300
99Combustible ou énergie indéterminés9123
Total100100100

Le nombre d’incendies déclarés dans ce type de résidences étant peu élevé pour la période couvrant 2010 à 2012 inclusivement, les données des prochaines années permettront de faire une meilleure analyse et de tirer d’autres conclusions.

Les causes probables des incendies de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2012
Codes*Cause2010
(en pourcentage)
2011
(en pourcentage)
2012
(en pourcentage)
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
700Erreur humaine (ex. : distraction, personne endormie,etc.)421748
300Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex. : combustible renversé accidentellement, huile à cuisson, etc.)262926
400Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique (ex. : court-circuit électrique) 10128
600Mauvaise utilisation d’un équipement (ex. : surcharge électrique, mauvais usage d’un appareil brûlant du bois, etc.) 696
999Indéterminée 1093
200Utilisation inadéquate d'une source d’inflammation (ex. : jouer avec des allumettes, soudage à proximité d'un combustible) 063
100Dossiers transmis pour enquête policière3123
500Défaut de conception, de construction ou d’installation (ex. : mauvais branchement, etc.) 003
910, 988, 990Autres (ex. : réactivation d’un incendie éteint, cause naturelle, etc.)360
Total100100100

Le nombre d’incendies déclarés dans ce type de résidences étant peu élevé pour la période couvrant 2010 à 2012 inclusivement, les données des prochaines années permettront de faire une meilleure analyse et de tirer d’autres conclusions.

Le premier matériau enflammé des incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Code*Description201020112012
*Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
900 à 990Divers (isolation des appareils électriques, déchets, poussière, etc.)322332
200Meubles et ameublement (sofa, chaise, table, rideau, etc.)101517
300Vêtements et textiles (fibres de coton, fibres synthétiques ou combinées, etc.)3011
400Produits en bois ou en papier (serviette de table, nappe, carton, etc.)7611
700Produits chimiques, matières plastiques et métaux (agent de blanchiment, nitrate, titane, caoutchouc, etc.)6911
100Éléments de construction et matériaux de finition (murs, planchers, plafonds, etc.)23326
999Indéterminé066
500Liquides inflammables et liquides combustibles (huile et graisse de cuisine)1963
800Produits agricoles et forestiers (grains, farine, ficelle, etc.)033
Total100100100

Malgré le nombre peu élevé d’incendies dans ce type de bâtiment, une tendance s’observe : ce sont les objets divers, comme les déchets, la poussière et autres, qui constituent le premier matériau enflammé dans les incendies de résidences pour personnes aînées.

Les systèmes d’alarme et de détection des incendies déclarés de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2012

La répartition de la présence d’avertisseurs de fumée dans les incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie2010 2011 2012
Présent878882
Absent1066
Indéterminé3612
Total100100100
Le fonctionnement des avertisseurs de fumée présents lors des incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie2010 20112012
A fonctionné778085
N'a pas fonctionné232015

La présence d’avertisseurs de fumée dans les résidences pour personnes aînées, 82 % en 2012, est nettement plus élevée que celle observée dans l’ensemble des bâtiments incendiés pour la même année (59 %), notamment en raison de l’application du Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité de résidence privée pour aînés (RLRQ, chapitre S-4.2, r. 5)3. De plus, en 2012, ces avertisseurs ont fonctionné plus souvent (85 %) que les avertisseurs de fumée présents dans l’ensemble des bâtiments (65 %).

3 Remplacé le 14 mars 2013 par le Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité et les normes d’exploitation d’une résidence privée pour aînés (RLRQ, chapitre S-4.2, r. 5.01)

La répartition de la présence de systèmes d’alarme-incendie dans les incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie201020112012
Présent808888
Absent2099
Indéterminé033
Total100100100

La présence de systèmes d’alarme-incendie est plus élevée de 60 % dans ce type d’habitation. On en compte 88 % en 2012, alors que dans l’ensemble des bâtiments le taux est de 28 %.

Le fonctionnement des systèmes d’alarme-incendie présents lors des incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie201020112012
A fonctionné836776
N'a pas fonctionné173324

Le taux de fonctionnement moyen (75 %) des systèmes d’alarme-incendie présents lors des incendies de résidences pour personnes aînées est légèrement supérieur à celui de l’ensemble des bâtiments (71 %).

