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Ministère de la Sécurité publique

La sécurité incendie au Québec

Statistiques sur les incendies déclarés en 2011

Introduction

Ces statistiques font état des données déclarées notamment par les services de sécurité incendie pour l’année 2011 et sont un complément à La sécurité incendie au Québec – Rapport d’activités et statistiques sur les incendies déclarés en 2010.

La banque de données du ministère de la Sécurité publique est alimentée par les autorités locales et régionales, et par les assureurs et experts en sinistres, qui déclarent, conformément à la Loi sur la sécurité incendie (L.R.Q., chapitre S-3.4), au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'incendie, la date, l'heure et le lieu de survenance de l’incendie, la nature des préjudices, l'évaluation des dommages causés et, s'ils sont connus, le point d'origine, les causes probables et les circonstances immédiates de l'incendie que sont, entre autres, les caractéristiques de l'immeuble ou des biens endommagés et le déroulement des événements. C’est donc grâce à leur contribution que le présent portrait reflète l’état de la situation en matière de sécurité incendie.

Les données utilisées pour la réalisation de ce rapport ont été extraites en mai 2012 afin d’en dégager des tendances utiles à l’exercice de réflexion du Forum sur la sécurité incendie de juin 2012. La valeur et la qualité des statistiques présentées dans ce rapport reposent sur la rigueur et la justesse des renseignements transmis au ministère de la Sécurité publique.

Les incendies déclarés en 2010 et 2011

Les incendies déclarés au Québec en 2010 et 2011
20102011
Incendies de bâtiments7 4557 319
Autres incendies (voitures, broussailles, rebuts, barbecue, etc.) 14 47714 168
Total des incendies déclarés21 93221 487

Les causes probables connues de tous les incendies déclarés en 2010 et en 2011

Répartition des incendies selon les causes connues en 2011
Causes 2011
Défectuosité mécanique ou électrique (ex : court-circuit, retour de flamme d'un moteur, défaillance d'une automobile) 35 %
Erreur humaine (ex : personne endormie, accident de la route)16 %
Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex : combustible renversé ou mal utilisé, huile à cuisson)10 %
Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation (ex : jouer avec des allumettes, mauvais contrôle d'un feu à ciel ouvert)6 %
Mauvaise utilisation d'un équipement ( ex : quantité excessive de combustible, capacité d'un appareil outrepassée) 5 %
Défaut de conception, de construction ou d'installation (ex : mauvais branchement, défaut de construction)4 %
Autres ( ex : foudre, réactivation d'un incendie)24 %
Total 100 %
Les causes connues de tous les incendies déclarés en 2010 et en 2011
Causes 20102011
Défectuosité mécanique ou électrique (ex : court-circuit, retour de flamme d'un moteur, défaillance d'une automobile) 34 %35 %
Erreur humaine (ex : personne endormie, accident de la route)14 %16 %
Utilisation inadéquate du matériau enflammé (ex : combustible renversé ou mal utilisé, huile à cuisson)10 %10 %
Utilisation inadéquate d'une source d'inflammation (ex : jouer avec des allumettes, mauvais contrôle d'un feu à ciel ouvert)7 %6 %
Mauvaise utilisation d'un équipement ( ex : quantité excessive de combustible, capacité d'un appareil outrepassée) 5 %5 %
Défaut de conception, de construction ou d'installation (ex : mauvais branchement, défaut de construction)4 %4 %
Autres ( ex : foudre, réactivation d'un incendie)26 %24 %
Total 100 %100 %

Pour une deuxième année consécutive, la défectuosité mécanique ou électrique constitue la principale cause connue d’incendie au Québec. Plus du tiers des incendies sont causés par ce type de défaillance.

Les incendies de bâtiments

La variation du taux d'incendies de bâtiments par 100 000 habitants
Année de référenceNombre d'incendies de bâtiments déclarés Population du Québec*Taux d'incendies de bâtiments par 100 000 habitants
* Institut de la statistique du Québec
20008 8697 356 951120,6
20059 9707 581 911131,5
20107 4557 905 67994,3
20117 3197 979 66391,7

« Les données de 2011 confirment une tendance à la baisse du taux d’incendies de bâtiments par 100 000 habitants. Depuis 2005, on note une diminution de près de 40 incendies de bâtiments par 100 000 habitants. »

La survenance des incendies de bâtiments

Les heures

La répartition des incendies de bâtiments déclarés en 2010 et 2011 par période de 24 h
Période2010 2011
0 h à 4 h 5915 %13 %
5 h à 9 h 5915 %15 %
10 h  à 14 h 5923 %24 %
15 h à 19 h 5928 %29 %
20 h à 23 h 5919 %19 %
Total100 %100 %

« Pour une deuxième année, une tendance se confirme : près d’un incendie sur trois survient entre 15 h et 19 h 59, soit la période qui couvre le retour à la maison, la préparation des repas et la soirée. »

