Passer au contenu
Bandeau d'identification visuelle du Ministère de la sécurité publique

Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024 : vers une société québécoise plus résiliente aux catastrophes

Sommaire

Un contexte marqué par l’accroissement des catastrophes et des risques

L’une des réalités avec laquelle le Québec doit composer, comme la plupart des autres sociétés dans le monde, est l’augmentation constante des sinistres depuis les années 1970. Le bilan des catastrophes survenues sur le territoire québécois démontre en effet une tendance à la hausse de ces événements. De tous les sinistres qui se sont produits au cours des dernières décennies, ceux de grande ampleur retiennent évidemment le plus l’attention.

À ce chapitre, la catastrophe ferroviaire survenue à Lac-Mégantic en juillet 2013 se démarque de par ses conséquences humaines, socio-économiques et environnementales. De même, l’incendie tragique d’une résidence pour personnes âgées à L’Isle-Verte en janvier 2014 a entraîné de lourdes conséquences sur le plan humain et touché toute la population québécoise. On se souvient également des sinistres majeurs causés par les inondations en Montérégie au printemps 2011 et par les épisodes successifs de submersion côtière et d’inondation dans l’est du Québec en décembre 2010. Comment oublier, en remontant un peu plus loin dans le temps, les conséquences de la tempête de verglas dans le sud-ouest québécois en janvier 1998 et celles des pluies diluviennes de juillet 1996 au Saguenay–Lac-Saint-Jean? Ces catastrophes ont marqué la mémoire collective. Plusieurs autres événements importants se sont aussi produits dans les différentes régions québécoises au cours de cette période, lesquels ont aussi entraîné de lourdes conséquences pour les collectivités touchées.

L’usage courant du terme sinistre en matière de sécurité civile constitue une réalité propre au Québec. Ailleurs dans la francophonie, le terme sinistre est peu utilisé. C’est plutôt le terme catastrophe qui est privilégié pour décrire la même situation. Dans la présente politique, les termes sinistre et catastrophe doivent être interprétés comme étant des synonymes.

Aucune région québécoise, aucune municipalité, aucune organisation ni aucun citoyen ne peut se croire à l’abri des sinistres. Il peut être tentant et rassurant pour certains de penser que ces événements se produisent ailleurs et que nous sommes protégés contre de telles éventualités. La réalité est toutefois différente. Chaque année des collectivités québécoises font face à de telles situations, et ce, de façon de plus en plus fréquente et importante. À l’échelle du milieu où ils surviennent, les aléas en cause génèrent des pertes majeures et perturbent considérablement le fonctionnement normal de la communauté.

Si le nombre et l’importance des sinistres sont en croissance, cela découle en amont d’une augmentation des risques auxquels sont confrontées les collectivités. L’accroissement des risques et des catastrophes peut être attribué à divers facteurs, dont plusieurs résultent des décisions que nous prenons et du mode de vie des sociétés modernes. Les changements climatiques, l’utilisation accrue de matières dangereuses, le développement à l’intérieur de zones exposées à des aléas majeurs et notre dépendance toujours plus grande à des technologies et à des systèmes complexes, interactifs et interdépendants sont au nombre des facteurs qui favorisent l’augmentation des risques et des catastrophes. On note également l’accroissement de la population, de l’étendue et de la densité des agglomérations, la progression du nombre et de la valeur des biens exposés, la destruction ou l’altération de milieux constituant une protection naturelle contre les aléas, le vieillissement de la population et l’usure des infrastructures. Le cumul des aléas potentiels et des éléments vulnérables sur un même territoire, jumelé aux effets de cascade qu’il peut provoquer, apparaît aussi comme un facteur contribuant à cette situation. Ainsi, non seulement sommes-nous exposés à des aléas de toute nature dont la fréquence et l’intensité sont, pour plusieurs, en constante augmentation, mais aussi de plus en plus vulnérables à ces divers phénomènes ou situations pouvant être à l’origine de catastrophes.

Certes, les progrès technologiques amorcés au 20e siècle ont permis d’améliorer les conditions de vie de la plupart des sociétés modernes. Toutefois, nous devons considérer que le développement et l’évolution de nos collectivités, aussi positifs soient-ils, ont contribué à accroître ou à générer des risques qui s’avèrent parfois importants. Devant de telles circonstances, nous devons agir afin d’accroître la résilience de la société québécoise aux catastrophes. Au-delà des conséquences économiques souvent considérables découlant des sinistres et du fait qu’il nous faut veiller à la pérennité des investissements passés et futurs, nos actions doivent d’abord et avant tout viser à assurer la sécurité des personnes et le bien-être des communautés.

Dernière mise à jour : 20 février 2014

Gouvernement du Québec, 2016
© Gouvernement du Québec, 1996-2016