La répartition de systèmes fixes d’extinction présents dans les incendies de résidences pour personnes aînées en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie2010 20112012
Présent374752
Absent634139
Indéterminé0129
Total100100100

Comme pour les systèmes d’alarme-incendie, la présence des systèmes fixes d’extinction est plus élevée dans ce type d’habitation qui en compte 52 % en 2012, alors que dans l’ensemble des bâtiments le taux s’élève à 10 %.

Le fonctionnement des systèmes fixes d’extinction présents dans les incendies de résidences pour personnes aînées, en pourcentage, 2010 à 2012
Catégorie201020112012
A fonctionné27196
N'a pas fonctionné738194

Le taux de fonctionnement de ces appareils diffère des données obtenues pour l’ensemble des bâtiments qui se situe autour de 33 %, pour les mêmes années de référence.

L’hypothèse aux causes de non-fonctionnement est que l’incendie était trop petit. Volontairement, les gicleurs se déclenchent seulement lorsque l’incendie atteint une température permettant la rupture de l’ampoule ou la fonte du fusible qui maintient la tête du gicleur fermée.

Les victimes d’incendies déclarés de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2012

Les décès

À ce jour, pour les années 2010, 2011 et 2012, les rapports d’enquête du Bureau du coroner confirment le décès de 38 personnes âgées dans des incendies de bâtiments. Deux de ces décès sont survenus dans des résidences pour personnes aînées et des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Des dossiers pourraient être encore sous enquête. Il y a donc 36 personnes âgées qui sont décédées dans d’autres types de bâtiments.

Pour les 3 dernières années, sur les 100 incendies déclarés dans ce type de bâtiment, 2 incendies se sont avérés mortels.

Les décès liés à des incendies de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2011
Année ÂgeSexeLa cause du décèsLes faits
Source : Rapports d’enquête du Bureau du coroner.
201092FBrûlures corporellesLa victime s’allumait une cigarette avec une allumette, dans la cuisine. Ses vêtements, hautement inflammables, ont pris feu en quelques secondes.
201181MBrûlures corporellesLa victime et son fauteuil roulant ont pris feu lorsqu’elle a échappé sa cigarette sur ses jambes. La personne était dans le fumoir.
Les blessés

De 2010 à 2012, 9 personnes ont été blessées ou incommodées par la fumée dans 6 incendies survenus dans des résidences pour personnes aînées. De ces 9 personnes, 5 étaient des personnes âgées de plus de 65 ans.

Les blessés lors d’incendies de résidences pour personnes aînées, 2010 à 2012
AnnéeEnfant de 0 à 17 ans
(masculin)
Enfant de 0 à 17 ans
(féminin)
Adultes de 18 à 64 ans
(masculin)
Adultes de 18 à 64 ans
(féminin)
Aînés de 65 ans et plus
(masculin)
Aînés de 65 ans et plus
(féminin)
PompiersPompières
201000210000
201100101000
201200002200
Total00313200

Les incendies déclarés dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue

Sauf pour les cendres chaudes, la source de chaleur comprenant les articles pour fumeurs et les objets à flamme nue, tels les allumettes, les briquets, les chalumeaux, les chandelles, sont une source de chaleur avec flammes impliquant généralement une combustion rapide et vive.

Certains SSI n’ayant pas fourni de réponses à ces questions spécifiques, les données du MSP sont incomplètes. Cette section établit néanmoins un état de la situation à partir de 937 incendies déclarés dont la source de chaleur est spécifiquement un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue. Cela représente plus de 5 % des 18 560 incendies déclarés en 2012.

Le lieu d’origine des incendies dont la source de chaleur est les articles pour fumeurs et les objets à flamme nue en pourcentage, 2012
Code*Description2012
800 à 899Cour, patio, terrasse, aire extérieure de stationnement, abri d’auto, aire réservée aux ordures, etc. (aire extérieure) 37,2
700 à 799Balcon extérieur, entretoît, surface d’un mur, etc. (espace intégré à la structure)16,5
290 à 399 et 990Autres lieux 8,1
400 à 499Garage intérieur, remise, entrepôt, chambre froide, etc. (aire d’entreposage) 8,1
100 à 199 et 220Salon, salle de séjour, bibliothèque, etc.7,4
210Chambre à coucher6,9
0 à 99Vestibule, corridor, passage, escalier intérieur et autres lieux de circulation5,0
240Salle de bain2,9
600 à 699Placard de chauffe-eau, salle des chaudières, chambre électrique, atelier, etc. (aire de service et salle d’équipement)2,9
230Cuisine 2,6
235Salle à manger1,0
500 à 599Cheminée, tuyau, canalisation, conduit de ventilation, etc.0,8
901 à 999Indéterminé0,6
Total100,0

Les incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue en général surviennent principalement (plus d’un incendie sur deux) dans des aires extérieures comme les patios, les terrasses, les stationnements, les endroits réservés aux déchets, etc.