Les jours

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par jour de la semaine en 2010 et 2011
Jour de la semaine2010
2011
Lundi15 %15 %
Mardi

14 %

14 %
Mercredi13 %14 %
Jeudi14 %14 %
Vendredi16 %14 %
Samedi14 %15 %
Dimanche14 %14 %
Total100 %100 %

« La constance quant à la répartition de la survenance des incendies par jour de la semaine révèle qu’aucun facteur récurrent sur une base hebdomadaire (ex. : les activités festives de la fin de semaine) ne peut être signalé comme contribuant aux risques d’incendies. »

Les mois

La répartition des incendies de bâtiments déclarés par mois de l'année en 2010 et 2011
Mois de l'année2010 2011
Janvier11 %11 %
Février10 %10 %
Mars10 %11 %
Avril9 %9 %
Mai9 %8 %
Juin6 %7 %
Juillet7 %7 %
Août6 %7 %
Septembre6 %7 %
Octobre8 %7 %
Novembre9 %7 %
Décembre9 %9 %
Total100 %100 %

« Pendant les mois les plus froids de l’hiver, on note une légère hausse du nombre d’incendies. »

L'usage des bâtiments touchés

Répartition des incendies de bâtiments déclarés selon l'usage en 2011 selon l'usage
Usage 2010 2011
Résidentiel72 %71 %
Commercial8 %7 %
Unité publique8 %10 %
Industriel6 %6 %
Agricole5 %5 %
Autres (exploitation minière, immeuble non exploité, etc.)1 %1 %

Qu'entend-on par "usage résidentiel

Qu'entend-on par "usage résidentiel" Logement, chalet, maison de villégiature, maison mobile, roulotte résidentielle, maison de chambres et pension, local pour les associations fraternelles, maison de jeunes, local d'étudiants infirmiers, maison d'étudiants (collèges et universités), autres résidences d'étudiants, maison pour personnes retraitées non autonomes, orphelinat, maison pour personnes retraitées autonomes, couvent, monastère, presbytère, autres maisons d'institutions religieuses, autres locaux de groupes, hôtel résidentiel, motel résidentiel, autres résidences provisoires, camp de chasse et pêche, camp forestier, stationnement intérieur, espace de rangement, autres immeubles résidentiels.

Encore cette année, ce sont plus de 7 incendies sur 10 qui sont survenus dans des bâtiments d’usage résidentiel. Mentionnons également que les répercussions des incendies d’autres types de bâtiments sont souvent importantes pour la collectivité, que ce soit sur le plan économique ou sur celui de la sécurité des habitants de tout un arrondissement.

Par exemple, le 6 décembre 2011, la fromagerie Boivin, située dans l’arrondissement de Ville-de-la-Baie, à Saguenay, a été la proie des flammes. En plus des pertes matérielles, dont la valeur a atteint plusieurs millions de dollars, plus de 120 travailleurs ont subi les conséquences du sinistre.

Par ailleurs, le 26 novembre 2011, un des hangars du port de Québec a été complètement incendié. En plus d’avoir recours à un effectif imposant et à de nombreux véhicules du service de sécurité incendie de Québec pour répondre aux quatre alarmes-incendies, il a fallu une pelle mécanique et deux bateaux-pompes pour contenir le brasier, et ainsi éviter sa progression vers d’autres hangars, dont certains contenaient des produits toxiques potentiellement explosifs.

Le lieu d'origine des incendies de bâtiments d'usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles

Le lieu d'origine des incendies de bâtiments d'usage résidentiel ayant entraîné des pertes matérielles en 2010 et 2011
Lieu 2010 2011
Cuisine29 %32,8 %
Balcon extérieur, entretoit, surface d'un mur, etc. (espace intégré à la structure)15 %13,5 %
Salon, salle de séjour, bibliothèque, etc.11,5 %10,2 %
Garage intérieur, remise, entrepôt, chambre froide, etc. (aire d'entreposage) 10,8 %9,3 %
Chambre à coucher9,5 %9,5 %
Cour, patio, terrasse, aire extérieure de stationnement, abri d'auto, aire réservée aux ordures, etc. (aire extérieure) 6,4 %8,1 %
Vestibule, corridor, passage, escalier intérieur et autres lieux de circulation5,9 %4,3 %
Salle de bain5 %4,9 %
Cheminée, tuyaux, canalisation, conduits de ventilation, etc.2,1 %1,7 %
Placard de chauffe-eau, salle des chaudières, chambre électrique, atelier, etc. (aire de service et salle d'équipement)1,8 %2,2 %
Plus d'un lieu d'origine1,7 %2,2 %
Salle à manger1,3 %1,3 %
Total 100 %100 %

En comparant les résultats de 2010 et de 2011, on constate que les différents lieux d’origine se retrouvent sensiblement dans le même ordre. La cuisine (32,8 %) demeure le principal lieu d’origine des incendies de bâtiments d’usage résidentiel. Les espaces intégrés à la structure, comme un entretoit ou un balcon (13,5 %), et le salon (10,2 %) suivent.

Les systèmes de détection et d'extinction des incendies

Répartition de la présence d'avertisseurs de fumée, de systèmes d'alarme-incendie et de systèmes fixes d'extinction pour les incendies de bâtiments déclarés en 2011
Systèmes d'extinctionAvertisseur de fumée en 2010Avertisseur de fumée en 2011Système d'alarme-incendie en 2010Système d'alarme-incendie en 2011Système fixe d'extinction (gicleurs) en 2010Système fixe d'extinction (gicleurs) en 2011
Présent60 %63 % 20 %21 %6 %7 %
Absent25 %22 %69 %67 %87 %86 %
Indéterminé15 %15 %11 %12 %7 %7 %
Total100 %100 %100 %100 %100 %100 %
Selon les données recueillies, pourcentage de fonctionnement des appareils
Systèmes d'extinctionA fonctionné en 2010A fonctionné en 2011N'a pas fonctionné en 2010N'a pas fonctionné en 2011
Avertisseur de fumée64 %71 %36 %29 %
Système d'alarme-incendie66 %74 %34 %26 %
Système fixe d'extinction (gicleurs)33 %35 %67 %65 %

En ce qui concerne les systèmes de détection et d’extinction des incendies, il est souvent difficile pour les pompiers de transmettre des renseignements précis quant à leur présence et à leur fonctionnement. Parfois, l’ampleur de l’incendie est telle qu’elle ne permet pas de constater si l’avertisseur de fumée fonctionnait ou non, et même de savoir s’il y en avait un. Il faut se rappeler que, lorsque les intervenants se présentent sur les lieux d’un incendie, leur préoccupation première n’est pas de vérifier la présence ou le fonctionnement d’un tel appareil, mais bien de combattre l’incendie.

Encore cette année, les constats sont identiques à ceux dégagés l’an passé. Les données indiquent que 5,8 % des avertisseurs de fumée ne se sont pas déclenchés à cause de l’état non fonctionnel de l’appareil (débranchement volontaire par le propriétaire, absence ou non-renouvellement de la pile).

Quant aux systèmes d’alarme-incendie, compte tenu du faible échantillonnage, il est impossible de dégager une tendance en ce qui a trait aux causes de non-fonctionnement. 

En ce qui concerne les systèmes fixes d’extinction, la principale cause du non-fonctionnement de l’appareil, qui touche 40 % des cas, est attribuable à la faiblesse de l’intensité de l’incendie, qui nuit au déclenchement de l’appareil.

Les accidents de travail et les maladies professionnelles chez le personnel spécialisé dans la lutte contre l'incendie entre 2005 et 2011

De 2005 à 2011, une moyenne annuelle de 418 accidents de travail et maladies professionnelles a été observée. Depuis 2007, les résultats obtenus sont inférieurs à cette moyenne cumulée.

Le Règlement sur les conditions pour exercer au sein d'un service de sécurité incendie municipal (c. S-3.4, r. 1) est en vigueur depuis septembre 2004. La formation initiale obligatoire des pompiers est un des facteurs qui expliquent les résultats obtenus quant au nombre d’accidents de travail et de maladies professionnelles.

Accidents de travail et maladies professionnelles
Année de référenceNombre
Source : Commission de la santé et de la sécurité du travail, au 1er mai 2012
2005474
2006507
2007414
2008397
2009361
2010385
2011389
Moyenne cumulée423

L'évaluation des pertes matérielles

En 2010, les pertes matérielles totalisaient 426,2 M$ pour l’ensemble des incendies déclarés au ministère de la Sécurité publique. En 2011, elles atteignent 459,3 M$, représentant une hausse de 33,1 M$. Cette différence se situe majoritairement sur le plan des pertes subies aux bâtiments. Il est toutefois important de préciser que les données sur les pertes matérielles sont estimées par les services de sécurité incendie. Elles servent d’indicateurs.

« En 2011, les pertes matérielles sont de 57,56 $ par personne. Il s’agit d’une augmentation de 1,89 $ par personne par rapport à 2010. L’évaluation des pertes matérielles. »

Les pertes matérielles pour les incendies déclarées en 2010 et en 2011
20102011
Évaluation des pertes - Bâtiments236,4 M$275,2 M$
Évaluation des pertes - Contenu140,3 M$141,6 M$
Évaluation des pertes - Extérieur49,5 M$42,5 M$
Total426,2 M$459,3 M$
Le coût des incendies par personne
Année $ / personne $ / personne en $ constants*
*La Banque du Canada utilise les données mensuelles de l’indice des prix à la consommation pour calculer l’inflation. Pour la dernière année, la variation de l'inflation est de 3,29 %.
201053,90 $55,67 $
201157,56 $57,56 $
Écart3,66 $1,89 $

Dernière mise à jour : 13 juillet 2012