Plus spécifiquement, dans plus d’un cas sur trois, les incendies liés aux articles pour fumeurs débutent sur les patios, les terrasses et les balcons. Ceux liés aux chandelles se déclarent surtout dans les salons, les salles de jeux et les salles de séjour. Les cendres chaudes sont la source de chaleur des incendies débutant dans les garages intérieurs, les poubelles et les cours et terrasses extérieures. Quant aux incendies dont la source de chaleur est une allumette, ils surviennent dans plus de 60 % des cas à l’extérieur, soit dans les espaces verts, les stationnements et les terrasses. Enfin, les incendies relatifs à l’utilisation de matériel de soudage et de chalumeaux débutent principalement dans un atelier.

Les causes probables des incendies déclarés dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue, 2012

L’erreur humaine et l’utilisation inadéquate d’une source d’inflammation sont principalement responsables des incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue. Avec l’entrée en vigueur de la Loi sur le tabac (RLRQ, chapitre T-0.01) instituant une restriction de l’usage du tabac dans certains lieux et le changement des habitudes des consommateurs, divers comportements irréfléchis ou inappropriés des fumeurs peuvent expliquer les statistiques. En effet, les pots de fleurs, les poubelles et autres contenants qui ne sont pas destinés à recevoir une cigarette sont souvent à l’origine d’incendies.

Plus spécifiquement, les incendies liés au matériel de soudage et les chalumeaux sont causés à plus de 76 % par des travaux effectués à proximité d’un combustible. De plus, 27 % des dossiers d’incendies relatifs aux articles pour fumeurs sont transmis pour enquête policière.

Les causes probables des incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue
Code*Description2012
790Autre erreur humaine 26,9
110Dossier transmis pour enquête16,9
799Erreur humaine indéterminée 9,5
241Soudage ou découpage à proximité d'un combustible 8,8
290Autre utilisation inadéquate d'une source d'inflammation5,1
242Chalumeau à proximité d'un combustible4,9
350Contenant inadéquat4,0
999Cause indéterminée3,3
230Jouer avec une source d'inflammation3,0
990Autre cause 2,8
370Combustible placé à proximité d'une source de chaleur2,4
220Contrôle inadéquat d'un feu à ciel ouvert2,0
380Entreposage inadéquat1,6
299Utilisation inadéquate indéterminée d'une source d'inflammation1,3
690Autre mauvaise utilisation d'un équipement1,3
390Autre utilisation inadéquate de matériau enflammé1,1
910Réactivation d'un incendie éteint1,0
699Autre utilisation indéterminée d'un équipement0,7
310Combustible renversé accidentellement0,6
330Liquide inflammable utilisé pour allumer un feu0,6
399Utilisation inadéquate indéterminée d'une source d'inflammation 0,5
410Défaillance ou bris d'une pièce mécanique, fuite dans une pièce0,5
620Mauvais usage d'un appareil brûlant du bois0,5
210Dégel de tuyau, fils chauffants0,2
499Défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique indéterminée 0,1
530Installation à proximité d'un combustible0,1
599Défaut de conception, de construction ou d'installation indéterminée0,1
610Quantité excessive de combustible0,1
710Accident de la route0,1
Total100,0

Le premier matériau enflammé pour les incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue, 2012

Le premier matériau enflammé pour les incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue, en pourcentage, 2012
Code*Description2012
* Guide pour la déclaration des incendies, liste des codes
111-199Éléments de construction et matériaux de finition (murs, planchers, toît, revêtement, etc.)28
911-999Divers (charbon, bûche, tourbe, soufre, chiffon huileux, etc.)21
410-499Produits en bois ou en papier (boîte, baril, copeaux, sciure, etc.)18
211-299Meubles et ameublement (matelas, sofa, table, store, rideau, balai, etc.)10
810-899Produits agricoles et forestiers (câble, cordage, farine, foin, arbustes, fumier, etc.)9
710-799Produits chimiques, matières plastiques et métaux (nitrate, caoutchouc, pneu, courroie, etc.)5
311-399Vêtements et textiles (fibres, fourrures, bâche, toile, etc.)4
510-599Liquides inflammables et liquides combustibles (carburant, Fuel-oil, huile, goudron, etc.)4
610-699Gaz inflammables (gaz naturel, propane, acétylène, hydrogène, etc.)1
Total100

Les éléments de construction comme les murs, les planchers, les revêtements ou l’isolation sont les premiers matériaux enflammés dans près d’un incendie sur trois (28 %). Viennent ensuite les matériaux divers tels que le charbon, les bûches de bois, les chiffons huileux et autres avec 21 % et les produits de bois ou en papier avec 18 %.

Les victimes d’incendies déclarés dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue, 2012

En 2012, on dénombre des victimes dans 2,6 % des incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objets à flamme nue. De ces incendies, 15 % sont mortels, alors que 85 % ont causé des blessures.

Au total en 2012, 26 personnes ont été blessées et 4 ont perdu la vie lors d’incendies dont la source de chaleur est un article de fumeurs ou un objet à flamme nue.

Les victimes d’incendies dont la source de chaleur est un article pour fumeurs ou un objet à flamme nue, 2012
État Blessés Décédés
Enfant de 0 à 17 ans
(masculin)
2 0
Enfant de 0 à 17 ans
(féminin)
1 0
Adultes de 18 à 64 ans
(masculin)
15 2
Adultes de 18 à 64 ans
(féminin)
5 0
Aînés de 65 ans et plus
(masculin)
2 2
Aînés de 65 ans et plus
(féminin)
0 0
Pompiers 1 0
Pompières 0 0

Les comparaisons interprovinciales pour les incendies survenus en 2011

Les comparaisons interprovinciales servent d’éléments de perspective. Chacune des provinces utilise son propre système de déclaration des incendies. Il est donc préférable d’examiner ces comparaisons avec prudence puisque les exigences en matière de déclaration diffèrent d’une province à l’autre et que le Canada ne dispose pas d’un système unifié pour évaluer la situation en sécurité incendie à l’échelle du pays.

Comparaisons interprovinciales5 pour l'année 2011 avec l'Ontario, l'Alberta et le Nouveau-Brunswick
ProvinceIncendies toutes catégories par 1 000 habitantsDécès reliés aux incendies de bâtiments par 100 000 habitants Pertes matérielles relatives aux incendies de bâtiments par habitant, en dollars ($)

1 Banque de données du MSP (mai 2013)
2 Sommaire 2011 des incendies en Ontario, publié par le Bureau du commissaire des incendies
3 Bureau du Fire Commissioner - Public Safety Division, Alberta Municipal Affairs (correspondance de mai 2013)
4 Rapport annuel 2011-2012 – Ministère de la Sécurité publique, Nouveau-Brunswick.
5 Statistique Canada : Population par année, par province et territoire.
Québec12,690,4357,58 $
Ontario21,620,6150,23 $
Alberta31,800,66192,14 $
Nouveau-Brunswick44,801,1924,37 $
Moyenne2,700,7281,08 $

Néanmoins, en 2011, le Québec semble être en bonne position. En effet, avec 2,69 incendies par 1 000 habitants, il se situe dans la moyenne observée de 2,70 pour les quatre provinces à l’étude.

Pour le nombre de décès par 100 000 habitants, le Québec est la province où le taux de mortalité est le moins élevé (0,43). Par contre, des dossiers pourraient être encore sous enquête.

En ce qui concerne les pertes matérielles estimées, la facture des Québécois de 57,58 $ par personne est sous la moyenne observée de 81,08 $ pour les quatre provinces.

Enfin, il appert que, même s’il y a plus d’incendies déclarés au Québec, la performance de celui-ci en matière de sécurité incendie se rapproche plus de la performance de l’Ontario que de celle de l’Alberta ou du Nouveau-Brunswick.

La comparaison interprovinciale du nombre d’incendie toutes catégories par 1 000 habitants, 2010 et 2011
ProvinceNombre d'incendies toutes catégories par 1 000 habitants en 2010Nombre d'incendies toutes catégories par 1 000 habitants en 2011
Québec2,82,7
Ontario1,81,6
Alberta1,21,8
Nouveau-Brunswick6,04,8
La comparaison interprovinciale du nombre de décès par 100 000 habitants liés aux incendies de bâtiments, 2010 et 2011
Province2010 2011
Nouveau-Brunswick1,331,19
Alberta 0,560,66
Ontario0,570,61
Québec0,520,43
La comparaison interprovinciale des pertes matérielles, en dollars, relatives aux incendies de bâtiments, par habitant, 2010 et 2011
ProvinceÉvaluations des pertes matérielles concernant les incendies de bâtiment par habitant en 2010 Évaluations des pertes matérielles concernant les incendies de bâtiment par habitant en 2011
Québec54 $58 $
Ontario39 $50 $
Alberta106 $192 $
Nouveau-Brunswick40 $24 $

Conclusion

En reprenant la diffusion des statistiques sur les incendies en 2010, le ministère s’engageait à respecter les règles et méthodes d’analyse habituellement reconnues pour interpréter correctement les données transmises au ministre en vertu de la Loi sur la sécurité incendie (RLRQ, chapitre S-3.4). Il est encore tôt pour établir des tendances en matière d’incendie au Québec. Toutefois, en observant les données de 2010 à 2012 inclusivement, les schémas de couverture de risques combinés à une formation accrue de l’effectif semblent contribuer à l’amélioration des services. Entre 2010 et 2012, la baisse du nombre d’incendies de bâtiments conjuguée à la diminution du nombre de décès est à souligner, et ce, malgré la hausse constante de la population.

Par ailleurs, des dossiers précis touchant les cuisines, les résidences pour personnes aînées, les articles pour fumeurs et les objets à flamme nue apportent des renseignements précieux qui permettront aux divers intervenants de faire des analyses et d’orienter les futures activités de prévention des incendies. En effet, les résultats extraits de ces trois dossiers proposent des pistes à exploiter

  • adopter de meilleures pratiques dans la cuisine ;
  • obtenir de meilleurs comportements de la part des fumeurs ;
  • se pencher sur le taux de mortalité des personnes aînées qui vivent dans leur résidence personnelle.

Lors du Forum sur la sécurité incendie, M. Jack Chadirdjian, alors directeur des affaires publiques et relations avec le consommateur au Bureau d’assurance du Canada (BAC), a mentionné que « les schémas de couverture de risques incendies ont fait en sorte que nous enregistrons, entre 2005 et 2011, une baisse de 49 % du nombre de réclamations liées à l’incendie. C’est un acquis majeur car cela a permis de sauver de nombreuses vies au Québec ». Selon le BAC, l’incendie représente 4 % des réclamations en nombre et 31 % en indemnités versées, tandis que l’eau constitue à elle seule la cause de 48 % des réclamations et de 47 % des dollars payés en compensation.

À la demande des partenaires, les statistiques de 2012 abordent pour la première fois les autres services de secours. À la suite d’un sondage distribué par le ministère, 70 % des SSI ont répondu qu’ils intervenaient lorsque se produisait un sinistre naturel ou anthropique. La formation spécialisée ou non de l’effectif qui doit composer avec les nouvelles réalités climatiques, la gestion des matières dangereuses et plus encore s’avère ainsi de plus en plus nécessaire. Les années à venir seront déterminantes et permettront de poursuivre la réflexion en cette matière.

Par ailleurs, au moment de la rédaction du présent rapport, le Québec a connu la plus grande tragédie ferroviaire liée au domaine de l’incendie et de la gestion des matières dangereuses.

En effet, le 6 juillet 2013, un train de 72 wagons de la compagnie Montréal, Maine and Atlantic Railway transportant 7,2 millions de litres de pétrole brut léger a déraillé au cœur du centre-ville de la municipalité de Lac-Mégantic, provoquant l’explosion de son chargement. Cet événement a coûté la vie à 47 personnes (42 décès confirmés et 5 personnes non retrouvées) et a entraîné l’évacuation de 2 000 personnes, dont 1 800 ont pu réintégrer leur domicile. Quarante-quatre bâtiments ont été détruits. D’importantes opérations relatives à la qualité de l’environnement et au réaménagement de la zone sinistrée sont encore en cours.

Au chapitre des statistiques québécoises, un événement de l’ampleur de la tragédie de Lac-Mégantic ne peut servir d’étalon de mesure, mais démontre la nécessité d’entraide entre les SSI, la pertinence des regroupements et la mise en commun des services ainsi que l’importance de la prévention et de la préparation pour faire face efficacement aux sinistres. Les prochaines années permettront encore plus de mesurer les avancées en sécurité incendie et en sécurité civile grâce au travail considérable de planification des partenaires concernés par ces secteurs d’activité.

Annexe - Coûts des services municipaux en sécurité incendie au Québec en 2011